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Les auxiliaires familiales et sociales manifestent pour faire connaître leur profession

Ils étaient près de 200 dimanche matin provenant de partout au Québec à... (Andréanne Lemire)

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Andréanne Lemire

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ils étaient près de 200 dimanche matin provenant de partout au Québec à manifester à Trois-Rivières pour promouvoir une profession qui demeure dans l'ombre: celle d'auxiliaire familiale et sociale. Ces spécialistes des soins à domicile déplorent la tendance vers la privatisation des soins de santé et souhaitent plus que jamais que leur formation soit reconnue.

Selon les organisateurs, il était impératif pour les auxiliaires familiales de se réunir et de prouver l'importance de leur métier dans le réseau de la santé. Tout d'abord, parce que la journée des auxiliaires familiales et sociales se tiendra ce lundi, mais également parce qu'ils craignent la privatisation des soins de santé qui entraîne parfois des partenariats avec du personnel non qualifié. «On voit s'installer la privatisation. Au Québec, tous les citoyens, peu importe leur portefeuille, ont droit à des services de qualité donnés par des professionnels», clame Pascal Bastarache, représentant de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour l'Association des auxiliaires familiales et sociales du Québec (AAFSQ).

«Le ministre (Gaétan) Barrette fait la promotion des services privés. Ça fait plusieurs années qu'il y a des optimisations et des coupures. Maintenant, plus que jamais, on veut être reconnu. Ça prend une formation, un DEP complet pour travailler seul à domicile avec une clientèle vulnérable», soutient Nathalie Bourque, porte-parole de l'AAFSQ.

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Nathalie Bourque et Pascal Bastarache, respectivement porte-parole et représentant de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour l'Association des auxiliaires familiales et sociales du Québec (AAFSQ), souhaitent que leur formation soit reconnue.

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Le convoi a quitté le terrain de l'Exposition vers 11 h 45. Il s'est ensuite dirigé vers les bureaux du député libéral Jean-Denis Girard où une allocution a été prononcée. La manifestation s'est terminée au Parc Champlain où des discours ont été entendus. 

Même si l'objectif de rassembler 500 personnes pour la manifestation n'a pas été atteint, l'ambiance qui régnait laissait croire le contraire. Le succès de la manifestation n'était toutefois pas basé sur la quantité. «Pour nous, ce n'est pas nécessairement le nombre. On a préparé ça en trois semaines à peine et on trouvait ça important de sortir maintenant. Pour nous, notre objectif est atteint aujourd'hui», assure Mme Bourque.

«Si on a réussi à sensibiliser la population à notre métier, mission accomplie», ajoute M. Bastarache.

«Ça ne concerne pas juste des personnes âgées. C'est des enfants, des handicapés, des gens souffrant de déficience intellectuelle. Tous ces gens-là qui auraient dû se retrouver en CHSLD il y a quelques années, on les maintient à domicile aujourd'hui», constate la porte-parole de l'AASFQ.

«Déjà, les clients le sentent quand ils ont un employé plus ou moins formé. On a le devoir de les protéger. Imaginez une dame lourdement handicapée qui dépend de nous. Si elle se retrouve devant quelqu'un avec une formation 101 qui n'a pas d'expertise, qui ne sait pas comment utiliser un lève-personne, elle met sa sécurité, sa vie dans les mains de cette personne», signale-t-elle.

Pour les auxiliaires familiales et sociales, il y a un avant et un après la loi 90 qui visait à optimiser les compétences des professionnels de la santé en rendant leur pratique la plus autonome possible. «On donne beaucoup de soins d'hygiène, mais avec les années, notre réalité a changé. Depuis l'application de la loi 90, il y a beaucoup de soins infirmiers qui nous ont été délégués», mentionne Pascal Bastarache. Il cite entre autres la prise de médication et de glycémie et l'installation de cathéter qu'ils doivent maintenant octroyer. «Depuis 2010, on n'a pas atteint l'équité salariale. On a de plus en plus de tâches, mais notre salaire reste pareil», déplore-t-il. 

Pour les syndicats, en plus de l'équité salariale, ce rassemblement avait une autre visée. «On veut briser l'isolement des auxiliaires familiales et sociales. Ce sont des gens qui travaillent seuls. Souvent, ils ne connaissent pas leurs droits», remarque Claude Audy, vice-président régional pour la Fédération de santé et de services sociaux (FSSS), affilié à la CSN.

Suzie Mathieu est auxiliaire familiale depuis neuf ans.... (Andréanne Lemire) - image 3.0

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Suzie Mathieu est auxiliaire familiale depuis neuf ans. Elle a bien remarqué le changement qui s'est opéré dans la profession alors qu'on lui confie de plus en plus de soins infirmiers, mais sans reconnaissance salariale. 

Andréanne Lemire

Un métier méconnu

Plus de 6000 auxiliaires familiales et sociales oeuvrent dans le milieu de la santé au Québec dont 125 à Trois-Rivières et une cinquantaine à Shawinigan. Pourtant, peu de gens connaissent la profession. «Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas qu'on existe. On veut essayer de protéger ce qui reste de notre métier. On est en voie d'extinction», admet Suzie Mathieu, auxiliaire familiale dans la région des Laurentides qui avait fait le chemin jusqu'à Trois-Rivières.

«Le métier a changé. On fait plus de tâches en soins infirmiers, mais on n'est pas reconnu pour ça. C'est du cheap labor», n'hésite pas à dire Suzie Mathieu. «On porte plusieurs chapeaux. Quand on se retrouve devant une dame dans son bain qui pleure, on ne peut pas la laisser, il faut l'écouter. C'est un métier où il faut avoir du coeur», mentionne-t-elle.

«On fait beaucoup plus que les préposés aux bénéficiaires et on gagne moins cher qu'eux. On veut revendiquer notre place et se faire reconnaître. On est en première ligne. On est les yeux [du système de santé], on voit tout ce qui se passe à domicile», affirme quant à lui Pierre L'Africain, auxiliaire familiale depuis une douzaine d'années.

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