Possible réaménagement des cinq coins: des expropriations à venir?

Devant la volonté de la Ville de réaménager... (Stéphane Lessard)

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Devant la volonté de la Ville de réaménager les cinq coins, Caroline Dionne craint d'être expropriée.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Le projet de réaménagement de l'entrée de la ville sur la rue Saint-Roch, communément appelée les cinq coins, semble sur le point de renaître, spécialement depuis que des terrains laissés vacants par l'incendie de septembre 2015, qui a ravagé plusieurs bâtiments de ce secteur, ont été mis en vente cette semaine. Or, cette nouvelle effervescence n'est pas sans inquiéter les quelques résidents de ce secteur, qui craignent maintenant d'être expropriés.

Caroline Dionne fait partie de ces gens. Celle qui a acheté sa maison en 2010 a questionné elle-même le maire Yves Lévesque, jeudi, pour savoir à quoi elle devait s'en tenir pour le futur.

«Il m'a parlé d'une expropriation possible dans un horizon de 5 à 10 ans, mais qu'il fallait d'abord s'entendre avec les propriétaires. Ça m'a donné un grand coup», confie celle qui dit avoir investi tous ses REER dans la rénovation de cette maison pour laquelle elle a une affection bien particulière. «C'était ma maison de vieillesse», lance-t-elle avec beaucoup d'émotion.

Questionné sur le sujet, le maire Yves Lévesque craint d'avoir été mal compris par la dame et soutient lui avoir donné cette information surtout pour la rassurer au niveau de ses investissements.

«Je lui ai dit que si elle mettait de l'argent sur sa maison d'ici 5 à 10 ans, elle ne perdrait pas son argent si on l'expropriait car on allait lui faire une offre qui correspondrait à la valeur de la maison mais aussi à la valeur des améliorations apportées», précise Yves Lévesque.

Toutefois, le maire ne cache pas que la Ville envisage aller de l'avant avec le réaménagement des cinq coins. «Ça fait partie de notre plan de match. Avec la mise en vente des terrains, on a une belle opportunité et on va la regarder. Mais on n'a aucun plan précis de réaménagement sur la table. Il n'est pas impossible qu'on décide de faire l'acquisition des terrains qui sont vacants, et qu'on attende ensuite de voir ce qui va se produire. Si on achète, ça ne veut pas dire qu'on va de l'avant tout de suite avec le réaménagement, et nous sommes encore bien loin d'envisager envoyer des avis d'expropriation», confirme-t-il.

Un comité pour ce réaménagement a d'ailleurs été mis en place afin d'étudier les possibilités. Le conseiller Pierre-A. Dupont préside ce comité. «On sait qu'il y a un privé qui a fait quelques démarches, mais il ne s'est pas encore entendu avec nous. De notre côté, on est ouvert aux propositions des promoteurs qui seraient intéressés, mais pour le moment nous n'avons pas de projet sur la table. On continue de regarder ça et d'avoir les yeux ouverts et l'oreille attentive», ajoute-t-il.

Pour sa part, Caroline Dionne n'attendra pas en se tournant les pouces qu'une décision soit prise, et a déjà entamé certaines démarches pour évaluer ses options. «Dans un monde idéal, j'aimerais déménager ma maison, car c'est chez moi et c'est une maison que j'aime trop. On m'a donné les coordonnées d'un déménageur de maisons. Je vais vérifier les prix et, si on m'arrive avec un avis d'expropriation, je pourrai voir si c'est une option possible», mentionne Mme Dionne.

Mais peu importe l'issue du dossier, Caroline Dionne ne compte pas contester un éventuel avis d'expropriation. «J'y ai réfléchi, mais je ne veux pas aller contre le développement de ma ville. C'est simplement que cette maison, j'y suis très attachée. Ça me met tout à l'envers de penser la quitter, de penser qu'on pourrait la démolir», confie-t-elle.

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