Signalements aux Centres jeunesse: des délais inacceptables, selon le syndicat

Claude Audy, vice-président de la FSSS-CSN, et Manon... (François Gervais)

Agrandir

Claude Audy, vice-président de la FSSS-CSN, et Manon Hamel, présidente du Syndicat des employés du Centre jeunesse Mauricie et Centre-du-Québec.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Les nombreuses coupes budgétaires subies par les Centres jeunesse au cours des dernières années ont entraîné des délais jugés inacceptables dans le traitement des signalements en Mauricie et au Centre-du-Québec. C'est du moins ce que dénoncent le Syndicat des employés du Centre jeunesse de la région et la CSN.

En conférence de presse, jeudi matin, les deux organismes ont fait savoir que le délai moyen de traitement d'un signalement dans la région, entre le moment où le signalement est fait et où l'intervenant rencontre pour la première fois le jeune ou sa famille est de près de 27 jours. Or, ce délai moyen ne devrait pas dépasser huit jours. Et comme il s'agit de moyennes, le syndicat rappelle que les cas qui sont jugés moins urgents, codés 3 dans le jargon du métier, peuvent connaître des délais beaucoup plus longs.

«Nous avons été mis au courant d'un cas qui avait pris environ 6 mois avant que le contact soit établi», rapporte Manon Hamel, présidente du Syndicat des employés du Centre jeunesse de la région. 

Selon elle, ces délais qu'elle juge déraisonnables entraînent souvent l'aggravation du problème qui était signalé au départ, si bien que l'intervention auprès du jeune peut s'avérer plus complexe, plus longue, et parfois même devoir être codée plus prioritaire.

«Ça fait en sorte que nos jeunes, lorsqu'on les prend en charge, ils sont plus poqués qu'ils ne l'étaient lors de l'appel initial. On n'agit pas du tout en prévention», constate Claude Audy, vice-président de la FSSS-CSN. Il ajoute que le personnel se retrouve ainsi à bout de souffle, souvent découragé de ne pouvoir bien effectuer le travail pour lequel ils sont spécialisés. Un fait qui a été remarqué notamment dans l'augmentation constante du taux d'assurance salaire des employés concernés.

Le syndicat plaide non seulement pour que cessent les coupes budgétaires, mais également pour un réinvestissement massif dans les Centres jeunesse. Entre 2010 et 2014, les centres au Québec ont subi des compressions de l'ordre de 50 M$. Depuis l'an dernier, le Centre jeunesse de la région relève du nouveau CIUSSS-MCQ, et le syndicat s'inquiète de voir arriver de nouvelles compressions de l'ordre de 34 M$ dans l'établissement. «On ignore encore quelle sera la part de compression exigée du Centre jeunesse», mentionne Claude Audy.

Appelée à réagir à ces propos, la directrice du Centre jeunesse Mauricie et Centre-du-Québec, Gina Landry, rappelle que les cas urgents, codés 1 ou 2, qui portent atteinte à l'intégrité physique d'un enfant, sont non seulement traités dans les délais raisonnables, mais sont souvent pris en charge immédiatement ou dans les 24 heures suivant l'appel. Elle reconnaît toutefois l'existence d'un certain délai d'attente pour les cas jugés moins prioritaires, mais précise que ces cas ne sont pas pour autant laissés à eux-mêmes.

«On met en place ce qu'on appelle un filet de sécurité. On s'assure, par exemple, que le jeune a dans son entourage des gens qui peuvent lui apporter un soutien positif en attendant», explique-t-elle, en soulignant que les délais et les types d'intervention sont toujours au cas par cas.

Mme Landry n'était pas en mesure de s'avancer sur des possibles coupes à venir au Centre jeunesse, rappelant que le budget du CIUSSS faisait encore l'objet d'une analyse globale. Elle rappelle par ailleurs que les professionnels du Centre jeunesse vivent dans leur travail des situations lourdes et complexes, mais peuvent aussi vivre des situations difficiles dans leur vie privée. 

«On s'efforce de mettre en place du soutien quand on sent nos professionnels plus fragilisés, car ils sont importants», confirme Mme Landry, qui ajoute que la direction se dit soucieuse du sort des enfants qui font l'objet d'un signalement, et qu'elle considère leur bien-être comme une responsabilité collective.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer