Réduction importante du nombre de paroisses dans le diocèse de Trois-Rivières

L'évêque du diocèse de Trois-Rivières, Mgr Luc Bouchard,... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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L'évêque du diocèse de Trois-Rivières, Mgr Luc Bouchard, était entouré lundi lors de la conférence de presse de Lise Filteau, coordonnatrice de la pastorale d'ensemble au diocèse, et de Serge Simard, consultant en développement organisationnel.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Ce n'est pas un secret pour personne, les grandes églises sont dispendieuses à entretenir et les prêtres, comme les fidèles, se font de plus en plus rares.

D'ici quatre ou cinq ans, le diocèse de Trois-Rivières estime qu'il ne pourra compter que sur huit prêtres en âge et ayant la santé d'occuper les responsabilités de curé. De 67 paroisses du diocèse, il en resterait dans quelques années entre cinq et treize. 

«Nous essayons de répondre aux défis qui se présentent aujourd'hui», lance d'emblée en entrevue l'évêque du diocèse de Trois-Rivières, Mgr Luc Bouchard. «Le premier défi, c'est d'annoncer l'Évangile. C'est la mission de l'Église. Comment pouvons-nous mieux répondre à ce défi dans le contexte du 21e siècle?»

Afin de mener à bien cette mission, le diocèse envisage donc de diminuer considérablement le nombre de paroisses. Quatre scénarios sont sur la table. Le premier consisterait à regrouper les 67 paroisses actuelles pour en former cinq nouvelles avec autant de fabriques. Précisons que selon la loi des fabriques, il doit y avoir un répondant, soit un prêtre, par entité administrative. 

Ces cinq paroisses regrouperaient les églises des zones Valentine-Lupien (Maskinongé), Mékinac, des Chenaux, Centre et Haut-Saint-Maurice ainsi que Trois-Rivières. Le scénario à huit nouvelles paroisses prévoit les mêmes zones, mais avec trois paroisses pour la zone du Centre et Haut-Saint-Maurice ainsi que deux pour la zone de Trois-Rivières. 

De son côté, le troisième scénario propose onze nouvelles paroisses, ce qui représente deux pour chaque zone, à l'exception de celle du Centre et Haut-Saint-Maurice qui en aurait trois. En terminant, le quatrième et dernier scénario suggère treize nouvelles paroisses. Cela se traduirait par trois paroisses pour chaque zone, à l'exception de deux pour les zones des Chenaux et de Trois-Rivières. 

Pour mener à bien la réflexion sur le nombre de paroisses, la diocèse de Trois-Rivières a retenu les services de Serge Simard, consultant en développement organisationnel. Il indique que le diocèse de Trois-Rivières n'est pas le premier à envisager une importante réduction du nombre de paroisses. Cette pratique est répandue notamment en Europe. 

«Il s'agit d'avoir des paroisses à plusieurs clochers qui sont à l'image de fédérations», explique-t-il. «Le diocèse de Québec souhaite de son côté passer de 224 fabriques à 29 et celui de Nicolet, de 86 à 24.» 

En plus de la réduction du nombre de paroisses, le diocèse est confronté à un manque de bénévoles pour les administrer ainsi que pour animer la pastorale. En regroupant les paroisses et les fabriques, on regrouperait ainsi les forces par la même occasion. 

Par ailleurs, les églises et les presbytères représentent des charges financières importantes. Il est donc envisagé d'ouvrir les lieux de cultes à d'autres usages, sans exclure les offices religieux. 

«Il y a des choix à faire. Et tout le monde le reconnaît. On ne peut pas rester au statu quo», soutient Mgr Luc Bouchard qui reconnaît que les communautés sont très attachées aux églises. 

«Ce sont des édifices qui sont merveilleux, mais qui coûtent beaucoup d'argent. Est-ce qu'on peut trouver de nouvelles vocations à ces édifices?» 

Le diocèse de Trois-Rivières affirme que ces grands changements s'insèrent dans le tournant missionnaire, inspiré par le pape François. Les autorités ecclésiastiques locales souhaitent notamment se rapprocher des jeunes générations afin d'animer une flamme religieuse et même susciter des vocations. 

«Tous les baptisés sont responsables de l'Église», affirme également l'évêque de Trois-Rivières. «C'est ce qu'il faut raviver.»

Un processus de consultation a été entamé. Lors de préconsultations, près de 75 personnes ont donné leur vision de la situation. Le 20 avril dernier, 500 représentants pastoraux et administratifs ont cette fois participé à de véritables consultations. L'objectif de cette démarche, précise le diocèse, est d'arriver à un consensus afin que les fidèles soient confortables avec la nouvelle formule. 

«Ces rondes de consultations culmineront l'automne prochain dans des forums de communauté pour donner la parole aux paroissiens et paroissiennes sur l'avenir des paroisses», note le diocèse de Trois-Rivières.

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