L'urgence de La Tuque sera agrandie

Martin Beaumont, président-directeur général du Centre intégré universitaire... (Audrey Tremblay)

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Martin Beaumont, président-directeur général du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), Julie Boulet, députée de Laviolette et ministre régionale, et Gaétan Barrette, ministre de la Santé, ont annoncé l'agrandissement et le réaménagement de l'urgence du Centre de santé et des services sociaux du Haut Saint-Maurice.

Audrey Tremblay

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(La Tuque) L'agrandissement et le réaménagement de l'urgence du Centre de santé et des services sociaux du Haut Saint-Maurice étaient très attendus à La Tuque. Le projet de plus de 12 millions de dollars a reçu le feu vert, vendredi. La nouvelle a été annoncée par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en compagnie de la députée de Laviolette et ministre régionale, Julie Boulet.

«Ce n'est pas parce qu'on est à La Tuque, ma ville natale, qu'on n'a pas droit à des services de qualité équivalents à ce que l'on a ailleurs. Je le sais que vous attendez ça depuis longtemps. Vos efforts sont récompensés aujourd'hui», a lancé d'entrée de jeu le ministre Barrette.

Le projet gouvernemental évalué à 12,6 millions de dollars prévoit un agrandissement de l'urgence de 516 mètres carrés, soit presque le double de la superficie actuelle. Il inclut notamment les secteurs de l'aire ambulatoire, c'est-à-dire deux salles d'examen polyvalentes, une salle de traitement, une salle de chirurgie mineure et une salle de téléconsultation.

Il comprend également une aire d'observation de six civières (incluant une civière psychiatrique et une d'isolement respiratoire), une aire de choc programmé pour une civière, ainsi que l'ajout d'un garage avec une aire de décontamination.

«L'entrée de l'urgence aujourd'hui, c'est un abri tempo. Je pense qu'on peut s'attendre, à un moment donné, à entrer dans l'hôpital dans un environnement un peu plus approprié», a lancé le ministre.

Chaque année, ce sont 2700 traumas mineurs et majeurs qui arrivent à La Tuque, dont 161 qui sont transférés d'urgence.

La salle de téléconsultation permettra, notamment, dans les cas d'AVC d'avoir «l'équivalent de l'institut neurologique à Montréal».

Elle pourra permettre aussi d'aller de l'avant avec des projets comme celui de l'hémodialyse qui est attendu depuis déjà un bon moment par les dirigeants de l'établissement de La Tuque.

«C'est possible par la télémédecine. Dans le CIUSSS, ça se fait actuellement. Les néphrologues du CHRTR ont accepté de faire de la prise en charge en hémodialyse avec des points satellites [...] L'hémodialyse, c'est envisageable et envisagé et j'irais même jusqu'à dire en déploiement», a lancé le ministre.

Quant au réaménagement de la superficie actuelle de l'urgence, soit de 558m2, il comprend notamment les secteurs des aires d'inscription et de triage, l'aire d'attente et divers locaux, dont les bureaux clinico-administratifs.

Les travaux préparatoires sont déjà lancés. Le projet est à l'étape des plans et devis. Selon l'échéancier projeté, l'appel d'offres devrait être publié au printemps 2017 en vue d'une livraison des nouveaux locaux au printemps 2019.

«Ce projet viendra pratiquement doubler la superficie actuelle de l'urgence en plus de la réaménager de façon à optimiser son fonctionnement et la qualité et la sécurité des soins et services qui y sont offerts. En matière de sécurité, par exemple, il assurera une meilleure prévention des infections et permettra au personnel soignant une observation continuelle de l'usager qui évolue dans le service», a déclaré le ministre Barrette.

Sur le plan financier, ce projet représente un investissement global de près de 12 566 000 $, assumé en majeure partie par le ministère de la Santé et des Services sociaux, à même l'enveloppe réservée pour ce projet dans le cadre du Plan québécois des infrastructures. Pour sa part, le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec y contribuera pour une somme de 384 000 $.

Une excellente nouvelle pour les citoyens du Haut Saint-Maurice selon la députée de Laviolette.

«Assurément que pour le personnel, ce sera un plus dans leur quotidien en termes de qualité de travail et d'environnement de travail. Je crois que tout le monde est gagnant, mais les grands gagnants aujourd'hui, ce sont les citoyens du Haut Saint-Maurice», a mentionné Julie Boulet.

Une annonce qui réjouit l'ancien président du conseil d'administration de l'établissement. «C'est une très bonne nouvelle pour la population du Haut Saint-Maurice. Les paroles du ministre ont été très rafraîchissantes. [...] Il y a une phrase très importante qui a été dite, c'est qu'on conserve le centre primaire en traumatologie. Il y a aussi une lueur d'espoir pour l'hémodialyse», a souligné Jacques Fraser.

Ce dernier avait mentionné, lors de la création du CIUSSS, qu'il fallait s'assurer de garder les services à La Tuque. Il croit que cette annonce est rassurante. Toutefois, il préfère attendre la première pelletée de terre avant de sauter de joie.

