La Garde côtière manquerait de moyens et de soutien politique

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C'est le chantier maritime Seaspan, de Vancouver, qui doit construire les nouveaux navires de la Garde côtière.

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Murray Brewster
La Presse Canadienne
Ottawa

La Garde côtière manque cruellement d'effectifs et de nouveaux navires, mais aussi de soutien politique, indique un rapport préparé pour Transports Canada et discrètement déposé à la Chambre des Communes.

L'analyse exhaustive de tout le réseau de transports du Canada avait été soumise au gouvernement de Justin Trudeau en décembre mais le rapport n'a pas été déposé aux Communes avant la fin de février.

Le document rapporte que le taux de maintenance non planifiée en ce qui concerne le vieillissement des navires de la Garde côtière a monté en flèche en 2014.

Ce rapport conclut que les navires de la Garde côtière, dont les brise-glaces nordiques, sont en service depuis 34 ans en moyenne. Or, la fameuse Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale d'Ottawa ne permettrait pas de renouveler assez rapidement cette flotte vieillissante, estime-t-on.

Le rapport, reçu par le ministre Marc Garneau, note aussi que les fonctionnaires ont les mains liées en matière d'approvisionnement, car ils sont tenus de faire construire les nouveaux navires au Canada. Ils ne peuvent non plus recourir à la sous-traitance ou à la location de navires pour combler temporairement des besoins urgents.

La Garde côtière est du ressort du ministère des Pêches et Océans, où personne n'était disponible dans l'immédiat, lundi, pour commenter le rapport.

C'est le chantier maritime Seaspan, de Vancouver, qui doit construire les nouveaux navires de la Garde côtière. Les chantiers Irving, en Nouvelle-Écosse, ont décroché de leur côté les contrats pour la construction des nouveaux navires militaires.

Le rapport avertit que les services garde-côtes de déglaçage dans l'Arctique sont en baisse, alors que le trafic maritime est en hausse dans cette région. Il blâme le nombre de pannes causées par le sous-financement en matière d'entretien mécanique. Un sous-financement causé par les conservateurs et une négligence générale par les politiciens à Ottawa, peut-on y lire.

Le premier d'une série de vaisseaux scientifiques est actuellement en construction, mais le plus important projet, un brise-glaces, n'est pas prévu d'ici 2020-2021.

Le mois dernier, le chantier maritime Davie, à Lévis, qui avait été mis de côté dans la stratégie fédérale, avait déposé une proposition sur le bureau de la ministre fédérale des Services publics et de l'Approvisionnement Judy Foote. Il s'agissait d'une proposition non sollicitée d'une valeur d'environ 1,7 milliard $ pour la construction d'une flotte de brise-glaces et de navires pour la Garde côtière. Le plan a été rejeté par le gouvernement libéral.

Le professeur à l'Université de la Colombie-Britannique et spécialiste de la Défense, Michael Byers, a dit que les libéraux devaient retourner en arrière pour réexaminer les besoins du pays. Le rapport Emerson peut lancer un signal d'alarme, selon lui.

M. Byers a dit que le gouvernement conservateur avait pris la décision d'y aller avec deux chantiers en 2011. À cette époque, le chantier maritime Davie, était prêt à recevoir les commandes, mais il a depuis été acheté par des étrangers.

«Le gouvernement doit se questionner sur le modèle des deux chantiers. Il a récemment réaffirmé cet engagement, mais je pense que c'était une erreur», a-t-il conclu.

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