Des millions de dollars en santé pour la région

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Le ministre Gaétan Barette en compagnie du député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, et de la présidente de la Corporation de la Maison des Trois colombes, Lise Landry.

François Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Rêvée en 2004, abandonnée en 2011 puis relancée en 2014, la Maison des Trois colombes de Shawinigan ne s'est jamais autant approchée de la réalité. Vendredi après-midi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, s'est déplacé lui-même au centre administratif Joseph-Garceau afin d'annoncer un financement récurrent de 544 000 $ pour ce projet, un signal déterminant pour la réalisation de cette unité de soins palliatifs.

Pour l'ex-mairesse de Shawinigan, Lise Landry, il s'agit d'un grand jour, elle qui s'implique dans cette initiative depuis ses tout débuts, il y a douze ans. Pour elle, il s'agit de l'aboutissement de très longues démarches et sa ténacité n'est pas passée inaperçue.

«Mme Landry a mené beaucoup de batailles dans sa vie et en voilà une autre qu'elle a gagnée», souligne la ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet.

«Ça fait deux ans qu'on a été élus», rappelle le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère. «Le premier dossier qui est tombé sur ma table, c'est Mme (Landry) qui me l'a amené. Vous connaissez Mme Landry, quand elle agrandit les yeux, ça veut dire qu'il faut écouter!»

L'aide financière récurrente de 544 000 $ correspond aux coûts d'exploitation de ce projet, ce qui représente 68 000 $ par lit. La Maison des Trois colombes doit compter huit chambres. Le personnel sera constitué d'une infirmière, d'une infirmière auxiliaire, de préposés aux bénéficiaires, d'auxiliaires et d'un coordonnateur. À noter qu'une chambre sera réservée aux enfants en fin de vie, une première dans la région.

La Maison des Trois colombes sera située à proximité de l'hôpital régional, sur un terrain que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec cédera par emphytéose pour une durée de 25 ans.

«Je suis contente parce que c'était un besoin pour la population», souligne Mme Landry. «Ça fait près de deux ans et demi que le comité travaille là-dessus. Nous avons eu des hauts et des bas, mais il y avait toujours quelqu'un pour rappeler qu'il fallait aller de l'avant.»

Sur une note plus personnelle, Mme Landry reconnaît qu'elle n'a pu s'empêcher de penser à son mari Henri, décédé à l'ancien centre d'hébergement Joseph-Garceau il y a trois ans presque jour pour jour.

«J'avais l'impression qu'il était en arrière de moi, qu'il me soufflait dans le cou», sourit-elle. «Je suis certaine que s'il était ici, il serait fier d'avoir un équipement qui permet de répondre aux besoins.»

Une campagne se mettra en branle au cours des prochaines semaines pour financer la construction de ce projet, dont la valeur devrait atteindre 1,7 million $. Si tout se déroule comme prévu, les travaux devraient commencer à l'automne et la Maison des Trois colombes serait livrée un an plus tard. Les premiers bénéficiaires seront attendus au début de l'année 2018.

La Maison des Trois colombes verra finalement le... (François Gervais) - image 4.0

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La Maison des Trois colombes verra finalement le jour grâce à l'implication de Gaétan Barrette (ministre de la Santé et des Services sociaux), Martin Beaumont (président - directeur général, CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec), Lise Landry (présidente de la Corporation de la Maison des Trois colombes), Pierre Giguère (député de Saint-Maurice) et Julie Boulet (ministre responsable de la Mauricie).

François Gervais

Ratio

L'ajout de ces huit chambres en soins palliatifs permet une desserte complète du territoire du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec. D'ailleurs, pour illustrer l'importance stratégique de cette annonce, les députés Pierre-Michel Auger (Champlain), Jean-Denis Girard (Trois-Rivières) et Marc H. Plante (Maskinongé) s'étaient aussi déplacés pour l'occasion.

«Nous sommes à quinze ans seulement de faire face au pic démographique du Québec», rappelle M. Barrette, en parlant du vieillissement de la population. «La question des soins palliatifs touche tout le monde.»

Le ministre précise que les experts estiment qu'il faut un lit par 10 000 habitants pour répondre aux besoins en soins palliatifs. 

«Avec ce projet, on va peut-être même excéder un peu ce ratio dans la région», fait remarquer M. Barrette. «Dans le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, nous aurons 68 lits de soins palliatifs pour une population de 510 000 personnes. Quand on prend chacune des sous-régions, le ratio local sera atteint partout.»

Au Centre-de-la-Mauricie, on ne comptait que quatre lits en soins palliatifs pour 64 000 personnes avant cette annonce.

