Mission économique: les semences avant la récolte

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau.... (Le Droit)

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Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau.

Le Droit

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Moins d'une semaine après la fin des assises annuelles de l'Union des municipalités du Québec, l'organisation attire à nouveau l'attention avec le départ, mercredi matin, d'une délégation d'une quarantaine de personnes de cinq villes pour analyser les meilleurs succès de reconversion économique à Rome, Syracuse et Rochester, dans l'État de New York.

Fébriles à l'idée de participer à cette grande première, les maires de Gatineau, Shawinigan, Magog, Drummondville et Alma ne se fixent pas d'attentes démesurées. Pour eux, le projet pilote de l'UMQ servira d'abord à semer des graines avec un partenaire commercial incontournable.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, agit comme chef de mission. La proximité géographique avec la région visitée ainsi que les ressources financières dont cette ville dispose laissent croire qu'elle pourrait très bien organiser une mission semblable sans attendre l'UMQ. Mais pour le maire élu en 2013, il s'agit avant tout d'adopter une nouvelle philosophie de développement économique.

«Même si on est une grande ville, on n'a jamais fait de mission économique», raconte M. Pedneaud-Jobin. «Mon prédécesseur (Marc Bureau) avait mis fin à toute forme d'action internationale municipale. Il n'y croyait pas et moi, je pense que c'était une erreur. Les villes doivent être présentes dans les relations internationales. On veut donc se remettre les pieds là-dedans.»

Le fait que l'UMQ développe ce volet enlève un poids sur les épaules des municipalités attirées par ces opportunités, mais freinées par les heures de logistique exigées pour organiser ces missions.

«Les gains possibles dépassent la visite de tel ou tel site», réfléchit le maire de Gatineau. «Nos organisations de développement économique vont se parler. Que ressortira-t-il de ces discussions ? Dans les missions économiques provinciales ou fédérales, on me dit que c'est souvent les liens qui se créent entre les participants d'un même pays qui donnent des retombées.»

Une philosophie qui rejoint celle du maire de Drummondville, Alexandre Cusson, qui rappelle qu'il faut d'abord tisser des liens avant de conclure des affaires. Non seulement avec les Américains, mais entre les membres de la délégation.

«C'est une première mission, alors il ne faudra pas se jeter à terre en larmes si on n'a pas de résultats», prévient-il. «Faire des affaires, ça demande de développer un lien de confiance, de se connaître pour aller plus loin.»

M. Cusson voit, dans cette mission économique, un retour à la base.

«On est souvent portés à se demander si on peut faire quelque chose avec la Chine, si des opportunités intéressantes peuvent être développées avec l'Europe, surtout avec l'accord de libre-échange», explique-t-il. «Mais on oublie que notre plus grand client, ça reste les États-Unis. C'est peut-être un côté qu'on a négligé. On pense que ça va venir naturellement. Or, en développement économique, si on ne met pas d'efforts, on n'a pas de résultat.»

Marc Asselin, maire d'Alma, possède des attentes un peu plus précises en raison de la présence de son centre d'excellence pour les drones commerciaux, une expertise également développée à Rome.

«On s'attend à un bon accueil», commente-t-il. «Mais nous avons aussi une région fortement basée sur l'aluminium. Nous travaillons intensément pour faire de la deuxième et troisième transformation. On va donc promouvoir notre secteur, que les États-Unis connaissent un peu moins. Il faut sauter sur toutes les occasions; il faut être opportunistes!»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, s'attend aussi à revenir inspiré à la suite de cette courte et intense mission.

«Rochester, en particulier, est dans une situation qui ressemble beaucoup à Shawinigan en termes de transformation économique», partage-t-il. «On va discuter des stratégies.»

«L'objectif poursuivi n'est pas de signer 30 ou 40 ententes comme le fait le gouvernement du Québec, qui attache ses affaires à l'avance et qui fait un spectacle», ajoute le maire de Shawinigan. «Notre objectif, c'est d'amener des villes dynamiques pour le développement économique à voir d'autres pratiques et aussi, se servir de cette mission pour former les élus.»

Compte tenu du contexte où les municipalités doivent, plus que jamais, prendre en charge leur développement économique, ce genre d'initiative s'inscrit dans une suite logique, fait remarquer Vicki May Hamm, mairesse de Magog.

«C'est une opportunité en or de démontrer le leadership des municipalités», indique-t-elle. «Nous avons une population de 27 000 personnes. On n'a pas les moyens des grands centres pour faire des missions de ce genre. L'union fait la force!»

«Je pense que ça peut apporter des partenariats avec les villes que nous rencontrerons», ajoute-t-elle. «Mais l'important, c'est aussi dans le suivi.»

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