De nouvelles places sont attendues dans les refuges pour femmes

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En une seule journée l'an dernier, les refuges ont dû refuser 302 femmes et 221 enfants en raison du manque de ressources.

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La Presse Canadienne
Ottawa

L'argent neuf qu'Ottawa a consenti aux maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale devrait permettre l'ajout de nombreuses places dans des refuges, se réjouissent les organismes qui viennent en aide aux femmes violentées.

Le ministre des Finances Bill Morneau a annoncé l'octroi de 89,9 millions $ sur deux ans, ce qui pourrait permettre de créer ou d'améliorer quelque 3000 places destinées aux femmes et aux enfants qui veulent fuir une relation abusive.

La directrice générale du Réseau canadien des maisons d'hébergement pour femmes (RCMHF), Lise Martin, affirme que si la moitié de l'argent était investie pour la création de nouvelles places, cela représenterait l'ajout de deux nouvelles maisons d'hébergement dans chaque province.

Ces nouvelles installations pourraient répondre au manque criant de places, notamment dans le Nord, croit-elle. En une seule journée l'an dernier, les refuges ont dû refuser 302 femmes et 221 enfants en raison du manque de ressources.

«La réalité est que oui, beaucoup de refuges fonctionnent à pleine capacité et le triste constat est que oui, il y a un réel besoin pour la création de plus de places», a-t-elle souligné en entrevue.

L'injection d'argent pourrait être encore plus importante dans certaines provinces. Le gouvernement fédéral n'en a pas fait une condition, mais encourage les provinces à égaler le montant qu'il a alloué aux maisons d'hébergement.

Les responsables des refuges tentent maintenant de se faire inviter à la table où le gouvernement fédéral décidera comment seront dépensés ces 90 millions $.

Au cours d'une entrevue réalisée par La Presse Canadienne plus tôt ce mois-ci avec la ministre de la Condition féminine Patricia Hajdu, celle-ci avait expliqué que le gouvernement souhaitait que des refuges soient bâtis dans des communautés où aucune installation du genre n'existe.

Elle avait ajouté qu'Ottawa voulait également s'assurer que plus de places de transition voient le jour pour aider les femmes à quitter les maisons d'hébergement pour se trouver un logement permanent.

«Nous voulons absolument aider les femmes à sortir d'environnements toxiques, de situations dangereuses rapidement, mais nous voulons aussi nous assurer qu'elles reconnectent avec leurs familles le plus rapidement possible», avait fait savoir Mme Hajdu, qui dirigeait la plus grande maison d'hébergement de Thunder Bay en Ontario, avant de faire le saut en politique.

Le plus récent rapport de Statistique Canada sur les maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale révélait qu'il y avait 12 058 places en 2014 à travers le pays, ce qui représente un gain d'environ 5 pour cent comparativement aux 11 461 places de 2010.

Plusieurs des refuges ont été construits dans les années 1970 et 1980, ce qui signifie qu'ils ont souvent besoin d'importantes rénovations, notamment pour améliorer l'accessibilité pour les femmes vivant avec des handicaps, qui sont proportionnellement plus affectées par la violence familiale.

Selon Mme Martin, plus de la moitié des maisons d'hébergement font appel à des banques alimentaires pour nourrir les femmes et les enfants qu'elles accueillent.

Elle souligne que les coûts fixes augmentent sans cesse et que des investissements récurrents sont nécessaires.

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