Trois-Rivières: une pétition lancée pour avoir droit aux poules de jardin

Des poules en milieu urbain à Trois-Rivières... (Olivier Croteau)

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Des poules en milieu urbain à Trois-Rivières

Olivier Croteau

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le conseil municipal de la Ville de Drummondville a adopté, le 14 mars dernier, des modifications à sa réglementation qui autoriseront, dès le 17 avril, la garde de poules sur les terrains résidentiels en milieu urbain. Il n'en fallait pas plus pour que certains résidents de Trois-Rivières réclament le même droit.

Une pétition a récemment été lancée en ligne via le site Change.org et 588 personnes l'avaient signée en date du 8 avril.

Cette affaire n'est pas nouvelle. Elle avait déjà été discutée au comité d'urbanisme de la Ville de Trois-Rivières, rappelle le conseiller municipal Daniel Cournoyer qui est aussi président de la Société protectrice des animaux de la Mauricie.

La demande avait alors été rejetée pour des questions de bruits, d'odeurs et d'hygiène du milieu, de même que pour une question de proximité des résidences en milieu urbain.

Le conseiller indique que la question sera malgré tout étudiée à nouveau lorsque la pétition sera déposée.

Toutefois, en tant que président de la Société protectrice des animaux de la Mauricie, M. Cournoyer ne cache pas que la SPA a «de grandes inquiétudes», face à cette question. Ce n'est pas elle qui décidera, en effet, si les poules urbaines seront acceptées, mais plutôt les élus municipaux. La SPA n'a pour rôle que l'application de la réglementation.

Toutefois, si les citoyens obtenaient la permission de la Ville, la SPA craint de devoir faire face à des situations d'abandon et de responsabilité des propriétaires, ce qui lui imposerait des frais et des investissements supplémentaires.

Qui plus est, «on n'est pas équipé pour ça», plaide M. Cournoyer.

Les vétérinaires de la SPA ont une spécialité pour soigner les petits animaux et non les animaux de ferme, explique-t-il. La SPA n'a pas l'infrastructure non plus pour recevoir des poules abandonnées ou saisies pour négligence, ajoute-t-il.

Le principal argument des signataires de la pétition, c'est qu'ils désirent obtenir des oeufs frais et bénéficier des fientes des poules pour enrichir leur compost domestique.

Certains organismes de bien-être des animaux s'opposent vivement à l'élevage des poules en milieu urbain, d'abord parce qu'elles attirent les prédateurs comme les chats, chiens, rats, renards et les ingénieux ratons-laveurs qui se laissent attirer en ville pour moins que ça, notamment les vers blancs qu'ils consomment en labourant les gazons.

L'organisme Respect animal s'inquiète, sur son site web, du gaspillage que peut impliquer un tel élevage, comme l'électricité pour garder les poules au chaud en hiver, l'eau potable pour les abreuver et nettoyer leurs installations et l'odeur des déjections.

«Les propriétaires sauront-ils vraiment nettoyer adéquatement leurs poulaillers citadins?», se questionne aussi Respect animal sur son site où l'on trouve aussi la pétition «Montréal sans poule».

L'Association végétarienne de Montréal rappelle l'épisode de grippe aviaire, au début des années 2000. «À la moindre alerte, le gouvernement canadien décidera peut-être - comme il l'a fait dans le passé pour les canards - de garder tous les volatiles à l'intérieur ou pire, de les tuer massivement», fait-elle valoir.

Il y a aussi la question d'abattage des poules après leur vie de pondeuses. Par qui? Dans quelles conditions? Avec quelles conséquences environnementales?

La réglementation de Drummondville contient certaines restrictions relatives au type de propriété résidentielle, à la superficie minimale de terrain et à la distance par rapport aux lignes de terrain nécessaires avant d'entreprendre un tel élevage.

N'empêche que l'agriculture urbaine prend de l'ampleur dans plusieurs pays d'Europe et dans certaines villes canadiennes, dont Chambly au Québec et maintenant Drummondville qui autorisent l'élevage des poules de jardin.

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