De musique et d'amitié

L'amitié persiste depuis plus de 40 ans entre... (Olivier Croteau)

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L'amitié persiste depuis plus de 40 ans entre le père André Dumont et le musicien Marc Langis. Ils étaient donc tous les deux emballés de reprendre cet album qu'ils ont créé conjointement au tournant des années 2000.

Olivier Croteau

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Plus de vingt ans les séparent, mais le lien qui unit Marc Langis et le père André Dumont semble intarissable tout comme leur passion commune pour la musique. Celle-ci s'est concrétisée sous la forme d'un disque compact qui sortira dans quelques jours.

On connaît Marc Langis pour avoir été le bassiste de Céline Dion et l'avoir suivie pendant près de 20 ans à travers ses tournées mondiales et à Las Vegas. On connaît toutefois moins celui qui a été l'étincelle derrière sa carrière internationale: le père oblat André Dumont. Ce dernier a, pour ainsi dire, toujours fait partie de la famille Langis. «André est un ami de la famille et il débarquait dans le salon pour écouter du Reggiani avec mon père», se remémore le musicien maintenant directeur du Conservatoire de musique de Gatineau.

C'est aux Petits Chanteurs de la Maîtrise du Cap que la complicité musicale des deux hommes s'est développée. À 15 ans, Marc Langis a quitté les Petits chanteurs et est descendu jouer dans le big band de la basilique Notre-Dame-du-Cap. «Je jouais de la guitare électrique dans la crypte de la basilique. Ça a créé un scandale à l'époque», se remémore-t-il. «André, ça a été un mentor. C'est le premier auteur-compositeur avec lequel j'ai travaillé». «J'ai deviné qu'il avait un talent particulier», soutient quant à lui le père Dumont.

Leurs routes se sont ensuite séparées pendant plus de vingt ans. Puis, comme si la vie l'avait placé sur son chemin, le père Dumont a aperçu une affiche mettant en scène Marc Langis au Festival de Jazz de Montréal. Émus, les deux hommes ont renoué comme s'ils ne s'étaient jamais quittés.

Cet album qu'ils lanceront officiellement le 1er mai a une longue histoire. La première version a été lancée au tournant des années 2000 alors que la carrière de Marc Langis battait son plein aux côtés de Céline Dion.

C'est en 1997 que l'idée d'un disque a germé dans l'esprit de l'oblat qui se définit lui-même comme un poète. «Je contacte [Marc] et je lui dis que j'ai l'idée de faire un disque. J'écris un poème L'amour n'est pas aimé et je lui envoie». Il faut croire que l'âme de musicien de Marc Langis a été touchée par ces paroles puisqu'il en a rapidement créé une mélodie.

«Quelques jours plus tard, il aboutit chez moi à Montréal avec sa guitare et il me chante en primeur mon texte. Je lui ai dit de ne plus toucher à rien. On tenait quelque chose.»

La complicité artistique entre les deux hommes étaient tangibles. «On trippait l'un sur l'autre. J'aime ta musique et tu aimes mes paroles», souligne André Dumont.

Un livre-disque a donc vu le jour avec les textes du père Dumont et la musique de Marc Langis. Puis, il y a un an à peine, au printemps 2015, c'est le frère de l'Oblat qui revient à l'attaque. «Mon frère m'a demandé pourquoi je ne faisais pas une nouvelle édition [du livre-disque]. La saga a démarré. Je me suis dit pourquoi pas.»

Malgré un horaire du temps passablement chargé, Marc Langis a plongé tête première dans le projet. «Mais si on était pour refaire ça, il fallait le corriger et apporter des améliorations. Il fallait aussi remixer. Ça prenait du financement, au minimum 7000 ou 8000 $».

«J'ai trouvé l'argent en 10 jours», réplique André Dumont. «Les dons provenaient de ma famille, mais aussi des communautés religieuses dont les Filles de Jésus, les Soeurs de la Providence et les Oblats». Ils sont donc entrés en studio l'été dernier pour pondre ce disque intitulé L'amour sera aimé qui s'adresse aux gens de tous les âges et de toutes les religions, tient à préciser le père oblat. «Nulle part dans l'album, ça ne parle de Dieu. Oui, c'est spirituel, mais moi en tant que musicien je me sens interpellé», ajoute Marc Langis.

André Dumont n'aurait pas pu trouver un meilleur moment pour lancer cette nouvelle version puisqu'il célèbre cette année ses 50 ans comme père oblat. Aurait-il pu faire ce disque sans Marc Langis? «Absolument pas. Notre carrière a commencé tous les deux au sanctuaire». C'est donc un retour aux sources après une vie d'expérience pour les deux hommes dont 20 ans les séparent.

Le disque sera disponible au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap uniquement. Tous les profits de la vente seront remis à la Maison l'Exode, fondée en 1990 par André Dumont et qui est vouée à la réhabilitation des alcooliques et des toxicomanes.

«Nulle part dans l'album, ça ne parle de Dieu. Oui, c'est spirituel, mais moi en tant que musicien je me sens interpellé.»

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