Vers un train à grande fréquence à Trois-Rivières en 2019?

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Le service de train de passagers de VIA Rail pourrait revenir à Trois-Rivières plus tôt que prévu.

La Presse

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Déjà ravivé lors de la visite du grand patron de VIA Rail en novembre dernier, l'espoir de revoir un train de passagers à Trois-Rivières vient de bondir avec la dernière sortie de Yves Desjardins-Siciliano qui confirme un tracé Montréal-Québec sur la rive nord, et ce, potentiellement d'ici trois ans.

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Le président et chef de la direction de VIA Rail, Yves Desjardins-Siciliano, discutant avec le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, lors de son passage à la CCITR en novembre 2015.

François Gervais, Le Nouvelliste

Selon Le Soleil, lors de son passage à l'Université Laval, lundi, le président et chef de la direction a parlé à nouveau d'un train à grande fréquence qui, entre Québec et Montréal, ne s'arrêterait qu'à Trois-Rivières. Et la construction de ce tronçon pourrait même débuter dès 2017 pour une mise en service en 2019.

«C'est une excellente nouvelle. On s'est réuni la semaine dernière avec notre comité restreint de coordination pour faire le suivi du dossier. Dans nos prochaines étapes, on voulait justement rencontrer François-Philippe Champagne pour voir avec lui comment ça avançait au niveau gouvernemental», a commenté la présidente de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières (CCITR), Karine Provencher.

C'est d'ailleurs à cette tribune que M. Desjardins-Siciliano avait évoqué le retour du train de passagers dans l'agglomération trifluvienne, mais d'ici cinq à dix ans.

Cinq mois plus tard, l'échéancier avancé est moins long et à la suite du budget fédéral, le projet bénéficie d'un appui de 3,3 millions de dollars pour une étude de faisabilité.

Toutefois, à la CCITR, on craint les délais associés à la réalisation d'une telle étude.

«On espère une actualisation de ce qui a été déjà fait et on veut que ça devienne concret. On n'a pas le goût que ça recommence et que ça n'avance pas. C'est un dossier qu'on ne lâche pas et qui reste dans nos priorités», a-t-elle affirmé.

Pour sa part, le directeur général d'Innovation et Développement économique Trois-Rivières, Mario De Tilly, est porté à croire qu'il s'agit toujours d'un dossier à long terme «à cause des investissements nécessaires pour le faire».

«Mais avec l'orientation des gouvernements d'accroître leurs investissements dans le secteur du transport en commun, plus que jamais, on peut y rêver. Et si on peut passer du long terme au moyen terme, c'est le voeu qu'on fait tout le monde», a-t-il confié.

Si celui-ci dit «jubiler» de voir le pdg de VIA Rail «passer de la parole aux actes» en raison des impacts économiques et touristiques reliés à ce projet, le maire Yves Lévesque y voit également une façon de décongestionner le réseau routier.

«Le trafic va toujours augmenter. La seule façon de régler le problème, c'est le transport par train. Un arrêt à Trois-Rivières va inciter les gens à utiliser ce type de transport. On va devenir une banlieue de Montréal avec un système de transport comme celui-là qui va être assez rapide», a-t-il partagé.

Le premier magistrat craignait que l'arrivée d'un nouveau gouvernement fédéral eut entraîné un changement de garde chez VIA Rail alors que le président-directeur général actuel est «visionnaire en plus d'avoir un esprit entrepreneurial».

«Je ne peux pas être plus heureux que ça. On parlait d'un échéancier plus long que ça. On devance l'étude de faisabilité et l'implantation du circuit. C'est une très bonne nouvelle pour Trois-Rivières que de ravoir un nouveau moyen de transport», a-t-il fait savoir.

Par ailleurs, dans le même article, on rapportait que le haut dirigeant de la Société ferroviaire ne laissait pas d'espace à la négociation par rapport à l'option de la rive sud, vendant plutôt l'idée d'un service bonifié pour Drummondville et les villes voisines.

Or, celles-ci refusent de baisser les bras, organisant même une rencontre le 28 avril prochain pour faire le point sur la stratégie à adopter, avec leurs chambres de commerce.

«Les gens sont bien mobilisés. On ne veut pas se chicaner avec la rive nord. On veut que le dossier avance. Et comme dans n'importe quelle prise de décision sur des investissements aussi importants et significatifs que ça, il faut que la décision soit prise en fonction de l'ensemble des données.

On souhaite qu'on puisse arriver avec des vrais raisonnements basés sur des vrais chiffres et des vraies études, et non pas sur des feelings ou des perceptions que les gens avaient du dossier il y a 30 ans, que ça doit passer sur la rive nord», a plaidé le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Drummond (CCID), André Y. Komlosy.

«Quand on nous dit constamment que la rive nord, ça coûte moins cher et que ça va être moins compliqué, c'est en comparaison de quoi? Est-ce que c'est parce que sur la rive sud, il y a une étude qui a été faite qui démontre que ça coûte plus cher, que c'est plus compliqué? Si c'est pas le cas, ce sont des paroles en l'air», renchérit-il.

Ce dernier espère que la Caisse de dépôt et placement du Québec soit partenaire dans ce projet car, dit-il, «la Caisse ne fait pas de sentiment, ni de politique, mais elle y va en fonction de la rentabilité».

«On prend bonne note du fait que VIA Rail veut bonifier le trajet existant au niveau de la rive sud du Saint-Laurent. On est bien content là-dessus. Mais on aimerait commencer à voir la couleur de ça. Il ne faudrait pas qu'on nous présente ça comme un plat de lentilles», conclut M. Komlosy.

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François-Philippe Champagne

François Gervais, Le Nouvelliste

«On voit ça d'un bon oeil»

Le député fédéral de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, a parlé mardi au président et chef de la direction de VIA Rail, Yves Desjardins-Siciliano, pour obtenir des éclaircissements sur ses déclarations de la veille à Québec.

«C'est sûr que nous autres, on voit ça d'un bon oeil. Un train rapide, c'est une bonne chose. Ça va dans notre plan d'avoir des transports qui sont plus adaptés, hybrides, ça va dans notre objectif de réduire les gaz à effet de serre», a-t-il confié en entrevue au Nouvelliste.

Celui-ci rappelle que dans le plan d'infrastructures de son gouvernement, «il y a un montant important sur le transport collectif pour justement favoriser ce mode de transport».

«Il faut que les biens et les personnes puissent circuler plus rapidement d'un centre urbain à l'autre», a-t-il ajouté.

Le député libéral se réjouit donc de voir le grand patron de VIA Rail «pousser toujours le corridor Québec-Windsor».

«C'est un projet à moyen terme qui nécessite un investissement majeur et je prends bonne note de cet arrêt à Trois-Rivières. De ce qu'il m'a dit, j'ai compris qu'il y aurait une connexion avec Shawinigan dans une autre phase», a-t-il précisé.

Selon lui, «les étoiles sont en train de s'aligner» avec un gouvernement à Ottawa qui privilégie les modes de transport réduisant les gaz à effet de serre.

«J'essaie de voir avec lui ce qu'on peut faire pour le supporter dans ce projet-là. Je veux m'assurer qu'il y ait au moins un arrêt en Mauricie pour qu'on fasse toujours partie des plans de VIA Rail. C'est une bonne nouvelle. J'en vois l'importance pour la Mauricie au plan de son développement récréotouristique. Les gens de Montréal pourraient venir voir un spectacle et repartir», a-t-il conclu.

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