Manifestation des centres de femmes: «Condamné» pour violence économique

Environ 25 représentantes de six centres de femmes... (Stéphane Lessard)

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Environ 25 représentantes de six centres de femmes de la région ont pris part à la manifestation devant le palais de justice de Trois-Rivières.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le gouvernement du Québec a été «condamné», mardi, pour violence économique à l'endroit des femmes dans le cadre d'un bref «procès» mis en scène devant le palais de justice de Trois-Rivières par six centres de femmes de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

L'activité visait en fait à sensibiliser la population et les élus de la région - qui n'étaient pas au rendez-vous malgré les invitations - aux effets néfastes des restrictions budgétaires massives sur la santé financière, voire physique des femmes. D'autres manifestations du genre seront organisées au Québec dans le cadre de la Semaine d'actions des Centres de femmes du Québec qui sont au nombre d'une centaine au Québec.

France Lavigne, coordonnatrice des communications de la vie associative au Centre de femmes de Shawinigan, indique qu'un document réalisé par L'R des Centres des femmes et intitulé Reculs des conditions de vie des femmes au Québec en 2015 indique que les mesures d'austérité appliquées par le gouvernement Couillard depuis deux ans représentent «de la violence économique envers les femmes», explique-t-elle.

Ce sont les femmes qui subissent les principales coupes au niveau des programmes sociaux et des services publics, indique le document. Ces restrictions ont un effet, indique Mme Lavigne, «sur les emplois à prédominance féminine.»

«Pendant ce temps-là, on investit dans les ressources naturelles, la haute technologie et le transport aérien où les emplois sont à prédominance masculine», dit-elle. «On n'est pas contre ces investissements-là. En même temps, on voit bien que c'est encore une fois les femmes qui paient le prix au niveau des politiques d'austérité. C'est ce que dit le document que nous lançons cette semaine dans les régions», résume-t-elle.

À la suite des coupes imposées par Québec, «les femmes ont rapidement réalisé que leurs enfants reçoivent moins de soutien scolaire, que leurs parents malades reçoivent moins de services et qu'elles-mêmes ou leurs proches perdent leur emploi en même temps que le coût de l'épicerie augmente», indique le document.

L'R des Centre de femmes estime que les politiques d'austérité de Québec «limitent la capacité des femmes à satisfaire leurs besoins de base, elles augmentent leur chômage et diminuent leur autonomie économique.»

L'R des Centres de femmes croit que les mesures d'austérité de Québec ont plongé beaucoup de femmes dans des situations financières précaires au point où elles doivent choisir entre payer Hydro-Québec et manger. L'organisme fait valoir que le prix des aliments grimpe sans cesse au point d'empêcher les femmes de se nourrir convenablement. Dans ce contexte, l'austérité vient donc hypothéquer leur santé. Un sondage réalisé par l'R indique en effet que «15 % des femmes doivent diminuer la qualité et la quantité de nourriture.»

«Les revenus n'augmentent pas, les dépenses augmentent toujours», fait valoir Mme Lavigne. «Les femmes subissent des coupes dans les services de garde, perdent leur emploi au niveau des services publics. Et l'on ne renouvelle pas les projets au niveau de l'aide face aux femmes dans les organismes communautaires», déplore la porte-parole.

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