Une première mission économique pour l'UMQ

Martine Painchaud, directrice des relations internationales à l'Union... (Courtoisie UMQ)

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Martine Painchaud, directrice des relations internationales à l'Union des municipalités du Québec.

Courtoisie UMQ

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Toujours amère des coupes qui ont fortement réduit ou même complètement éliminé les centres locaux de développement à travers la province, l'Union des municipalités du Québec cherche des moyens afin d'outiller ses membres pour diversifier leur tissu industriel.

Dans cet esprit, elle organise la toute première mission économique de son histoire, du 18 au 20 mai, dans l'État de New York.

Une quarantaine de représentants politiques, de commissaires industriels et de dirigeants d'entreprises de Gatineau, Drummondville, Shawinigan, Alma et Magog participeront à cette initiative. Ils rencontreront des maires, des intervenants économiques et visiteront diverses installations, tout d'abord à Syracuse, puis à Rome et enfin, à Rochester.

Martine Painchaud, directrice des relations internationales à l'UMQ, a monté ce projet. Dans son esprit, cette initiative répondra à un besoin exprimé par les maires d'agglomérations de taille moyenne, vers qui la population se tourne pour attirer des entreprises alors que le gouvernement du Québec leur a compliqué la vie pour remplir cette mission.

«Les maires veulent faire des relations internationales un outil de développement économique», explique-t-elle.

«Les grandes villes font des missions, les gouvernements provincial et fédéral font des missions. Mais outre Québec et Montréal, la plupart des villes étaient absentes de ces activités, parce qu'elles n'avaient pas les ressources humaines ou financières pour organiser de telles missions.»

«Plutôt que demander au gouvernement du Québec de nous impliquer dans leurs missions économiques, on s'est dit, à l'UMQ, pourquoi ne pourrait-on pas développer cette expertise?», ajoute Mme Painchaud.

Cette dernière précise que dans sa politique étrangère, le gouvernement du Québec écrit noir sur blanc la nécessité d'intensifier les relations avec le principal partenaire commercial, les États-Unis, «plus particulièrement le nord-est américain», souligne-t-elle.

«Or, il n'existe pas vraiment de relations entre les municipalités de chaque côté de la frontière», fait remarquer Mme Painchaud. «Il manque un maillon.»

Caractéristiques

Les cinq villes ont été sélectionnées sur divers critères. Mme Painchaud estime qu'ensemble, elles représentent bien la base économique du Québec. 

«Drummondville fait des relations internationales depuis 30 ans, sous l'influence de l'ex-mairesse Francine Ruest-Jutras», explique-t-elle. «Je trouvais intéressant d'avoir cette expertise dans notre équipe.»

«Magog et Shawinigan ressemblent beaucoup à la région que nous visiterons», ajoute-t-elle. «Elles avaient un tissu économique manufacturier, qui a rapidement décliné avec la perte de plusieurs industries. C'est la même histoire pour Rome, Syracuse et Rochester à une autre échelle, parce que ces villes sont beaucoup plus grosses. Mais on parle aussi d'un tissu économique qui s'est effrité et qu'il faut réinventer.»

Par exemple, vendredi matin, l'autocar s'arrêtera au Eastman Business Park à Rochester, un parc industriel aux dimensions un peu irréelles. «Il y a déjà eu 65 000 personnes qui travaillaient là pour Kodak», raconte Mme Painchaud. «Aujourd'hui, il en reste 3000! Ils doivent être très créatifs pour remplir un parc industriel de cette ampleur!»

«Gatineau, c'est intéressant parce qu'elle est très proche de Rochester et Syracuse. Il y a une facilité avec la langue. Il y a des liens économiques et politiques naturels.»

En ce qui concerne Alma, des atomes crochus devraient se développer avec Rome, un centre choisi par la NASA (National Aeronautics and Space Administration) et la FAA (Federal Aviation Administration) pour faire des essais de drones. Or, cette ville du Lac Saint-Jean possède un centre d'excellence pour le développement de ces petits appareils aériens.

Mme Painchaud prévient que cette mission économique demeure un projet pilote qui, dans un monde idéal, débouchera sur l'organisation d'un rendez-vous annuel pour les membres de l'UMQ. Ces trois jours serviront donc de laboratoire, mais déjà, d'autres représentants municipaux ont manifesté leur intérêt pour le futur.

«Quand le gouvernement fait de la prospection pour que des investissements étrangers se fassent au Québec, ces entreprises vont atterrir dans une ville», fait remarquer Mme Painchaud. «Qui est le meilleur vendeur, le meilleur ambassadeur de sa ville? C'est le maire. La mission devrait faire ressortir le rôle névralgique d'un maire dans le développement économique de sa ville.»

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