Droits de l'homme au Soudan du Sud: «Parmi les plus horribles dans le monde»

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Au Soudan du Sud, les enfants sont souvent les premières victimes sur la ligne de front lorsque des atrocités sont commises par les partis opposés depuis le début de la guerre civile en 2013.

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Texte sur l'actualité internationale du Comité de solidarité de Trois-Rivières. »

Jean-Marc Lord
Le Nouvelliste

(Collaboration spéciale) Viols de femmes en guise de salaire, fillettes réduites à l'esclavage, enlèvements d'enfants transformés en soldats, handicapés brûlés vifs ou découpés en morceaux, pillages systématiques...

Viols de femmes en guise de salaire, fillettes réduites à l'esclavage, enlèvements d'enfants transformés en soldats, handicapés brûlés vifs ou découpés en morceaux, pillages systématiques... Le dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies (HCNU) sur le Soudan du Sud, publié le 11 mars 2016, ne mâche pas ses mots pour décrire l'horreur qui sévit actuellement dans ce pays d'Afrique orientale. Passée sous silence par les grands médias qui n'ont d'yeux que pour la Syrie et la lutte au groupe État islamique, la situation des droits de l'homme au Soudan du Sud est à ce point alarmante qu'elle est qualifiée, sans ambages, de «parmi les plus horribles dans le monde», par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

Indépendant de Khartoum depuis juillet 2011, rappelons que le Soudan du Sud a plongé les deux mains dans une guerre civile dès 2013, à la suite d'un désaccord entre le président actuel, Salva Kiir, de l'ethnie des Dinkas, et un mouvement de rébellion, mené par l'ancien vice-président Riek Machar, de l'ethnie des Nuers.

Après des décennies de guerre entre le nord et le sud, le conflit opposant les deux Soudan a fait plus de 2 millions de morts et 4 millions de réfugiés. La guerre civile au sud a quant à elle jeté sur les routes de l'exil plus de 500 000 personnes vers les pays voisins, alors que 2 millions de Sud-Soudanais errent à l'intérieur des frontières et entre 50 000 et 300 000 autres sont décédés.

Des chiffres accablants

Les derniers chiffres en lice avancés par le HCNU, parfois appuyés par des images satellitaires, laissent pantois. Uniquement dans l'un des dix États qui découpent la carte géographique du Soudan du Sud, celui d'Unité, on dénombre des milliers de morts au cours de la dernière année, sans compter les milliers de viols colligés comme la pointe de l'iceberg.

Grosso modo, plus de 60% des personnes interrogées par le HCNU ont perdu un proche depuis 2013, plus de la moitié ont vu leur maison détruite, 18% se sont fait enlever un enfant et 14% ont été torturés.

Politique de la terre brûlée

Toujours dans l'État d'Unité, les forces gouvernementales et les milices qui y sont associées pratiquent la politique de la terre brûlée, c'est-à-dire qu'elles effacent systématiquement des cartes géographiques les villes et les quartiers sur leur passage.

En 2014, le HCNU faisait état de 9 878 structures résidentielles rasées, et près du quart des résidences de la capitale. Une réalité qui plonge des populations entières dans une situation extrême située à la frontière de la famine. «L'imagerie par satellite a permis à l'équipe de corroborer les témoignages de la destruction systématique des villes et villages», note le HCNU dans son rapport.

L'histoire se répète

L'ONU et Amnistie Internationale publient régulièrement des rapports sur la situation au Soudan du Sud, essayant tant bien que mal de donner une voix à ce conflit qui peine à se faufiler jusque sur les écrans cathodiques occidentaux.

Dès mai 2014, Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations Unies, avait des raisons de croire que les crimes contre l'humanité étaient monnaie courante au Soudan du Sud. À la lumière du dernier bilan rédigé par le HCNU, force est d'admettre qu'il avait raison de s'inquiéter.

Une version longue de ce texte est disponible sur www.cs3r.org.

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