«On a l'impression de s'enliser dans un sable mouvant»

Nathalie Bourque, porte-parole de l'AAFSQ, et Pascal Bastarache, représentant...

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Nathalie Bourque, porte-parole de l'AAFSQ, et Pascal Bastarache, représentant de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour l'AAFSQ.

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(La Tuque) L'Association des auxiliaires familiales et sociales du Québec (AAFSQ), qui dénonce depuis un moment la tendance vers la privatisation des soins de santé, craint sérieusement qu'il n'y ait pas d'embauche d'auxiliaires pour les remplacements de vacances d'été, notamment à Trois-Rivières.

«On a l'impression de s'enliser dans un sable mouvant, ce n'est pas compliqué», lance d'entrée de jeu Nathalie Bourque, porte-parole de l'AAFSQ.

«Il n'y aura pas d'embauche d'auxiliaires pour les remplacements de vacances d'été dans plusieurs CISSS et CIUSSS donc les services à rendre seront desservis par les agences privées au même titre que bon nombre de nouvelles demandes d'aide en soins à domicile en cours et à venir. Telle est la consigne», dénonce-t-elle.

Le CIUSSS-MCQ n'a pas été en mesure de confirmer ou d'infirmer cette information, en fin de journée mardi.

Les spécialistes des soins à domicile se disent très inquiets. Ils sont catégoriques, et martèlent l'importance d'une formation complète (DEP).

«On est très inquiet. On veut juste être capable de donner des services de qualité. [...] La plus grande partie du personnel (des agences privées) a une formation de deux ou trois semaines seulement. Je pense que la population doit être au courant», explique Pascal Bastarache, représentant de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour l'AAFSQ.

L'Association veut absolument que les citoyens comprennent la différence entre les deux offres. «On veut que les gens comprennent bien l'incidence que ça peut avoir d'aller en agence. Le ministre Barrette en fait la promotion, mais la qualité, la sécurité, l'expertise, tout ça n'y est pas», souligne Mme Bourque.

Cette dernière a fait état de plusieurs situations vécues par les usagers qui ont utilisé des services d'agences dans un long communiqué. Parmi ces exemples, elle souligne que des employés sont parfois en retard parce que la voiture n'est pas obligatoire.

«L'employé qui arrive à 10 h 30 chez une personne clouée dans son lit (qui reçoit son service en CLSC à 8 h) restera 2 h 30 de plus dans une culotte souillée d'urine et de selle.»

L'Association des auxiliaires familiales et sociales du Québec n'entend pas lâcher le morceau et va continuer à se faire voir et se faire entendre dans les prochaines semaines. Les travailleurs de l'AAFSQ avaient d'ailleurs envahi les rues de Trois-Rivières il y a quelques semaines pour sensibiliser la population à leur métier.

«On sent que les gens en savent un peu plus sur notre métier, et on sent qu'ils sont derrière nous dans notre démarche», estime M. Bastarache.

Toute la question entourant les CLSC fait également sursauter l'AAFSQ. Cette dernière n'est pas du tout d'accord avec le ministre Barrette qui soutient que les CLSC sont un échec.

«Le ministre n'est pas gêné de dire une chose pareille! Tout est déjà là, la structure est déjà en place, ça ne peut pas être un échec à 100 %. Il aurait pu investir et optimiser ce qui est déjà là.

Avec les investissements dans les supercliniques, on présume qu'il va démanteler les CLSC. Il ne le dit pas ouvertement, mais on va déshabiller un pour habiller l'autre. Ça va coûter de l'argent tout ça», a conclu Nathalie Bourque.

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