Policier au grand coeur

Pour son dernier quart de travail avant la... (Sylvain Mayer)

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Pour son dernier quart de travail avant la retraite, le sergent François Caron de Nicolet a remis des cadeaux à des automobilistes qu'il interceptait au hasard.

Sylvain Mayer

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(Nicolet) Après un peu plus de 27 années passées dans l'uniforme de la Sûreté du Québec, c'est sur une note positive et en redonnant au suivant que le sergent François Caron de Nicolet a choisi de vivre sa dernière journée de travail avant la retraite, il y a quelques jours. Le policier, de son propre chef, a intercepté au hasard des véhicules à qui, plutôt que de remettre un constat d'infraction, il a offert des billets de loterie et des certificats-cadeaux pour de l'épicerie.

«Je ciblais des véhicules qui n'étaient pas tout à fait jeunes jeunes. J'ai aussi tenté de localiser des jeunes conducteurs qui semblaient aux études. Ce sont souvent des personnes qui n'ont pas forcément beaucoup de moyens et ça me faisait plaisir de les aider», explique d'emblée François Caron, soucieux de préciser qu'il n'a jamais remis de récompense à un automobiliste qui aurait enfreint les lois.

L'idée lui est venue alors qu'il discutait avec des amis de sa dernière journée de travail, quelques semaines avant sa retraite.

«Je leur ai dit ce que je voulais faire. Ils m'ont dit qu'ils trouvaient que c'était une bonne idée. Puis, tout le monde a mis la main dans sa poche et ils se sont cotisés pour m'aider», explique-t-il. Ce soir-là, François Caron a reçu 25 $ de la part de ses amis. Il en a rajouté lui-même de sa poche pour acheter 60 $ de billets de loterie. Un de ses amis, propriétaire d'un marché d'alimentation, a décidé de l'encourager aussi et lui a remis 25 certificats-cadeaux de 20 $ à distribuer durant ce quart de travail.

«Les gens que j'interceptais ne comprenaient pas pourquoi ils étaient interceptés. Quand je revenais vers leur véhicule, je ne leur remettais pas un constat d'infraction, mais des cadeaux. Ça leur a fait bien plaisir, c'était agréable de voir leur réaction», raconte-t-il.

L'une des automobilistes, en rentrant chez elle, a raconté son histoire sur Facebook. Rapidement, l'histoire a été partagée et la nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre. Le policier, qui ne cherchait pas forcément à faire cela pour attirer l'attention sur lui, a été surpris de voir l'histoire prendre autant d'ampleur, et a cessé la distribution quelques heures après le début de son quart de travail.

«J'ai quand même eu le temps d'en distribuer à douze personnes. J'ai remis le reste des billets de loterie à mes amis qui s'étaient cotisés pour m'aider», ajoute M. Caron.

Aucun des billets ne s'est avéré gagnant, mais les sourires distribués ce matin-là en valaient le coup, admet François Caron.

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Policier de carrière, François Caron reconnaît que les patrouilleurs sont très souvent confrontés à toutes sortes d'individus, et ajoute que l'image véhiculée de la police n'est pas toujours reluisante.

«En dessous de l'uniforme, nous restons des humains, et ça me faisait plaisir de finir ma carrière en donnant au suivant», confie celui qui a été de toutes les grandes opérations policières des 25 dernières années au Québec, ayant notamment fait partie du Groupe d'intervention tactique et de la division de la surveillance électronique.

Son histoire rappelle curieusement celle du jeune policier Simon Gascon qui, à la mi-avril, avait disputé un match de hockey amical avec deux jeunes qui jouaient dans la rue à Cowansville. Des images captées de l'événement étaient devenues virales sur les réseaux sociaux. François Caron avait même pris la peine d'écrire à son collègue patrouilleur pour le féliciter.

«Quand j'ai vu ça, j'ai dit: quelle belle idée il a eue! C'est aussi ça notre travail, se rapprocher des gens et gagner leur confiance car nous sommes là pour les protéger. Ces deux jeunes garçons qui ont joué avec ce policier, ils vont s'en rappeler toute leur vie. S'ils ont besoin de nous un jour, le lien de confiance sera déjà établi», note François Caron qui, avoue-t-il, a tenté à sa façon en cette fin de carrière de lui aussi faire une différence pour les gens qu'il interceptait.

L'uniforme de François Caron est désormais accroché dans son placard et le retraité se concentrera maintenant sur plusieurs activités de bénévolat dans la région de Nicolet, notamment au Club nautique La Batture où il est commodore. Il compte également profiter des beaux jours de l'été pour voyager sur son bateau, et de l'hiver pour se promener à sa guise en motoneige.

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