Dieudonné refoulé aux douanes canadiennes

Au moment où Dieudonné devait débarquer au Canada, il... (Archives AFP)

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Au moment où Dieudonné devait débarquer au Canada, il était condamné une nouvelle fois par la justice française pour des propos antisémites tenus dans l'un de ses spectacles passés, La bête immonde.

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(Québec) Dieudonné n'est pas parvenu à entrer au Canada mardi. Plus de six heures après son arrivée à Montréal, l'humoriste français a fait savoir, par l'entremise de Facebook, qu'il avait «un petit contre temps».

«Je dois faire un aller-retour mais je reviens... Je serai à Montréal demain "en paix"», a-t-il écrit.

Selon ce que Le Soleil a appris, Dieudonné a été refoulé par les services frontaliers. Il plancherait toutefois sur quelque chose pour ses fans et ses spectacles dans la province ne seraient pas annulés pour l'instant. 

La dernière portion de son message, où il indique qu'il sera à Montréal «en paix», fait référence au titre du spectacle qu'il devait donner dans la métropole (11 au 15 mai), à Québec (16 mai) et au bar La P'tite Grenouille à Trois-Rivières (18 mai).

L'un des propriétaires du bar de la rue des Forges, Tommy Boisvert, ne semblait pas déçu outre mesure d'apprendre que le spectacle n'aurait probablement pas lieu à la suite du refus des douaniers canadiens de laisser entrer Dieudonné au pays.

«Je vais appeler le producteur (mercredi). Si c'est le cas, on déchire le contrat et c'est tout! Moi, je ne faisais que la location de la salle. On va souhaiter qu'il fasse soleil pour qu'il y ait beaucoup de monde sur la terrasse (le 18 mai).»

En effet, M. Boisvert n'était pas le producteur du spectacle, lui qui a été approché par le clan du polémiste pour tenir un spectacle en Mauricie. Si Dieudonné venait qu'à être en mesure d'entrer au pays, La P'tite Grenouille respecterait l'entente initiale tel que prévu.

Jusqu'à présent, près de 200 billets avaient été achetés pour le spectacle sur une possibilité de 300. Les laissez-passer avaient été écoulés par l'entremise d'Internet et les clients devront contacter le site d'achat en ligne afin de se faire rembourser, explique M. Boisvert, qui a été approché par plusieurs médias nationaux en vue de la tenue de ce spectacle controversé.

Il n'a cependant pas été possible d'obtenir de commentaires ou de précisions de l'équipe québécoise qui coordonne ces productions.

On ne peut pas dire que Dieudonné était attendu à bras ouverts au Québec. Dans la capitale, le maire Labeaume avait dit de l'artiste qu'il était «en train de se mettre riche en étant raciste et antisémite», tandis que dans la métropole, le maire Coderre y est allé d'un message dans le réseau Twitter s'achevant sur «Dieudonné OUT».

Injure raciale et provocation à la haine

Au moment où l'humoriste français devait débarquer au pays, il était condamné une nouvelle fois par la justice française pour des propos antisémites tenus dans l'un de ses spectacles passés, La bête immonde. Le tribunal correctionnel de Paris a déclaré Dieudonné M'Bala M'Bala coupable des délits d'injure raciale et de provocation à la haine et condamné à deux mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende.

Dans ce spectacle, le polémiste, fers aux pieds, déguisé en détenu de Guantanamo, avait discouru sur le rôle qu'il attribue aux Juifs dans la traite des Noirs et ironisé sur le génocide commis par les nazis.

À 50 ans, Dieudonné est un habitué des prétoires, avec près d'une quinzaine de condamnations inscrites à son casier judiciaire, dont une, en novembre 2013, à 28 000 euros d'amende pour provocation à la haine raciale pour des propos et une chanson dans deux vidéos diffusées sur Internet. Il a aussi été condamné à deux mois de prison avec sursis en mars 2015 pour apologie d'actes de terrorisme pour son message «Je me sens Charlie Coulibaly», en allusion au terroriste Amedy Coulibaly, un des auteurs des attentats de janvier 2015.

Au tribunal, il prend parfois également place sur le banc des plaignants. Il a engagé plusieurs procédures en diffamation au sujet d'un geste qu'il a popularisé et surnommé «la quenelle», souvent qualifié de salut nazi inversé ou déguisé. Pour la seule qui a été jugée à ce jour, qui concernait l'Agence France-Presse et un journal régional, les prévenus ont été relaxés et Dieudonné a été condamné pour procédure abusive.

Vendredi, le tribunal correctionnel de Paris doit se prononcer sur les poursuites engagées par Dieudonné contre le président de la LICRA (Ligue internationale de lutte contre le racisme et l'antisémitisme) Alain Jakubowicz, qui avait qualifié la quenelle de «salut nazi inversé signifiant la sodomisation de la Shoah», de geste «antisémite».

Avec la collaboration de Nicolas Ducharme et l'AFP

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