Mission économique: des maires imperméables au cynisme

Michel Angers... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Michel Angers

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les citoyens exigent souvent des retombées concrètes et immédiates des missions économiques organisées par les politiciens, qui assurent toujours vouloir mettre le nez à l'extérieur de leur cour pour le bien-être de leur communauté.

Les maires qui participent à la première mission économique de l'Union des municipalités du Québec n'ont que faire du cynisme entourant ces initiatives, surtout qu'ils demeurent convaincus que la majorité des contribuables appuient leurs efforts de prospection.

«Si on reste assis chez nous et qu'on attend que le messie arrive, on va attendre longtemps», pointe le maire de Shawinigan, Michel Angers.

«Notre travail est de faire de la prospection, de voir ce qui se fait ailleurs, de voir les enjeux et de se positionner. On n'a pas toujours des résultats à coup sûr, mais c'est certain qu'on établit des liens.»

«Je suis contre les missions d'échanges entre deux municipalités où on va prendre un café en Europe», ajoute-t-il. «Chaque fois que je me déplace, il y a des objectifs précis.»

M. Angers ne se gêne d'ailleurs pas pour citer Drummondville en exemple.

«On a beaucoup ri quand ils allaient au Japon, en Chine et un peu partout pour faire de l'exploration», rappelle le maire de Shawinigan. «Mais ils ont réussi de très beaux coups.»

«Nous sommes conscients de ces réserves», convient Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau. «C'est pour ça qu'on y va en autobus! On ne s'en va pas se reposer dans le sud.»

«Je fais confiance aux citoyens», ajoute plus sérieusement le maire de Gatineau. «Quand on rend des comptes, ils sont capables de porter un jugement. C'est pourquoi il faudra faire un rapport de mission précis.»

Alma s'est lancée elle-même dans ce genre d'initiative dans le passé, même si la démarche exige des budgets importants pour des municipalités de taille moyenne.

Le maire, Marc Asselin, relate fièrement les retombées de sa participation au Salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris-Le Bourget, un rendez-vous très couru dans ce milieu.

«Mais il y aura toujours des gens qui ne comprennent pas, qui ne connaissent rien et qui sont là pour faire les gérants d'estrades», opine-t-il.

«Je ne m'attarde pas à ça. S'ils ne sont pas satisfaits de mon travail, ils me mettront dehors! Chez nous, les gens voient bien qu'il faut arrêter de penser à la forêt et à fabriquer de l'aluminium. Il faut s'étendre plus large que ça.»

À Magog, la mairesse Vicki May Hamm croit que les gens, plus informés que jamais, reconnaissent l'importance de ces échanges.

«L'opinion des citoyens a beaucoup évolué», observe-t-elle. «Ils savent maintenant qu'on n'a pas le choix de faire ce genre de démarche pour faire rayonner nos communautés.»

À Drummondville aussi, le passé aidant, le maire Alexandre Cusson croit que la population comprend parfaitement la démarche.

Après cette mission américaine, Drummondville participera, la semaine prochaine, aux Journées du Québec en France pour faire du recrutement de main-d'oeuvre.

«Même si on n'attire qu'une entreprise aux trois missions, dans le pire des cas, dès la première année, les taxes nous rapporteront beaucoup plus que le montant payé pour l'attirer ici», fait-il remarquer. «À long terme, c'est un gain net pour la ville.»

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