Les camionneurs se font entendre

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Près de 40 camions ont participé à la mobilisation dans le comté de Jean-Denis Girard, selon la directrice de courtage Transporteurs en Vrac de Trois-Rivières Métro inc., Rita Dumas.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec leurs camions, les membres de l'Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI) ont livré des lettres à leurs députés lundi et la région n'a pas échappé à cette mobilisation provinciale.

Si l'aide des élus est sollicitée, c'est pour que le Règlement sur le courtage en services de camionnage en vrac soit modifié afin de maintenir, dans les marchés publics, le courtage sans but lucratif après le 31 mars 2017, et pour que les autorités concernées prennent des mesures immédiates qui feront cesser le courtage illégal sur les chantiers publics au Québec.

«Ça fait deux ans que nous voulons nous asseoir avec le ministre des Transports et que nous nous butons à des fins de non-recevoir. Le 31 mars 2017, notre entente se terminera et le silence du gouvernement en cette matière nous fait craindre le pire. C'est non seulement l'accès aux marchés publics de nos 5000 membres qui est sur la table, mais aussi l'intégrité du système d'attribution de contrats dans le transport des matières en vrac», a fait savoir le directeur général de l'ANCAI, Gaétan Légaré.

En raison de la modification d'une clause par le ministère des Transports du Québec (MTQ) ayant pris effet le 1er janvier 2012, les entrepreneurs n'ont plus l'obligation d'offrir aux organismes de courtage sans but lucratif la partie des transports qu'ils ne comblent pas avec leurs propres camions. Ils peuvent engager qui bon leur semble.

Selon l'ANCAI, dès le lendemain de l'application de la clause modifiée, les premiers actes de courtage illégal ont sévi sur les chantiers du MTQ. Cette clause a sûrement été modifiée de bonne foi, souligne-t-on, mais elle permet aux entrepreneurs de se donner des contrats de transport de matières en vrac entre eux.

Cela a pour effet de faciliter la collusion et même la corruption, car ces opérations ne sont surveillées par aucun organisme public, telles la Commission des transports du Québec (CTQ) ou la Commission de la construction du Québec (CCQ).

D'ailleurs, l'ANCAI a déposé un mémoire à la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction. Le document décrit le fonctionnement des organismes de courtage tout en énumérant les principes essentiels de cet encadrement et les avantages de le maintenir.

L'ANCAI a également mis en lumière comment le camionnage en vrac laissé sans surveillance a permis à des entrepreneurs et à des courtiers à but lucratif de créer une économie souterraine en plus de blanchir de l'argent pour effectuer des transactions dénoncées à maintes reprises devant la commission Charbonneau.

Alors que le MTQ prévoit entreprendre des chantiers de près de cinq milliards de dollars dans les deux prochaines années, le transport en vrac sur ces chantiers représentera au moins 500 millions de dollars.

«Il devient donc particulièrement important que toutes les transactions entre les donneurs d'ouvrage, les entrepreneurs et les camionneurs soient écrites et auditées, tout en étant placées sous la surveillance de la CTQ», conclut-on.

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