Charlebois touché et ému d'être l'objet du spectacle du Cirque du Soleil

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Daniel Fortin, directeur exécutif, création 45 DEGREES, Robert Charlebois, Jean-Phi Goncalves, directeur musical, et Jean-Guy Legault, metteur en scène.

La Presse

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François Houde
Le Nouvelliste

(Montréal) «Malgré mon jeune âge, j'ai l'impression que je ne pourrai jamais aller plus haut que ça!» Robert Charlebois, en un trait d'humour et bien peu de mots, en a dit beaucoup sur ce que représente pour lui d'être l'objet d'un spectacle du Cirque du Soleil.

Recevant la presse dans un chic hôtel de Montréal vendredi, l'icône de la musique québécoise se prononçait pour la première fois sur l'honneur qui lui est fait par le grand cirque montréalais. «C'est comme la première fois où on offre à un chanteur d'être accompagné par un grand orchestre symphonique. II n'y a personne au monde qui ne serait pas fier, touché et ému. C'est quasiment une consécration! C'est arrivé par un appel téléphonique qui m'a profondément réjoui le coeur. À moins d'être un parfait insensible, tu ne peux pas ne pas sauter au plafond quand tu apprends une nouvelle comme ça. En plus, personne ne m'en avait parlé. Je savais qu'ils avaient fait le spectacle sur Beau Dommage l'an dernier, auquel je n'ai malheureusement pas pu assister, mais c'est tout.»

À l'opposé, du côté du Cirque, le nom de Robert Charlebois s'est inscrit tout au haut de la liste dès l'origine du projet trifluvien. «C'est évident, clame Daniel Fortin, directeur exécutif, création 45 DEGREES. Il y a des univers qui se prêtent naturellement à ce qu'on fait. On a besoin d'images, d'un large éventail d'émotions au niveau de la musique mais aussi de tout un univers autour de l'artiste et il y en a peu au Québec qui en ont un aussi riche que Robert.»

«Pour nous, honnêtement, ç'a été un gros coup de coeur l'an dernier avec Beau Dommage. Ç'a été extraordinaire et on a tous vécu un engouement fantastique. On compte bien vivre la même chose avec Robert mais dans un spectacle complètement différent. Ça ne sera pas la même chose, mais alors là, pas du tout, sauf qu'on veut être aussi touchés et on va l'être.»

La confiance

«J'ai entendu deux minutes de la musique, pas plus, raconte le gars ben ordinaire. C'est une entente que nous avons entre nous: je ne me mêle pas de ça d'ici à la première le 13 juillet. Je fais aveuglément confiance au directeur musical Jean-Phi Goncalves et à toute l'équipe. On a convenu que c'était mieux parce que si je m'en mêle, je serais bien capable d'avoir des idées mais sans avoir la perspective de la mise en scène.»

«Le visuel, j'aime beaucoup ça, mais ce n'est pas mon fort. Je préfère laisser ça à des gens plus compétents. Par ailleurs, pour la musique, j'estime que ce n'est pas à moi de dépoussiérer mon oeuvre. Je comprends qu'ils vont respecter les arrangements originaux mais en mieux. Ils vont y ajouter des temps de respiration pour accompagner leurs mouvements à eux et puis des intros, des finales et je crois que musicalement, ça va être époustouflant, même pour moi.»

Une question se pose forcément au compositeur qu'il est: ajouter du visuel sur des musiques qui se sont imprégnées dans notre culture nationale par elles-mêmes, sans autre soutien, est-il pertinent? «Attention: ce ne seront pas des clips! Ça va être comme du théâtre: dans l'instant présent tous les soirs. En plus, ils n'arrêtent pas d'avoir des idées ces maudits-là! Ça ne sera pas figé, ils ont une liberté totale et l'imagination pour amener tout ça ailleurs.»

«Je suis convaincu que ce spectacle va donner un autre sens à ma musique. Ça va magnifier les chansons. Un musicien peut souvent juger une musique en quelques mesures. Je n'ai entendu que deux minutes de la musique et je sais que ça clique vraiment. J'ai refait mes voix en studio selon les indications de Jean-Phi en deux sessions de trois heures. Je trouve que c'est beaucoup plus émouvant et puissant que si on avait pris les voix originales.»

Évidemment, c'est le secret sur le contenu du spectacle. Le choix final s'est porté sur une douzaine de chansons à partir d'une cinquantaine de candidates. Le metteur en scène Jean-Guy Legault a accepté à contrecoeur d'en dévoiler quatre. Tout écartillé, ça, on savait. Il y aura aussi Lindberg, Ordinaire, évidemment, mais également CPR blues

«On ne va pas dans la nostalgie: je veux qu'on plonge dans la vibe de ces chansons-là. Il y aura des moments plus touchants, d'autres plus drôles, certains déjantés. On ne racontera pas l'histoire de chaque chanson, on va évoquer la charge émotionnelle qu'elles suscitent de sorte que chacun des spectateurs va les nourrir de son propre bagage.»

Il reste qu'à deux mois de la première, rien n'est irrémédiablement figé. «On va douter et on va avoir de nouvelles idées jusqu'à la veille de la première, dit Daniel Fortin. L'avantage majeur qu'on a cette année contrairement à l'an dernier, c'est qu'on connaît l'amphithéâtre, on connaît le souffle de la salle.»

«Moi, ce que j'aimerais, dit Robert Charlebois, c'est être ému par le spectacle. Les gens du Cirque du Soleil, ce sont des dresseurs de poils sur les bras!»

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