Transfert des hockeyeurs de Mont-Carmel à Saint-Boniface: de la parole aux actes

Le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler, passe de... (François Gervais)

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Le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler, passe de la parole aux actes.

François Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La Municipalité de Notre-Dame-du-Mont-Carmel signera, mercredi matin, une entente avec l'Association de hockey mineur de Saint-Boniface pour y transférer les jeunes adeptes de ce sport dès la saison 2016-2017. Le maire, Luc Dostaler, passe ainsi de la parole aux actes, dans ce qui pourrait constituer un point tournant dans les négociations entourant les services supralocaux de Shawinigan.

Depuis toujours, les enfants de Notre-Dame-du-Mont-Carmel s'inscrivent à l'Association de hockey mineur de Shawinigan-Sud pour pratiquer leur sport favori. L'impasse dans le dossier des services supralocaux a toutefois incité les élus à analyser d'autres solutions. La construction d'un centre multifonctionnel a été envisagée, de même qu'un partenariat avec l'Association de hockey mineur de Saint-Louis-de-France, qui n'a finalement jamais été contactée. La Municipalité se tournera donc vers Saint-Boniface.

Les détails seront dévoilés le 6 avril et il est déjà acquis que Hockey Mauricie ne mettra pas les bâtons dans les roues de ce nouveau partenariat. Le président, André Ricard, convient qu'il s'agit d'une situation exceptionnelle.

«J'ai consulté Hockey Québec, car c'est la première fois qu'une chose comme ça nous arrive», commente-t-il. «On m'a dit que lorsqu'il s'agit d'ententes municipales, on ne se mêlait pas de ça. C'est un dossier politique.»

En principe, cette entente ne touche pas le bassin de double lettre, puisque Saint-Boniface et Notre-Dame-du-Mont-Carmel font partie de Shawinigan. L'issue des négociations sur les services supralocaux déterminera sans doute les coûts pour cette clientèle.

Par contre, M. Ricard espère que cette décision n'entraînera pas de conséquences fâcheuses sur les inscriptions. Cette année, 75 enfants de Notre-Dame-du-Mont-Carmel étaient affiliés à l'Association de hockey mineur de Shawinigan-Sud.

«La seule inquiétude qu'on peut avoir, c'est de se demander si tous les jeunes vont suivre», convient le président de Hockey Mauricie. «On va voir l'impact dès la première année. On va sûrement en perdre sur le lot, parce que des parents ne voudront pas faire le trajet.»

D'autant plus que les importants travaux de réfection au barrage La Gabelle en 2016-2017 forceront un détour par Shawinigan.

André Ricard, président de Hockey Mauricie.... (Sylvain Mayer) - image 2.0

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André Ricard, président de Hockey Mauricie.

Sylvain Mayer

Précipité

Le 22 mars, le maire de Shawinigan, Michel Angers, s'est présenté devant des parents de hockeyeurs de Notre-Dame-du-Mont-Carmel pour expliquer sa position dans le dossier des services supralocaux. Il comprend mal cet empressement à s'entendre avec une autre municipalité, puisque si le ministre Martin Coiteux mandate la Commission municipale du Québec de réaliser une étude, ses recommandations ne devraient pas être connues avant le début de la prochaine saison. En principe, les jeunes de Notre-Dame-du-Mont-Carmel pourraient donc s'inscrire à l'Association de hockey mineur de Shawinigan-Sud aux mêmes conditions que cette année en 2016-2017.

«Quand j'ai rencontré les parents, j'ai senti qu'ils étaient loin, loin d'être heureux de cette situation», relate M. Angers. «Je pense que les jeunes et les parents seront perdants, là-dedans. Ce soir-là (le 22 mars), j'ai entendu des cris du coeur. J'ai entendu des parents dire que leurs jeunes ne joueraient plus au hockey.»

«Dans les décisions que je prends comme maire de Shawinigan, je tiens toujours compte de la jeunesse, des goûts et des priorités des gens», ajoute-t-il. «Ça, c'est être à l'écoute de son monde. Il ne faut pas mélanger les intérêts politiques avec ceux de nos jeunes familles. Moi, j'ai déjà changé d'idée parce qu'un groupe de citoyens me le demandaient. On peut bien vouloir gagner politiquement un point de vue, mais je ne le ferai jamais au détriment de nos familles et de nos jeunes.»

Selon l'étude réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton, la compensation recherchée par Shawinigan pour l'utilisation des services supralocaux atteignait près de 540 000 $, sans compter les montants déjà payés par les gens de l'extérieur. Or, la seule part provenant des amateurs de sports de glace de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, principalement des joueurs de hockey, frise les 200 000 $. Il s'agit donc d'un très gros morceau.

Malgré tout, M. Angers ne considère pas que le dossier des services supralocaux s'enlise.

«La Ville de Shawinigan est de bonne foi depuis le début. Nous sommes une institution publique qui rend des services à des populations. On ne peut pas faire une sélection de ce qu'on veut et de ce qu'on ne veut pas. Ces services sont utilisés par des gens! Qu'on ne reconnaisse pas que des services supralocaux existent... Je vais laisser faire la Commission municipale du Québec. Si elle nous dit qu'on est complètement dans le champ, on va rentrer dans nos terres et ça va être réglé. Moi, j'accepte d'avance sa décision.»

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