Shawinigan débloque 75 000 $ pour la CDC du Centre-de-la-Mauricie

Réjean Veillette, coordonnateur à la Corporation de développement... (Sylvain Mayer)

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Réjean Veillette, coordonnateur à la Corporation de développement communautaire du Centre-de-la-Mauricie, accueille avec soulagement le geste posé par le conseil municipal de Shawinigan.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La résolution a été adoptée sobrement, mais pour la première fois, le conseil municipal de Shawinigan vient d'autoriser un important support financier à la Corporation de développement communautaire du Centre-de-la-Mauricie, sérieusement heurtée par les coupes du gouvernement provincial. L'aide de 75 000 $ qui sera versée d'ici 2018 permettra au coordonnateur, Réjean Veillette, de reprendre son souffle au cours des prochaines semaines, lui qui tenait le regroupement à bout de bras depuis l'automne.

«Ça a été un travail de longue haleine de sensibiliser, d'éduquer les élus et les fonctionnaires sur le fait que notre mission propre est différente par rapport à celle d'un groupe de base», note-t-il. «L'aide financière a été attachée avec le Fonds de développement des territoires, mais au-delà de l'argent, c'est une reconnaissance dont nous sommes très fiers.»

Le protocole d'entente prévoit le versement d'une aide financière de 25 000 $ en 2016, 2017 et 2018. La résolution autorisant le maire et le greffier à signer cette entente a été adoptée en séance régulière, le 12 avril.

«Dès le lendemain, nous lancions notre processus d'embauche!», sourit M. Veillette. «J'ai ouvert un poste d'agent de développement à trois jours par semaine. Je suis seul depuis sept mois et un peu à bout de souffle! D'ici un mois, je vais avoir de l'aide pour réaliser notre mission.»

La CDC du Centre-de-la-Mauricie regroupe présentement 47 organismes communautaires. Sa mission consiste à accroître leur visibilité, à favoriser la concertation et la collaboration entre eux. Le regroupement a dispensé 152 services au cours de sa dernière année financière, une explosion de 134 % en deux ans.

La fin de trois projets financés grâce au soutien du Fonds québécois d'initiative sociale, le 30 septembre, avait fragilisé l'organisation. Le poste d'agent de communication n'a donc pas été renouvelé.

Dans ce contexte, la Ville de Shawinigan a été sollicitée, mais sur le plan provincial, la Table régionale des organismes communautaires en santé et services sociaux Centre-du-Québec-Mauricie poursuit ses démarches pour faire bouger le gouvernement Couillard.

«La table nationale des CDC se penche aussi sur diverses avenues de soutien financier», ajoute M. Veillette. «On sait qu'au gouvernement du Québec actuellement, il n'y a aucune ouverture envers le milieu communautaire. On travaille donc avec des fondations privées pour voir si on peut former des partenariats intéressants.»

En attendant, le soutien avancé par la Ville de Shawinigan fait toute une différence, se réjouit le coordonnateur. En fait, il préférait ne pas penser aux conséquences d'un refus du conseil municipal!

«On aurait encore été dans les coupes, mais à un moment donné, ça a des limites. Ça prend un minimum pour réaliser un minimum de la mission. J'ai dix axes d'intervention et je ne peux même pas prétendre que je les réalise entièrement, avec les ressources humaines, matérielles et financières que je possède.»

Pour le maire de Shawinigan, Michel Angers, il s'agit d'un geste qui s'imposait. Particulièrement dans le contexte de la mise en place du projet COMPLICE, un acronyme pour Comité d'orientation et de mobilisation des partenaires locaux dans l'intervention des communautés de l'Énergie, qui consiste à réunir neuf organisations pour arrimer leurs actions sur diverses priorités. Une charge supplémentaire qui tiraillait M. Veillette dans le contexte des derniers mois.

«On travaille sur un grand projet, depuis un an et demi, où on met en réseau tous les organismes communautaires, de l'emploi, sociaux et un des acteurs majeurs pour mettre tous les groupes communautaires en réseau, c'est la CDC», reconnaît le maire. «Ils ont été coupés financièrement et Réjean Veillette était rendu seul pour faire le travail. Nous pensons sincèrement que dans un contexte de réinsertion sociale, de lutte à la pauvreté et à l'exclusion, c'est indispensable d'avoir une corporation comme celle-là.»

«Nous avons peut-être des problèmes plus importants que d'autres villes à travers le Québec», ajoute M. Angers. «Si on veut se donner les moyens de résorber la pauvreté et l'exclusion, d'augmenter l'intégration sociale, il faut donner le coup de main nécessaire.»

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