Les autorités ont débloqué l'iPhone de San Bernardino

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Apple soutenait qu'aider à décrypter l'iPhone de Syed Farook créerait un dangereux précédent qui pourrait justifier que les autorités demandent à l'avenir l'accès aux données personnelles de nombreux citoyens pour diverses raisons.

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Sophie Estienne
Agence France-Presse
San Francisco

Les enquêteurs ont réussi à accéder sans l'aide d'Apple au contenu de l'iPhone d'un des auteurs de l'attentat de San Bernardino, mettant ainsi fin lundi un bras de fer judiciaire et médiatique de plusieurs semaines avec la marque à la pomme.

Le gouvernement a «accédé avec succès aux données stockées sur l'iPhone de (Syed) Farook et n'a donc plus besoin de l'assistance d'Apple», indique un document transmis à la justice lundi par les autorités américaines.

Elles y demandent l'annulation de l'injonction judiciaire du 16 février avec laquelle elles avaient tenté d'obliger Apple à aider les enquêteurs.

«Notre décision de mettre fin à la procédure est basée seulement sur le fait qu'avec l'assistance récente d'un tiers, nous sommes maintenant capables de débloquer cet iPhone sans compromettre les informations dans le téléphone», a commenté Eileen Decker, procureure fédérale du centre de la Californie, dans un communiqué.

L'identité du tiers en question et la méthode employée n'ont pas été divulguées.

Contacté par l'AFP, Apple n'a pas réagi dans l'immédiat.

Le gouvernement américain avait déjà ouvert la porte à une possible résolution de l'affaire en annonçant la semaine dernière être sur la piste d'une méthode proposée par des tierces parties et susceptible de débloquer l'appareil.

L'expert en technologies Robert Enderle avait indiqué à l'époque à l'AFP qu'il pourrait s'agir de John McAfee, créateur de l'antivirus éponyme, ou d'un ex-employé d'Apple, remarquant par ailleurs que le téléphone de Syed Farook, un iPhone 5, était beaucoup moins sécurisé que les versions plus récentes de l'appareil.

Vie privée protégée

L'annonce de lundi met fin à une bataille très suivie en raison de ses implications potentielles en termes de sécurité publique et de protection de la vie privée, mais qui menaçait de s'éterniser avec des recours susceptibles de s'étaler sur des années et de remonter jusqu'à la Cour suprême.

Washington tentait depuis mi-février de forcer Apple à l'aider à débloquer l'iPhone de Syed Farook, auteur avec sa femme Tashfeen Malik de l'attentat de San Bernardino qui a fait 14 morts le 2 décembre.

Les autorités, soutenues par des familles de victimes, faisaient valoir que les données contenues dans l'appareil pouvaient s'avérer potentiellement cruciales pour déterminer comment l'attentat avait été organisé, et si le couple avait bénéficié d'aide extérieure.

Apple refusait toutefois fermement de se plier aux injonctions judiciaires, soutenant qu'aider à décrypter le téléphone de Syed Farook créerait un dangereux précédent, sur lequel les autorités risquaient de s'appuyer à l'avenir pour réclamer l'accès aux données personnelles de nombreux citoyens pour diverses raisons.

«Nous devons décider en tant que nation quel pouvoir devrait avoir le gouvernement sur nos données et notre vie privée», avait encore déclaré le patron d'Apple, Tim Cook, lors d'une présentation de nouveaux produits la semaine dernière. «Nous pensons fermement que nous avons l'obligation d'aider à la protection de vos données et de votre vie privée», avait-il ajouté.

La marque à la pomme avait reçu l'appui d'experts en sécurité, de militants pour le droit à la vie privée et d'autres géants du secteur technologique comme Google, Facebook ou Microsoft.

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