Doublement de l'autoroute 55: «Force nouvelle au dossier»

Les trois chambres de commerces du Centre-du-Québec réclament... (Photo: François Gervais)

Agrandir

Les trois chambres de commerces du Centre-du-Québec réclament le doublement et le prolongement de l'autoroute 55.

Photo: François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Sainte-Eulalie) À l'occasion d'une rare sortie en commun, les trois chambres de commerce du Centre-du-Québec réclament le doublement et le prolongement de l'autoroute 55 et demandent une rencontre avec le ministre des Transports du Québec, Jacques Daoust, en plaidant cette fois l'argument économique.

«Le ministre Daoust s'est montré ouvert à les rencontrer et analyser leurs demandes. Tout sera analysé selon les critères des grands projets gouvernementaux», a confirmé jeudi au Nouvelliste Mathieu Gaudreault, attaché de presse du ministre responsable de la région du Centre-du-Québec, Laurent Lessard, pour qui «le dossier n'est pas nouveau».

Se disant interpellé par cette problématique, son bureau se dit prêt à faire des représentations auprès du ministre Daoust pour appuyer la population. «On va suivre le dossier de près. Notre principale considération, c'est la sécurité des gens et que le ministère fasse son travail là-dessus. On comprend qu'il y a des aménagements qui ont été faits au cours des dernières années pour ça. Est-ce que le travail peut continuer? Oui», a fait savoir M. Gaudreault.

En réponse à cette mobilisation centricoise, la Direction régionale du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports a rappelé que plusieurs actions avaient été entreprises ces dernières années pour accroître la sécurité sur l'autoroute 55, dont l'aménagement d'un échangeur impliquant des investissements de l'ordre de 43 millions de dollars à la hauteur du boulevard des Acadiens. Ainsi, depuis le fin 2013, les usagers de l'autoroute 55 peuvent circuler sur un pont d'étagement enjambant le boulevard, disposant de quatre voies séparées par un terre-plein central. 

D'autres mesures avaient été déployées précédemment comme, par exemple, la mise en place de bandes rugueuses et de panneaux clignotants. «On peut présentement estimer les coûts reliés au doublement de l'autoroute 55 entre Bécancour et Sainte-Eulalie à plusieurs millions du kilomètre. Le nombre d'échangeurs nécessaires vient aussi s'ajouter au montant nécessaire à la réalisation des travaux. La portion de l'autoroute 55 dont il est question ici est de 25,6 kilomètres et compte quatre intersections», fait remarquer le conseiller en communication au ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports en Mauricie et au Centre-du-Québec, Jean Lamarche.

Ce dernier tient néanmoins à préciser que «les efforts se poursuivent». «Le ministère s'affaire présentement à préparer la construction d'une voie de dépassement au sud de l'intersection de la route 226 à Saint-Célestin, en direction sud. Les travaux, qui s'étaleront sur près de deux kilomètres, commenceront en 2016», a-t-il annoncé, estimant le trafic de la 55 sud à un maximum de 12 400 véhicules au quotidien. 

Sauf qu'après avoir martelé l'importance de sécuriser ce tronçon d'autoroute qui a donné lieu à une dizaine d'accidents mortels en dix ans, voilà que les chambres de commerce mettent l'accent sur les retombées directes d'une telle amélioration autoroutière. «Telle une colonne vertébrale, la 55 offre une cohésion vitale pour le développement économique du Centre-du-Québec et du Québec en général, ce qui favorisera le commerce avec les États-Unis alors que le gouvernement du Québec s'apprête à déposer sa nouvelle politique des exportations», a indiqué la présidente de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec (CCICQ), Karine Béliveau.

Trois présidents de chambre de commerce pour un... (Sylvain Mayer) - image 4.0

Agrandir

Trois présidents de chambre de commerce pour un même combat, celui de la 55: Virginie Bonura, de la CCIBFE, André Y. Komlosy, de la CCID, et Karine Béliveau, de la CCICQ.

Sylvain Mayer

À son avis, une telle démarche aura pour effet collatéral de soutenir la complémentarité et l'efficacité des modes de transport de marchandises nécessaires au développement économique centricois, tout en offrant une mobilité sécuritaire et plus durable aux usagers.

La présidente de la CCICQ a rappelé les victoires du passé, soit le prolongement du réseau entre l'autoroute 20 et Saint-Célestin et, plus récemment, l'échangeur sur l'autoroute 55. 

Pour son homologue de la Chambre de commerce et d'industrie Bois-Francs/Érable (CCIBFE), Virginie Bonura, il est important de compléter ce projet autoroutier en assurant le prolongement jusqu'à Victoriaville. 

«Cet axe routier achalandé demeure un levier économique majeur dans notre développement local et régional. Le doublement de la 55 et de la 955 est un élément clé de la croissance future de nos parcs industriels respectifs. Pour la région Bois-Francs Érable, ce projet devient un pôle attractif dans l'établissement de futures entreprises sur son territoire», a-t-elle soutenu.

Cette dernière croit que le moment est bien choisi pour exprimer les attentes autour de l'autoroute 55 avec l'adoption d'un nouveau budget provincial. D'ailleurs, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Drummond (CCID), André Y. Komlosy, ne pense pas qu'il soit trop tard pour faire inscrire les revendications dans la programmation 2016-2017 du ministère des Transports du Québec.

«C'est un axe de développement stratégique unique qui permettra à des milliers de PME de pouvoir percer ou poursuivre leur expansion sur le marché américain de manière efficace, que ces entreprises soient situées à La Tuque, Shawinigan, Trois-Rivières, Bécancour, Victoriaville ou Drummondville. Il s'agit là d'un véritable levier de développement économique qui va au-delà de la région du Centre-du-Québec. C'est tout le Québec qui y gagnera», affirme-t-il.

Pour le trio, les enjeux économiques sont tels que le ministre, «qui était récemment responsable de l'économie au sein du gouvernement», ne pourra qu'être ouvert aux démarches des représentants d'une région qui est «l'une des locomotives de l'économie québécoise et canadienne». 

«Nous venons de franchir un nouveau pas et je suis fière d'accueillir nos deux vis-à-vis qui viennent donner une force nouvelle au dossier», a conclu Karine Béliveau lors du point de presse tenu à Sainte-Eulalie, un endroit jugé stratégique.

Débit journalier moyen annuel sur l'autoroute 55 (2014)

Saint-Célestin: 12 400 et 10 000

Sainte-Eulalie: 8400

Saint-Samuel: 6000

Saint-Albert: 4000

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer