Nemaska Lithium à Shawinigan: une décision qui rapporte 20 millions $

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Le président et chef de la direction de l'entreprise, Guy Bourassa.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La décision de Nemaska Lithium d'intégrer les installations de l'ancienne papeterie Laurentide plutôt que de s'installer à Salaberry-de-Valleyfield, tel que prévu en 2013, permet à la jeune société de dégager des économies de 20 millions de dollars, estime le président et chef de la direction de l'entreprise, Guy Bourassa.

Cette information est issue de la mise à jour de l'étude de faisabilité qui avait été réalisée en mai 2014, dans l'éventualité d'une implantation en Montérégie. La direction avait toujours expliqué sa décision de bifurquer vers Shawinigan par les économies substantielles obtenues par les infrastructures disponibles. La nouvelle version de cette étude de faisabilité permet de les quantifier avec plus de précision.

«Ça nous sauve à peu près 20 millions $», explique M. Bourassa. «Nous avions d'abord estimé que ce serait un peu plus que ça, honnêtement. Même si les bâtiments nous avaient été offerts à 10 ou 15 millions $, on ne serait même pas venu ici. Nous n'avions aucune raison de faire ça, surtout si on avait su que ça allait prendre 18 mois avant que ça se concrétise !»

Les premiers contacts entre la Ville et Nemaska Lithium remontent à l'automne 2014. Un coût d'acquisition de deux millions de dollars, qui comprenait un accès au chemin de fer et des installations industrielles en excellent état, a séduit l'entreprise de Québec.

Dans l'étude de faisabilité de 2014, les paramètres de coûts pour l'usine d'hydrométallurgie étaient estimés à 309,1 millions $. Dans la version rendue publique lundi, ces montants demeurent dans les mêmes eaux, à 310,2 millions $. M. Bourassa explique toutefois que la ventilation des coûts permet de trouver l'économie.

«Le bâtiment à Salaberry-de-Valleyfield, la préparation du terrain, la voie ferrée, l'entrée du gaz naturel, les travaux civils: nous en avions pour 38 millions $», décortique-t-il. «Dans l'étude de faisabilité actuelle, pour mettre les bâtiments dans l'état dont nous avons besoin, nous en avons pour 18 millions $. La présence du chemin de fer, des voies d'accès, des lignes électriques, du gaz naturel expliquent le fait qu'on baisse de 20 millions $.»

Si, au bout du compte, l'estimation totale des deux projets n'a pratiquement pas bougé entre 2014 et 2016, c'est que Nemaska Lithium profitera de cette marge pour procéder à de précieuses acquisitions.

«Une fois qu'on comprend qu'on baisse de 20 millions $, nous avons décidé d'ajouter des équipements de production», précise-t-il. «Nous avons travaillé sur l'optimisation du procédé, résultant ainsi une réduction importante du coût de production pour être encore plus compétitif. Ça a donc amené un ajout d'équipements d'environ 20 millions $. Si j'étais resté à Salaberry-de-Valleyfield, ça m'aurait coûté 20 millions $ de plus.»

L'étude de faisabilité recèle beaucoup d'informations sur cet ambitieux projet. Ainsi, Nemaska Lithium prévoit que la mine Whabouchi pourra être exploitée pendant 26 ans et produira des recettes de 9,2 milliards $, pour une moyenne de 354 millions $ par année. M. Bourassa tient à préciser que les installations de Shawinigan pourront être utilisées bien au-delà de l'exploitation de la mine, puisque le concentré de spodumène de partout à travers le monde pourra y être transformé.

Tout de même, au cours des 26 ans d'exploitation anticipés, ce projet minier entraînerait des retombées de 2,3 milliards de dollars en impôt fédéral (805 millions $) et provincial (639 millions $), de même qu'en redevances versées au trésor public (825 millions $).

Les dépenses totales en immobilisations, en incluant le projet minier et le complexe industriel à Shawinigan, atteindraient 549 millions de dollars. L'étude estime qu'il ne faudra que 2,4 ans pour récupérer les capitaux investis, alors qu'en 2014, elle prévoyait 3,7 ans pour des investissements alors estimés à 500 millions $.

L'entreprise estime à 23,3 millions $ la valeur des salaires annuels qui seront versés sur une période de 26 ans, un montant partagé à peu près également entre les employés de la mine et ceux des usines de Shawinigan.

Notons que les impacts de la phase 1 ne sont pas pris en considération dans l'étude de faisabilité. Ce qui signifie que si tout se déroule comme prévu, la réalisation du complexe industriel de Nemaska Lithium à Shawinigan impliquera des investissements totaux de 348 millions $ d'ici 2018.

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