Services supralocaux: «Les dommages collatéraux s'accumulent»

Le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler, arbore maintenant... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler, arbore maintenant fièrement le chandail officiel du Boum, équipe de l'Association de hockey mineur de Saint-Boniface. Son président, Daniel Tremblay, participait aussi à l'annonce officielle de mercredi matin.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Notre-Dame-du-Mont-Carmel) Les enfants de Notre-Dame-du-Mont-Carmel qui voudront jouer au hockey dans une catégorie simple lettre devront se rendre à l'aréna de Saint-Boniface en 2016-2017. L'entente entre la Municipalité et l'association de hockey mineur a officiellement été signée en fin de matinée mercredi.

Arborant fièrement son chandail du Boum de Saint-Boniface, le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler, a profité de l'occasion pour lancer un message à son homologue de Shawinigan au sujet du dossier des services supralocaux, à l'origine de cette décision déchirante.

«Je crois sincèrement que ce faux débat a assez duré et que le transfert des jeunes joueurs de hockey est une autre preuve que les citoyens des municipalités entourant Shawinigan ont d'autres options», lance-t-il. «Les habitudes de consommation de plusieurs ont déjà changé et je les comprends.»

«Nous n'abusons pas de Shawinigan, nous participons à son économie et à son développement. Les dommages collatéraux s'accumulent à tous les jours, certains deviendront des cicatrices difficiles à effacer. Si les demandes de Shawinigan ne créent que des perdants, que des mécontents, et ce dans toute la Mauricie, même à Shawinigan, pourquoi poursuivre dans cette direction?»

Dans l'esprit de M. Dostaler, il ne fait aucun doute qu'à long terme, les commerçants de Shawinigan encaisseront des effets négatifs de la volonté de la Ville à vouloir être compensée pour ses services supralocaux.

«Je demande aujourd'hui aux élus de Shawinigan d'être raisonnables et humbles et d'ouvrir les bras aux citoyens étrangers», adresse-t-il. «On dit que l'erreur est le meilleur des professeurs, vous avez encore une chance inouïe de redonner à Shawinigan toute la prestance et le rayonnement régional qui lui revient.»

En entrevue, M. Dostaler se défend d'entretenir une guerre d'ego avec Michel Angers.

«Depuis le début de ce dossier, mon but est de trouver une solution pour l'entièreté de la population de Notre-Dame-du-Mont-Carmel», explique-t-il. «Depuis le début, mes citoyens me disent qu'ils sont contre la demande de la Ville de Shawinigan. C'était extrêmement important que les jeunes aient un endroit où jouer l'an prochain et que les parents soient capables de payer. On était dans un cul-de-sac. La Ville de Shawinigan ne veut pas bouger. Elle veut que notre population paie le juste prix pour que ce soit équitable avec la population de Shawinigan. Ce n'est pas mon ego qui est en jeu, mais le bien-être de mes citoyens.»

Coûts moindres

Tel qu'annoncé en séance publique lundi soir, l'entente signée entre Notre-Dame-du-Mont-Carmel et l'Association de hockey mineur de Saint-Boniface entre en vigueur dès la saison 2016-2017. Elle a été signée en présence du président de Hockey Mauricie, André Ricard.

Les parents de Notre-Dame-du-Mont-Carmel bénéficieront d'une économie de 25 % à l'inscription pour la prochaine saison. Lors de la dernière campagne avec l'Association de hockey mineur de Shawinigan-Sud, ils devaient payer 435 $, soit 235 $ pour l'inscription et la moitié d'une surtaxe de 400 $ applicable aux résidents de l'extérieur. L'autre 200 $ était assumé par la Municipalité.

À Saint-Boniface, les coûts sont établis à 425 $ pour le premier enfant. Notre-Dame-du-Mont-Carmel soulagera les parents d'un montant de 100 $, leur laissant ainsi une facture de 325 $.

Étrangement, M. Dostaler confirme qu'aucune démarche formelle n'a finalement été entreprise avec l'Association de hockey mineur de Saint-Louis-de-France pour le transfert des jeunes.

«Les heures de glace semblaient limitées», commente le maire. «De plus, s'il y a un nouvel aréna à Trois-Rivières, est-ce que les jeunes resteront encore longtemps à Saint-Louis-de-France? Je croyais plus sûr, pour nos jeunes, d'avoir leur place à Saint-Boniface.»

De son côté, André Ricard s'était déplacé à la conférence d'information, même si Hockey Mauricie n'a pas voulu se mêler de ce dossier politique. 

«C'est dérangeant, oui et non, parce qu'on négocie quand même avec les municipalités pour avoir des heures de glace», commente-t-il. «Mais je comprends très bien les gens de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Je me suis informé à Hockey Québec et nous avons su que des différends semblables ont déjà impliqué deux régions! On nous a demandé de ne pas nous ingérer là-dedans. On veut que tous les jeunes s'amusent et qu'ils aient leur place.»

Aménagements mineurs à Saint-Boniface

Quand une association de hockey mineur gonfle de 50 % son nombre de participants d'un seul coup, on peut dire que le père Noël se pointe le bout du nez avant l'heure. Pour Daniel Tremblay, il ne sera pas si compliqué de faire une place aux quelque 75 enfants de Notre-Dame-du-Mont-Carmel l'an prochain, même si le vrai test se déroulera évidemment lors des inscriptions, à la fin de l'été.

«Je ne cacherai pas que ça a un impact positif pour nous», sourit le président de l'Association de hockey mineur de Saint-Boniface. «Malheureusement, ça aura un impact à l'Association de hockey mineur de Shawinigan-Sud et j'en suis désolé. De notre côté, nos jeunes pourront jouer dans les bonnes catégories. Nous aurons un peu plus d'équipes et un plus grand bassin de joueurs.»

Les équipes de loisirs adultes subiront quelques inconvénients à la suite de ce branle-bas, en jouant une demi-heure ou une heure plus tard que cette année. «Il y aura de petits irritants pour certains, mais on ne mettra personne dehors», résume-t-il.

En ce qui concerne les heures des séances d'entraînement, M. Tremblay précise qu'elles débutent bien à 17 h, mais que les jeunes peuvent sauter sur la glace dès 16 h 30 s'ils veulent arriver plus tôt et qu'un entraîneur est disponible. L'Association de hockey mineur de Saint-Boniface prône une participation très active des enfants, avec plusieurs ateliers sur la glace en même temps pour les novices et les atomes.

«C'est sûr que ça va créer des réactions, parce que c'est de la nouveauté», comprend le président. «On s'appelle les Finlandais de la Mauricie! Notre recette est éprouvée. Je suis convaincu que les gens de Notre-Dame-du-Mont-Carmel vont bien s'intégrer.»

Et les jeunes qui devront quitter leurs amis?

«Les enfants s'adaptent beaucoup plus facilement que les adultes», fait remarquer le porte-parole. «Le discours du parent va être important. S'il laisse sentir qu'il n'a pas le goût d'aller à Saint-Boniface, le jeune n'aura pas le goût. Je demande aux parents de Notre-Dame-du-Mont-Carmel de l'essayer pendant un an.»

M. Tremblay ne craignait pas que des pressions fassent fléchir le conseil municipal de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Lundi soir en assemblée publique, plusieurs personnes souhaitaient que les élus se donnent une autre année pour négocier une entente avec Shawinigan et que si le cul-de-sac persistait, la voie vers Saint-Boniface deviendrait plus compréhensible.

«Il n'y avait pas d'obligation que les jeunes de Notre-Dame-du-Mont-Carmel viennent chez nous», fait remarquer M. Tremblay. «Nous avons déjà une association de hockey mineur qui vit bien. Notre bassin de joueurs est en augmentation. S'ils étaient restés à Shawinigan-Sud, j'aurais été très heureux pour eux.»

«On m'a demandé combien ça coûtait pour jouer chez nous et si nous étions capables de les accueillir», résume le président. «Pour le reste, les gens ont fait leur choix.»

Sérénité

À l'Association de hockey mineur de Shawinigan-Sud, le président, André Baker, accuse le coup avec calme.

«Nous avons transmis nos points positifs aux parents, mais l'idée de Luc (Dostaler) était pas mal faite depuis le début», raconte-t-il. «Il n'y avait pas grand-chose à faire. Je voulais bien garder les gens, mais je n'avais pas de contrôle là-dessus. On est pris avec la situation.»

M. Baker prétend avoir reçu une dizaine de courriels de parents qui cherchent des moyens pour demeurer du côté de Shawinigan. Des demandes de libération peuvent être transmises à Hockey Mauricie; reste à savoir ce que l'organisation en fera.

En principe, l'Association de hockey mineur de Shawinigan-Sud passerait de 300 à 230 membres l'an prochain. M. Baker estime à au moins 12 000 $ la perte de revenus provoquée par cette saga.

«Je suis serein là-dedans, parce que nous avons fait ce que nous avions à faire», se dit-il. «Nous avons investi beaucoup de temps à rencontrer les gens dans ce dossier. Maintenant, on va gérer le reste. On ne va pas tenter de récupérer ces gens à tout prix; c'est complètement politique.»

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