D'autres obus retirés du lac Saint-Pierre

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On estime à quelque 300 000 le nombre de munitions qui ont été tirées dans l'eau à partir du Centre d'essais et d'expérimentation de la Défense nationale à Nicolet.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Baie-du-Febvre) Une nouvelle ronde dans le projet de prélèvement des obus qui gisent au fond du lac Saint-Pierre s'est achevée il y a quelques semaines.

Construction de Défense Canada avait octroyé un contrat par appel de candidatures, l'automne dernier. Les travaux ont été réalisés cet hiver près du chenal Landroche, à Baie-du-Febvre, sur une superficie de 200 hectares.

L'objectif était de procéder à une levée géophysique afin de trouver les coordonnées de 315 anomalies géophysiques. Ces anomalies représentent en fait l'écho d'objets métalliques sous l'eau qui sont potentiellement des obus tirés dans le passé par la Défense nationale. Certains d'entre eux n'ont jamais explosé et demeurent dangereux.

C'est la firme Mine / EOD CLR de Québec, un spécialiste de la détection et de l'enlèvement de munitions non explosées qui a obtenu le contrat afin de retirer aussi les projectiles de l'eau et d'en disposer.

L'entreprise, qui est appelée sur des interventions aux quatre coins du Canada, n'en était pas à ses premiers travaux au lac Saint-Pierre. Elle a été appelée à y intervenir à plusieurs reprises entre 2004 et 2009.

Ce nouveau contrat au canal Landroche était estimé à 1,1 million $.

Rappelons que la Défense nationale a tiré des obus dans le lac Saint-Pierre pendant 50 ans. Ces tirs ont cessé en 1999.

Dès les début des années 2000, le gouvernement fédéral a commencé à examiner la possibilité de décontaminer la zone de tir puisqu'on estime à quelque 300 000 le nombre de munitions qui ont été tirées dans l'eau à partir du Centre d'essais et d'expérimentation de la Défense nationale à Nicolet.

Ce sont les plaintes répétées des riverains du lac Saint-Pierre qui avaient permis de mettre fin à cette pratique.

Les berges ont d'abord été ratissées chaque printemps pendant plusieurs années puisque des obus se sont retrouvés sur les berges sous l'effet des mouvements de glace. En 1982, d'ailleurs, un de ces obus avait causé la mort d'un homme et blessé neuf autres personnes.

D'autres obus ont été trouvés sur la plage par la suite.

En 2012, notamment, la Sûreté du Québec et la Défense nationale débarquaient près de la passerelle du Parc de l'anse au port, à Nicolet, où Alain Gentes en avait trouvé un en allant à la plage pour faire nager son chien dans le fleuve. Ironie du sort, M. Gentes était le neveu de l'homme qui était décédé lors de l'explosion de 1982.

Le programme des UXO (pour unexploded ordnance) ne prévoit pas de retirer les 300 000 obus du lac Saint-Pierre qui occupent 40 % du lac Saint-Pierre.

Cet élargissement du fleuve a été divisé en 11 zones. La zone 1 qui entoure l'accès au lac par le chenal Landroche et la zone 2, à l'est de la zone 1, sont jugées prioritaires puisqu'elles contiennent respectivement 25 % et 45 % de tous les UXO répertoriés lors des levées géophysiques antérieures.

Seulement quelques centaines d'obus ont pu être retirés, jusqu'à présent, par des plongeurs spécialisés.

Il est toutefois estimé que sur les 300 000 obus qui se trouvent dans les sédiments sous l'eau, quelque 6500 sont potentiellement explosifs.

Il était estimé, au début des années 2000, qu'il en coûterait 400 millions $ pour débarrasser le fleuve de ses obus, soit 40 millions $ par année pendant 10 ans.

Un projet-pilote avait été lancé en 2004. En 2006, la Défense nationale octroyait un contrat de service conseil d'une durée de deux ans et d'une valeur de 500 000 $ pour élaborer un plan d'action.

En 2007 et 2008, des travaux de prélèvement de projectiles ont été réalisés afin de permettre le dragage du canal Landroche. En 2012, d'autre munitions ont pu être retirées grâce à bas niveau du fleuve, cette année-là, soit un record de 178 projectiles.

En 2013, 66 UXO hautement explosifs ont aussi été retirés, s'ajoutant aux 196 projectiles extraits cette année-là.

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