Le projet de réorganisation suit son cours au palais de justice de La Tuque

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Me Mélanie Ricard

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(La Tuque) Le palais de justice de La Tuque est désuet, son quartier cellulaire inefficace et dangereux, selon plusieurs avocats. Les rumeurs de réorganisation persistent et s'intensifient. Des sommes d'argent ont même été accordées dans le dernier budget provincial pour corriger la situation. Toutefois, impossible d'en savoir plus. Depuis plusieurs mois, la Société québécoise des infrastructures (SQI) analyse les plans et affirme que le projet suit son cours.

La SQI a confirmé au Nouvelliste qu'il y avait des plans préliminaires sur la table pour répondre aux besoins de l'ensemble des intervenants du palais de justice.

«On a trois clients dans un palais de justice de façon générale, le DPCP pour les avocats de la Couronne, le ministère de la Justice pour les salles d'audience, etc. et le ministère de la Sécurité publique pour le volet du quartier cellulaire. [...] On parle de plans préliminaires qui sont présentement en approbation auprès de tous ces intervenants-là. Lorsque les plans préliminaires auront été approuvés, évidemment, il va y avoir production des plans et devis définitifs», a fait avoir Martin Roy, porte-parole pour la SQI.

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Les juges, avocats, accusés et les victimes doivent tous partager les mêmes corridors et escalier du palais de justice de La Tuque.

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Impossible de savoir toutefois combien le tout pourrait coûter et les détails du projet. On sait par ailleurs que lorsque les plans seront approuvés par les autorités gouvernementales, une période de 12 à 15 mois sera nécessaire pour la réalisation du projet.

«Il n'est pas question de déménagement à ce stade-ci, mais on regarde ce qui est disponible et ce qui représente la solution la plus avantageuse, sur le plan financier, qui permet de répondre aux besoins de chacun de nos clients», a expliqué M. Roy

Rappelons qu'une avocate avait ouvertement critiqué les installations du palais de justice de La Tuque à l'automne dernier. La SQI assure que le projet a évolué depuis sans plus de détails.

Me Mélanie Ricard s'est dite rassurée par les sommes prévues dans le budget pour le quartier cellulaire du palais de justice. Toutefois, elle reste sceptique quant aux travaux qui pourraient être réalisés.

«Depuis que je pratique à La Tuque ils disent qu'ils sont dans les plans, dans les projets et qu'ils étudient le dossier. Ça n'a pas évolué. Je commence à penser qu'on ne fait vraiment pas partie des priorités. C'est dommage parce que pendant qu'ils étudient le projet et que ça n'avance pas, les clients, eux, ne bénéficient pas d'un environnement de qualité. Il n'y a pas de confidentialité et on travaille dans un endroit dangereux pour nous, pour les clients, et aussi pour les agents», lance Me Ricard.

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Une des cellules désuètes du palais de justice de La Tuque. 

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«Qu'il y ait des sommes annoncées, c'est rassurant, mais encore faut-il qu'ils les utilisent. Je me questionne sérieusement sur le délai que ça prend pour étudier ces plans-là [...] On est toujours dans des intentions, jamais dans l'action», a-t-elle ajouté.

Dans son témoignage en septembre dernier, elle avait fait ressortir les problèmes criants de sécurité, mais également de confidentialité. 

«Quand toutes les cellules sont occupées et qu'on veut rencontrer nos détenus de façon confidentielle, il faut se rendre dans la salle de bain des agents correctionnels. C'est un petit coin», a témoigné Me Ricard en septembre dernier.

Le bâtonnier de la Mauricie, Me Alain Blanchard, avait également dénoncé la situation qu'il avait qualifiée d'alarmante.

À l'automne, un juge avait dû suspendre une audience en raison du bruit et des cris d'un accusé agité alors qu'il était détenu dans une cellule. Les juges, avocats, accusés et les victimes doivent également tous partager les mêmes corridors et escalier. Un problème qui avait été soulevé et dénoncé, il y a déjà plusieurs années, par un juge.

Le syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ) s'était aussi dit préoccupé par la situation du palais de justice de La Tuque.

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