La Belgique frappée en plein coeur

La place de la Bourse a été envahie... (Agence France-Presse)

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La place de la Bourse a été envahie par de nombreux citoyens à la suite des attaques perpétrées à Bruxelles, mardi.

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Bruxelles

La police belge a lancé une chasse à l'homme pour retrouver l'un des auteurs présumés des attentats coordonnés qui ont frappé mardi l'aéroport et le métro de Bruxelles, attaques revendiquées par l'État islamique qui ont fait 34 morts et plus de 200 blessés.

Ces attentats, qui ont frappé mardi matin à l'heure de pointe une capitale belge jusqu'ici plutôt considérée comme un sanctuaire par les djihadistes, ont donné lieu à des scènes d'horreur et de panique à l'aéroport international et dans le quartier des institutions européennes, réminiscences des attentats de Madrid en 2004, Londres en 2005 ou Paris en 2015.

Les dirigeants des 28 pays de l'UE ont dénoncé une attaque contre «notre société ouverte et démocratique». «C'est toute l'Europe qui est frappée», a déclaré le président français François Hollande, tandis que le président américain Barack Obama appelait le monde à «s'unir» devant le terrorisme.

La tour Eiffel, le World Trade Center et la porte de Brandebourg se sont mis aux couleurs belges. Et l'image de Tintin en pleurs est devenue le symbole de la Belgique en deuil sur les réseaux sociaux.

Les autorités ont diffusé des images de vidéosurveillance montrant trois hommes poussant des chariots à bagages, suspects présumés des attentats qui ont frappé vers 8h (3h, heure du Québec) l'aéroport de Bruxelles-Zaventem.

Le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw a déclaré que deux d'entre eux avaient «probablement commis un attentat suicide» et étaient donc probablement morts.

Le troisième, portant veste et chemise claires, des lunettes sous un chapeau noir et pour lequel un avis de recherche a été lancé, est «activement recherché», a ajouté le procureur.

Bombes dans les valises

«Ils sont venus en taxi [...], leurs bombes étaient dans les valises. Ils ont mis leurs valises dans des chariots. Les deux premières bombes ont explosé», a indiqué à l'AFP le maire de la commune de Zaventem, Francis Vermeiren.

«Le troisième a aussi mis sa valise sur un chariot mais il a dû paniquer, elle n'a pas explosé», a-t-il ajouté. M. Van Leeuw avait précisé plus tôt qu'une troisième bombe n'avait effectivement pas explosé.

Le parquet fédéral a précisé que des perquisitions étaient en cours «en plusieurs endroits du pays», notamment dans la commune bruxelloise de Schaerbeek, où ont été découverts un engin explosif et un drapeau de l'EI, selon le parquet. Les opérations se poursuivaient en soirée dans ce quartier, a constaté l'AFP.

L'État islamique a revendiqué officiellement ces attaques, les plus sanglantes jamais commises dans la capitale de la Belgique et de l'Europe, montrant que ses réseaux restent capables de monter des opérations meurtrières.

«Une cellule secrète des soldats du califat [...] s'est élancée en direction de la Belgique croisée», affirme le communiqué, accusant ce pays de n'avoir «cessé de combattre l'islam et les musulmans».

Ces attentats surviennent quatre jours après la capture à Bruxelles du Français Salah Abdeslam, seul survivant parmi les commandos des attentats du 13 novembre à Paris (130 morts), qui est incarcéré à Bruges avant son transfert demandé par la France. Un de ses complices présumés, Najim Laachraoui, est recherché par les polices française et belge. Le procureur fédéral a souligné qu'«il était encore trop tôt pour établir un lien avec les attentats de Paris».

Selon des témoins, tout a commencé mardi à Zaventem vers 8h avec des tirs entendus dans le hall des départs de l'aéroport, près des comptoirs d'enregistrement, juste avant qu'un homme ne lance des cris en arabe et que deux explosions retentissent.

«Un monsieur a crié en arabe [...] quelques mots et j'ai entendu une grosse déflagration», a témoigné Alphonse Lyoura, employé de la sécurité des bagages.

Personnes mutilées

C'était «une panique générale» et «beaucoup de personnes ont perdu des jambes», a déclaré à l'AFP un homme qui se trouvait à cinq mètres de l'explosion qui a éventré l'aérogare.

Une heure après ces attaques, qui ont fait 14 morts et 96 blessés selon les pompiers, un second attentat soufflait une rame de métro à la station Maelbeek, toute proche des institutions européennes. Il a fait «entre 15 et 20 morts» et une centaine de blessés, selon les pompiers.

Une photo de la chaîne publique RTBF montrait une rame éventrée, sièges déchiquetés et parois calcinées. Un rescapé interrogé par la radio Bel-RTL a expliqué que son wagon avait été évacué par le conducteur dans le noir et que les voyageurs avaient marché dans le tunnel en file indienne avant de sortir à la station suivante, complètement enfumée. 

«J'ai entendu des gens crier : "Sortez, sortez", des gens couraient», a raconté à l'AFP un homme d'affaires qui a voulu garder l'anonymat. «Dehors, j'ai vu des gens assis, du sang sur le visage... De la fumée sortait du métro.»

«Nous redoutions un attentat et c'est arrivé», a réagi le premier ministre Charles Michel, évoquant un «moment noir» pour le pays. Il s'est rendu dans la soirée place de la Bourse, devenue le lieu de recueillement des Bruxellois, venus par centaines déposer fleurs et bougies. «Ce 22 mars ne sera plus jamais une journée comme les autres», a déclaré à la télévision le roi des Belges, Philippe.

Le gouvernement belge a décrété un deuil national de trois jours.

En attendant un bilan définitif, on savait simplement que de multiples nationalités avaient été touchées, avec parmi les blessés quatre Américains, deux Britanniques et huit Français.

L'alerte antiterroriste a été relevée dans toute la Belgique au niveau 4, son niveau maximal, et l'aéroport de Bruxelles restera fermé mercredi. La sécurité autour des institutions européennes à Bruxelles et Strasbourg, ainsi qu'autour des centrales nucléaires belges, a été renforcée. Tous les transports en commun ont été suspendus plusieurs heures, même si la situation revenait progressivement à la normale en soirée.

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