Des acériculteurs comblés

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L'eau d'érable coule à flots chez la plupart des acériculteurs de la Mauricie.

Olivier Croteau

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les temps des sucres se suivent, mais ne se ressemblent pas. Après avoir connu une saison difficile l'an dernier, les propriétaires de cabane à sucre de la région peuvent compter sur des conditions météorologiques optimales ce printemps, malgré le soubresaut de lundi où la pluie a fait des siennes. Les grands froids étant chose du passé, c'est le temps de se sucrer le bec!

À Notre-Dame-du-Mont-Carmel, la saison a démarré en lion chez Jacqueline Richard de la Sucrerie du moulin. Depuis quelques semaines déjà, elle et son mari n'ont pas chômé à récolter le nectar doré et sucré provenant de leur millier d'entailles.

«Ça a commencé sur les chapeaux de roue», constate la copropriétaire. «Ça a commencé très, très rapidement. Aussitôt que le froid est arrivé, évidemment ça s'est arrêté. On pense être bons pour continuer encore quelques jours».

Les difficultés d'ordre climatique de 2015 ne semblent pas avoir atteint la Sucrerie du moulin. «L'année passée, comparativement à d'autres producteurs du coin, on a quand même eu un bon rendement malgré tout». L'an dernier, leur saison de récolte s'était échelonnée jusqu'au début du mois d'avril. Un exploit qu'ils pensent répéter encore ce printemps.

Cette année, Ginette Leboeuf, copropriétaire de la cabane à sucre Ginette et Marcel Leblanc à Saint-Prosper, pourra satisfaire toutes les commandes des amateurs de sirop d'érable. L'an dernier, elle a eu peine à fournir tous les clients dû à une coulée peu généreuse. Elle assure que les clients font preuve de compréhension et sont bien conscients de la dépendance des acériculteurs envers Dame Nature.

La tire d'érable sur neige: un incontournable de... (Olivier Croteau) - image 2.0

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La tire d'érable sur neige: un incontournable de la cabane à sucre. Raphaëlle, Olivia et Léonie en ont bien profité à l'Érablière Prince de Saint-Wenceslas.

Olivier Croteau

«L'année passée, nous ç'a été pourri», n'hésite-t-elle pas à dire. «Ça n'a pas été une bonne saison, il faisait trop froid. Après, la chaleur est arrivée trop vite et la saison s'est terminée abruptement». Cette année, elle ne pouvait demander mieux. La neige tardive lui a fait craindre une deuxième saison désastreuse, mais finalement, tout est rentré dans l'ordre. «Cette année, c'est plus encourageant. L'eau qui sort est d'une belle qualité, d'une belle couleur», assure Mme Leboeuf. 

«Ça a coulé beaucoup dans les dernières semaines. Ça fait quelques jours que ça ne coule plus parce qu'il fait trop froid, mais les températures douces du week-end de Pâques ont permis d'avoir de bonnes coulées», remarque-t-elle.

À l'Érablière Prince de Saint-Wenceslas, l'eau d'érable coulait à flots. «Les conditions sont excellentes pour la coulée, on a eu de très bonnes journées. Je m'attends à ce qu'on récolte encore autant d'eau qu'on en a ramassée jusqu'ici», indique la copropriétaire Fanny Prince. 

Tous s'entendaient pour dire que la saison tire à sa fin. Une semaine de coulée encore et le temps des récoltes d'eau d'érable se terminera. La température des prochains jours jouera pour beaucoup. «Ce n'est pas nous qui décidons», rappelle Lévis Guay de la Cabane chez Nathalie à Saint-Mathieu-du-Parc. «La température est avec nous en ce moment. Je pense qu'on est encore bon pour deux bonnes semaines. Nous, on a déjà atteint le quota de l'an passé», se réjouit-il.

Fanny, Aline et Caroline Prince sont les nouvelles... (Olivier Croteau) - image 3.0

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Fanny, Aline et Caroline Prince sont les nouvelles propriétaires de l'Érablière Prince. Elles deviennent la cinquième génération de Prince à exploiter l'érablière centenaire. 

Olivier Croteau

Trois filles et une érablière

L'Érablière Prince de Saint-Wenceslas peut compter sur une relève toute féminine. Les trois filles d'André Prince et Marguerite Leblanc sont récemment devenues les nouvelles propriétaires de l'érablière de près de 6000 entailles. La tradition se poursuit donc alors qu'elles deviennent la cinquième génération de Prince à exploiter l'érablière centenaire.

Fanny Prince en est déjà la propriétaire depuis 2013 avec son conjoint, mais une séparation a naturellement amené les trois filles à s'associer. Elles n'ont d'ailleurs pas hésité à se porter acquéreures de l'entreprise familiale. 

«Ça fait partie du patrimoine familial donc c'est quelque chose qu'on voulait conserver. On a misé beaucoup sur la complémentarité de chacune. C'est une aventure qu'on espère va nous amener loin», souligne Caroline Prince.

Les parents sont encore bien présents pour épauler les nouvelles propriétaires. Elles occupent toutes un emploi à temps plein, mais prennent quelques jours de vacances au printemps afin de s'occuper de l'érablière et des nombreuses familles qui viennent y déguster les repas traditionnels de la cabane à sucre.

D'aussi loin qu'elles se souviennent, elles ont toujours mis la main à la pâte chaque printemps lors de la saison des sucres. 

«À l'époque, on a commencé à y travailler vers 10 ou 12 ans à différents postes», commente Fanny Prince. Leurs propres enfants commencent à exécuter quelques tâches dans l'érablière. 

«Les enfants, ça s'enligne pour être la même chose. Ils s'impliquent de plus en plus», constatent-elles. La relève n'est pas assurée, certes, mais il y a un intérêt certain chez la génération plus jeune.

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