Un ultime rendez-vous émouvant

Le clou de la soirée revient certainement à... (Sylvain Mayer)

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Le clou de la soirée revient certainement à ce très touchant moment où William Jackson est venu rejoindre son père Pierre sur scène pour chanter L'oiseau et l'enfant.

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) Félix Leclerc avait écrit «C'est grand la mort, c'est plein de vie dedans». Une pensée qui aurait pu résumer parfaitement le spectacle de Pierre Jackson, Si pour une dernière fois, je pouvais, présenté jeudi soir au nouveau cabaret Satyre. Le spectacle, que le Trifluvien a lui-même qualifié de ses pré-funérailles, a séduit un public pratiquement conquis d'avance, un public composé majoritairement de la famille et des amis de l'homme.

Atteint d'un cancer des os incurable, Pierre Jackson a fait le pari de grimper sur scène et de se taper le «trip de sa vie» en réalisant en une seule soirée plusieurs de ses rêves: chanter, faire de l'humour, entendre certaines de ses chansons être interprétées pour la première fois et, surtout, s'entourer de tous ceux qu'il aime pour une dernière fois, ne sachant pas encore à quel moment l'horloge s'arrêtera de tourner.

Un grand party de famille, si on peut le résumer ainsi, où les rires se mêlaient aux larmes et aux émotions, sans jamais trop tomber dans la tristesse, alors que Pierre Jackson s'était donné le mandat de célébrer la vie avant tout.

Ses deux amis, l'humoriste François Léveillé et l'imitateur Michael Rancourt, sont venus à quelques reprises faire une apparition sur scène. Si leur présence apportait une touche plus professionnelle au spectacle, la plupart des numéros présentés lors du spectacle n'avaient pas grand chose à envier aux professionnels du show-business, à commencer par Pierre Jackson lui-même, qui a réussi son pari de faire rire son monde avec ses propres textes.

Tantôt en racontant avoir perdu son maillot de bain dans une piscine à surf intérieure, tantôt en nous confiant les plus absurdes moments de ses traitements de chimiothérapie, Jackson est clairement à l'aise sur scène, lui qui a pris la peine de prendre des cours avant son unique prestation afin de rendre ses textes le mieux possible. Il y a travaillé, et c'était très réussi.

Le clou de la soirée revient certainement à ce très touchant moment où son fils de 12 ans est venu le rejoindre sur scène pour chanter L'oiseau et l'enfant avec son père. Difficile de retenir ses larmes devant cette complicité évidente et ce rendez-vous qui se gravera dans bien des mémoires.

Ou encore ce monologue, signé Pierre Jackson, qui parle de cet intrus qui s'est invité dans sa maison - le cancer - qu'il a longtemps cru être son pire ennemi, mais qui aura aussi été celui qui lui aura appris à apprécier d'avoir droit à une journée de plus pour profiter de la vie.

Il a conclu le spectacle avec un audacieux numéro de sa composition, où il parle de ses propres funérailles. Accompagné d'un cercueil sur scène, il fait défiler les commentaires parfois malfaisants qu'on peut entendre dans un salon funéraire. 

À même les textes de ses chansons, Pierre Jackson confronte avec audace la mort qui rôde et ne passe pas par quatre chemins pour lui dire sa façon de penser. Une résilience que peu pourraient se vanter d'avoir lorsqu'il chante, en introduction de son spectacle: «Faudra garder les bons moments. De mon nuage, je penserai à vous, je vous en fait le serment».

Le spectacle a aussi pu compter sur de solides performances musicales signées Nicolas Guimont aux arrangements, Martin Bourassa au piano et à la guitare, Gabrielle Gélinas à la basse ainsi que la chanteuse Élizabeth Gendron qui a offert de belles performances comme J'ai demandé à la lune d'Indochine ou Si j'étais un homme de Diane Tell.

Mais au-delà des frissons, des larmes aux yeux et des souvenirs, le public a d'abord retenu une grande fête, un party où l'hôte a choisi de se faire plaisir, d'entendre les chansons qui l'ont fait vibrer dans sa vie, de partager la scène avec ses amis, de rire avec ceux qu'il aime et qui le regardaient avec admiration.

C'est à une fête comme celle-là que la mort devrait ressembler.

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