«Aujourd'hui, on vient d'allumer la lumière et ça donne de l'espoir à la population pour de meilleurs locaux et de meilleurs équipements», a commenté M. Fraser.

Cette fois-ci devrait être la bonne selon le ministre Barette qui «ne fait pas d'annonce qui ne se réalisera pas».

Il a d'ailleurs souligné l'insistance de la députée de Laviolette dans ce dossier.

«Elle est venue me voir plusieurs fois, et Julie a défendu ce dossier qui était une évidence pour moi. [...] Aujourd'hui, comprenez-moi bien, le projet est irréversible», a-t-il mentionné.

Services ambulanciers à La Tuque: Barrette réagit

Le délai de réponse des ambulanciers a fait souvent la manchette dans les dernières années dans le Haut Saint-Maurice. Il en a été question lors du passage du ministre de la Santé Gaétan Barrette à La Tuque.

Le ministre a souligné durant son allocution sur le projet d'agrandissement et de réaménagement de l'urgence que «pour récupérer d'un AVC, les chances de récupération sont directement proportionnelles au temps d'intervention».

Les revendications du directeur général de la banque des techniciens ambulanciers du Québec (BTAQ) à La Tuque sont directement reliées aux délais d'intervention.

Yvan Frenette dénonce depuis plusieurs années que le temps de réponse de 13 minutes, dans des conditions idéales, au centre-ville de La Tuque est inacceptable.

Il aimerait que l'horaire de faction 7/14, où les ambulanciers attendent chez eux d'être prévenus d'une urgence, soit changé pour un horaire à l'heure.

Le ministre Barrette s'est prononcé tout en soulignant au passage qu'il fallait être prudent puisqu'il y a «des gens qui ont des intérêts qui sont d'un autre ordre que celui du patient».

«Le rapport Ouellet a été déposé duquel il y a 156 recommandations et qui faisait un état de la situation telle que ça nécessitait une intervention. Il y a clairement des améliorations à apporter à nos services préhospitaliers d'urgence. Il y a clairement une problématique de gestion et de coûts-bénéfice qui est réelle», a souligné M. Barrette.

D'ailleurs des travaux ont été entrepris avec les intervenants des services préhospitaliers d'urgence en lien avec le rapport titré Urgence d'agir.

«Il y a les coopératives, les entreprises privées, des corporations... Il y a un certain nombre d'intérêts qui ne sont pas convergents. Pour moi, ce qui est convergent, c'est l'intérêt du public», a insisté le ministre.

«On commence des travaux qui vont nous amener quelque part dans l'esprit du rapport Ouellet et cette problématique que vous évoquez en fait partie. Ça va se régler dans le cadre de l'ensemble de cette oeuvre-là sur le territoire du Québec et non dans une seule région», a conclu M. Barrette.

Stationnement du CSSSHSM: «C'est un processus qui évolue»

La saga du stationnement n'est toujours pas terminée au Centre de santé et des services sociaux du Haut Saint-Maurice. Le dossier qui avait soulevé la grogne à la Fondation du CSSSHSM est toujours à l'étude.

«C'est un processus qui évolue actuellement. J'ai eu plusieurs discussions avec Mme Voyer [présidente de la Fondation]. Je suis venu les rencontrer en personne. Ils m'ont présenté plusieurs variables», a souligné Martin Beaumont, président-directeur général du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Ce dernier leur a signifié qu'il allait prendre le temps de regarder l'ensemble des éléments en plus d'adresser certaines questions au ministère. «Les questions de la Fondation ici sont très pertinentes, mais on veut s'assurer de bien faire les choses. Tant qu'à le faire, s'il y a de nouvelles directives ministérielles qui sortent, on ne sera pas obligé de faire un 180 degrés», a expliqué M. Beaumont.

«Actuellement, il y a une démarche panquébécoise pour réussir à harmoniser le tout. On est content de la contribution de la Fondation, il n'y a aucun doute, mais je pense qu'on est contraint à respecter les règles. Il y a un contexte particulier ici et on travaille avec une grande ouverture d'esprit à rendre tout le monde content», a-t-il ajouté.

Rappelons que la gestion du stationnement, c'est-à-dire l'aménagement, la sécurité, le déneigement sont désormais sous la responsabilité du CIUSSS. «L'ensemble des revenus est toujours octroyé à la Fondation comme c'était avant. Cela n'a pas changé. On maintient cette espèce de cohabitation actuellement jusqu'à ce qu'on ait des directives plus claires», a affirmé Martin Beaumont.

Rappelons que les revenus du stationnement du CSSSHSM représentent environ 95 % du financement de la Fondation. La présidente, Isabelle Voyer, s'était dite très inquiète pour l'avenir de la Fondation sans cet argent. «La Fondation n'émettra aucun commentaire sur les derniers événements tant que le dossier avec les dirigeants du CIUSSS-MCQ ne sera pas réglé», a commenté Caroline Bérubé, membre du C.A. de la Fondation.

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