M. Barrette se cabre un peu quand on lui demande pourquoi a-t-il fallu un organisme sans but lucratif dirigé par une ancienne mairesse pour convaincre le gouvernement de la nécessité de ce projet à Shawinigan.

«Allez demander au spécialiste des soins de gériatrie qui était au pouvoir pourquoi il ne l'a pas fait», pointe-t-il. «Allez demandez au Parti québécois et à Réjean Hébert pourquoi il ne l'a pas fait. Je vais vous le dire: c'était sa spécialité d'annoncer des choses qui n'étaient pas budgétées et de ne rien faire. Moi, je le fais. Nous, on n'est pas dans le passé, on est dans le présent et dans le futur. Nous avons une politique de soins palliatifs et c'est l'exécution de cette politique que je fais.»

Centre d'hébergement Cooke: «Des solutions existent»

Les événements au centre d'hébergement Cooke ont fait la manchette l'été dernier. Le dossier continue de faire des vagues dans la région. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui était de passage dans la région vendredi, invite les deux parties à collaborer.

«Je ne blâme personne ici, je dis simplement que des solutions existent, encore faut-il que tout le monde s'assoie à la même table avec la même volonté», a lancé le ministre Barrette.

Dans une sortie publique le mois dernier, le président du Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298-FTQ, Rosaire Hamelin, avait dénoncé le réaménagement des horaires, mais aussi l'attitude de la direction du CIUSSS.

«La gestion de ces situations-là doit se faire en collaboration avec l'administration et le personnel, et là, peut-être que la collaboration n'est pas maximale, mais elle devra l'être», a répliqué le ministre Barrette.

Ce dernier a également rappelé que tout le mode de fonctionnement était actuellement revu.

«Dans l'entente qui a été signée avec les différentes unités syndicales, infirmières, préposés et autres, on a convenu qu'on allait mettre en place des projets pilotes pour réviser les ratios et les organisations quotidiennes de travail», a expliqué le ministre de la Santé.

Ce dernier est toutefois clair quant au centre d'hébergement Cooke, la quantité de personnel est en règle selon les normes en vigueur, le problème est au niveau de l'organisation.

«Maintenant, ça va dans les deux sens. C'est certain qu'à la résidence Cooke, si le syndicat sort constamment en disant qu'ils ne sont pas contents alors que les normes sont respectées... Je l'ai déjà dit et je le répète. Je l'ai dit à plusieurs reprises. Il y a des centres qui ont des clientèles de lourdeurs équivalentes à Cooke avec des ratios équivalents à Cooke où il n'y a aucun problème», a-t-il conclu.

Barrette se défend de vouloir détourner l'attention

Dure semaine au bureau pour le gouvernement libéral de Philippe Couillard, englué dans la controverse entourant le ministre Sam Hamad, qui s'ajoute à celles sur les arrestations des anciens ministres Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté et à certaines stratégies de financement de cette formation politique.

Vendredi, le ministre Gaétan Barrette a procédé à deux annonces très attendues dans la région.

D'abord en matinée à La Tuque, où l'urgence de l'hôpital sera réaménagée à un coût de 12,6 millions de dollars et ensuite à Shawinigan, où la précieuse aide gouvernementale permettra de lancer pour de bon La Maison des Trois colombes, une unité de soins palliatifs.

Le gouvernement aurait souhaité que la semaine se termine sur une note plus positive pour lui dans la région qu'il n'aurait pas agi autrement.

«Ça n'a aucun rapport», tranche le coloré ministre.

«Nous avons un plan à mettre en place. Les oppositions qui ne s'occupent que du passé, qui sera réglé par l'UPAC et les cours, réussissent à cacher le fait qu'elles n'ont aucun projet, aucune politique en santé. Notre gouvernement s'occupe du présent et de l'avenir.»

«Regardez cette annonce: c'est pour la population d'aujourd'hui. Les oppositions sont noyées dans le passé pour cacher leur inefficacité politique. C'est dommage et je pense que la population comprend ce qui se passe.»

Par ailleurs, M. Barrette n'a pas voulu commenter l'état du dossier du réaménagement de l'urgence du centre hospitalier du Centre-de-la-Mauricie, un projet de 34 millions de dollars qui avait été promis lors de la dernière campagne électorale.

«Les annonces, je les fais le jour de l'annonce», badine-t-il.

«Je ne pourrai pas faire cette annonce aujourd'hui, puisque c'est celle de la Maison des Trois colombes. Les demandes excèdent tous les fonds, mais un jour, j'aurai les fonds pour faire ce projet parce qu'il est important.»

Avec la collaboration d'Audrey Tremblay

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