Les défis accrus d'une mère monoparentale

Ruth Ellen Brosseau aux côtés de son fils... (Archives Le Nouvelliste)

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Ruth Ellen Brosseau aux côtés de son fils Logan lors de l'annonce en 2015 de la réélection de la députée néodémocrate de Berthier-Maskinongé.

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(Trois-Rivières) Avoir de jeunes enfants, ou avoir l'intention d'en avoir, peut souvent être perçu comme un frein à une carrière politique, particulièrement chez les femmes. L'éloignement de la famille combiné à de longues heures de travail peut entraîner plusieurs femmes à repousser ou reconsidérer leur projet politique. La soudaine démission de chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau pour des raisons familiales ramène cette question à l'avant-plan de l'actualité. À l'occasion de la fête des Mères, Le Nouvelliste vous propose trois portraits de mamans politiciennes de la région qui, malgré les embûches, ont sauté dans l'arène politique sans jamais regretter leur choix.

Tout le monde se souvient des circonstances particulières de l'élection de Ruth Ellen Brosseau en 2011. Élue lors de la vague orange qui a submergé le Québec, elle n'avait pas fait campagne et s'était même permis un voyage à Las Vegas quelques semaines avant le scrutin. Au coeur d'une tempête médiatique à la suite de son élection, la jeune députée de Berthier-Maskinongé a sauté à pieds joints dans la politique.

Ruth Ellen Brosseau était mère monoparentale d'un jeune garçon de dix ans. Depuis, sa situation familiale n'a pas changé et deux élections plus tard, son fils Logan est maintenant âgé de 15 ans.

«Avant d'être élue, il y avait des moments où j'avais deux ou trois emplois pour rejoindre les deux bouts. C'était des emplois souvent au salaire minimum dans des boutiques de vêtements ou dans un bar où les heures de travail étaient le jour, la nuit ou tôt le matin, ce qui n'était pas facile pour la vie familiale», se souvient-elle.

«J'aspirais un jour à faire partie de la classe moyenne. Il fallait déjà que je travaille de longues heures comme présentement. Je devais avoir de la débrouillardise. Les parents monoparentaux savent qu'il faut tout faire pour concilier le travail et la vie familiale.»

Afin qu'il ne soit pas déraciné, Logan fréquente toujours une école de Gatineau, comme avant l'élection de sa mère. Ruth Ellen Brosseau est donc séparée par près de 350 km de son fils lorsque les Communes ne siègent pas et qu'elle est dans sa circonscription. Heureusement qu'il existe des messages textes et des appels vidéo. «Quand j'arrive à la maison, j'essaie d'avoir de bons moments avec Logan», précise-t-elle.

Le fils de Mme Brosseau a un horaire chargé, comme bien des adolescents de 15 ans. Le jeune garçon d'environ six pieds pratique le rugby, le basketball et la planche à roulettes. Il s'intéresse de plus à la politique et souhaite contribuer activement à la réélection de sa mère en 2019. L'évocation de cette idée la rend d'ailleurs fière.

Très présents auprès de leur fille et de leur petit-fils, les parents de Ruth Ellen Brosseau sont d'une aide primordiale. Sans eux, la députée avoue qu'elle n'arriverait pas à combiner la politique et la vie familiale. «Mes parents habitent juste en face de mon appartement à Gatineau. Chaque matin je suis capable de faire un lunch pour Logan. Et lorsqu'il va prendre l'autobus pour l'école, je pars pour ma journée en chambre», précise Ruth Ellen Brosseau.

«Souvent je ne sais pas quand je vais finir ma journée, mais lorsque Logan arrive à la maison mes parents sont là. Ils s'assurent qu'il mange quelque chose, qu'il fait ses devoirs et qu'il sort les chiens. Ils vont aussi le chercher après sa pratique de rugby. Même si l'horaire de maman est fou, Logan a une vie stable.»

Les cinq années passées à la Chambre des communes ont prouvé à la députée de Berthier-Maskinongé que les femmes étaient trop peu nombreuses à occuper des postes de législateurs, une situation qu'elle souhaite changer. Sur les 338 députés à Ottawa, seulement 88 sont des femmes. Elle désire d'ailleurs que son témoignage à l'occasion de la fête des Mères puisse inspirer des femmes qui souhaitent se lancer en politique.

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