Décès de Jean Lapierre: «C'était un gars du peuple»

«Jean Lapierre s'est distingué par son grand attachement... (Photo Sylvain Mayer, archives Le Nouvelliste)

Agrandir

«Jean Lapierre s'est distingué par son grand attachement à la vie publique» - Jean Chrétien

Photo Sylvain Mayer, archives Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Le décès du chroniqueur politique Jean Lapierre a créé une onde de choc également dans la région, autant dans le monde politique que dans l'industrie des médias.

«Il avait un esprit vif et il était... (François Gervais) - image 1.0

Agrandir

«Il avait un esprit vif et il était toujours très bien préparé» - Louis Plamondon

François Gervais

Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, a tout d'abord connu M. Lapierre comme adversaire en 1984. L'un était avec le Parti progressiste-conservateur et l'autre chez les libéraux.

«Il avait des questions assassines. Il avait le don de tourner une réponse d'un ministre par une simple phrase ou une expression. Il avait un esprit vif et il était toujours très bien préparé», se rappelle le politicien, qui a ensuite uni ses forces à M. Lapierre dans la

fondation du Bloc québécois dans la foulée du Lac Meech et de l'accession à la direction de Jean Chrétien.

«Il croyait à une réforme de la constitution canadienne, mais il n'était pas souverainiste. C'était un disciple de (Robert) Bourassa.»

C'est finalement comme chroniqueur politique que les deux se sont croisés dans les dernières années.

«Comme il assistait aux congrès politiques de tous les partis, on se côtoyait souvent. Je garde un très bon souvenir de lui», souligne le vétéran de la politique.

L'ancien premier ministre Jean Chrétien a lui aussi rendu hommage à M. Lapierre, même si les deux hommes ont eu maille à partir chez les libéraux.

«Aline et moi désirons offrir nos sympathies aux familles, aux amis et aux collègues de toutes les victimes dont l'ancien député et ministre Jean Lapierre et sa conjointe Nicole. Que ce soit comme ancien collègue à la Chambre des communes, au Cabinet ou comme personnalité publique,

Jean Lapierre s'est distingué par son grand attachement à la vie publique. Il était trop jeune pour nous quitter. Nous pensons particulièrement à ses enfants ainsi qu'à la mère de Jean qui doivent vivre des moments terriblement difficiles. Nos prières leurs sont destinées.»

Les auditeurs en deuil

Catherine Gaudreault s'entretenait avec Jean Lapierre pendant une dizaine de minutes quotidiennement lors des trois dernières années sur les ondes du 106,9 FM. L'animatrice en gardera un souvenir impérissable.

«Chaque matin, c'était le même bonheur. Tu pouvais le lancer sur n'importe quoi et il te relançait la balle. Il était très simple. Je lui ai parlé hier (lundi), puisque son père était décédé. J'ai pris la peine de lui lâcher un coup de fil. Tantôt je ne réalisais pas que Jean ne sera plus avec nous. Toute l'équipe est très touchée», soupire l'animatrice matinale. 

«Il vient d'une région et ça paraissait. Oui, il y a les grands marchés, mais il tenait compte de la réalité et il faisait des liens avec les enjeux de Trois-Rivières. C'était important pour lui.»

M. Lapierre a fait une pause dans sa carrière médiatique pour revenir en politique au milieu des années 2000. C'est à ce moment que le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque l'a rencontré. Depuis, ils se sont croisés à quelques reprises, le tout menant à des discussions des plus cordiales.

«Lors de la campagne de Paul Martin en 2006, c'est lui qui avait sollicité une rencontre avec moi pour que je me présente. Je m'étais rendu à Montréal et nous avions passé quelques heures ensemble. C'était quelqu'un d'exemplaire. Nous nous étions vus lors du dernier budget, il y a sept jours. Je mangeais au même restaurant que lui. Entre deux entrevues, il avait pris le temps de venir placoter avec moi. Il avait toujours son sourire coquin».

Même si elle n'a pas siégé à ses côtés, l'ancienne députée de Trois-Rivières Danielle St-Amand et M. Lapierre communiquaient fréquemment ensemble. Elle avait d'ailleurs offert ses sympathies au chroniqueur en deuil de son père, lundi soir.

«C'était un gars du peuple. Lors de l'élection de 2008, il m'avait demandé de lui donner une entrevue dans l'autobus de campagne de TVA. La petite fille de Sainte-Thècle était impressionnée!», dit-elle, ajoutant que les deux ont découvert par la suite qu'ils avaient des amis en commun.

«Il y a 4-5 ans, dans un événement politique, il m'avait dit: ''Danielle, je veux te suivre sur Facebook, mais j'ai de la misère à te trouver. Est-ce que tu accepterais que je te mette comme membre de ma famille?'' C'est vraiment quelqu'un que j'appréciais beaucoup. Il disait les vraies affaires et on le croyait. Je l'écoutais chaque matin, religieusement, parce qu'on voulait savoir ce qui se passait. Il ne pourra être remplacé, il était dans une classe à part.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer