«L'explosion était tellement forte»

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Des vitres ont volé en éclats à la suite de l'attentat à la bombe à l'aéroport de Bruxelles.

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La Presse Canadienne

Filip Bederski était dans le métro lorsque l'explosion meurtrière est survenue, mardi matin, à la station Maelbeek à Bruxelles, en plein coeur du quartier européen.

Salomé Corbo dans Unité 9... (Photo fournie par ICI Radio-Canada Télé) - image 1.0

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Salomé Corbo dans Unité 9

Photo fournie par ICI Radio-Canada Télé

«Au début, il m'a fallu un peu de temps pour comprendre si c'était un accident ou une explosion. Mais l'explosion était tellement forte qu'on s'est vite rendu compte qu'il y avait quelque chose de pas normal», raconte-t-il, joint à Bruxelles.

Rapidement après que l'explosion eut ravagé une partie du train, des cris retentissent, des visages ensanglantés apparaissent et la panique s'installe.

Filip Bederski se trouve alors dans le premier wagon, où les passagers ne souffrent que de blessures mineures. Le chauffeur du métro vient rapidement leur porter secours. Les passagers peuvent alors s'extirper du train par une fenêtre du wagon et regagner la station.

«C'est à ce moment-là qu'on a vu...», poursuit-il.

«Il y avait des gens qui n'entendaient plus rien, des blessés qui ne savaient pas où aller.»

Dans l'immense nuage de fumée qui se forme dans la station, Filip Bederski voit des visages en sang, des gens «complètement sonnés», des débris partout.

«Il y avait des gens qui n'arrivaient plus à respirer, ils étaient affolés, ils pleuraient, ça criait», rapporte-t-il, la voix posée.

«Moi, ça va», laisse-t-il tomber disant simplement souffrir d'un mal de tête survenu à la suite de la puissante déflagration.

Le double attentat terroriste, qui a été revendiqué par le groupe armé État islamique, a fait au moins 31 victimes et près de 200 blessés dans la capitale belge.

Lorsque l'explosion est survenue peu après 9h, 20 personnes ont perdu la vie à la station de métro Maelbeek - située à un jet de pierre des institutions européennes. Une heure plus tôt, deux déflagrations à l'aéroport international de Zaventem avaient coûté la vie à 11 personnes.

La comédienne québécoise Salomé Corbo terminait son enregistrement au comptoir d'Air Canada de l'aéroport de Zaventem lorsque la première explosion a retenti vers 8h.

En tentant de fuir les lieux, elle est passée à quelques mètres du lieu de la deuxième explosion.

«C'était très spectaculaire, j'étais tout près de la deuxième déflagration, a-t-elle raconté sur les ondes de Cogeco Nouvelles. J'ai entendu la première, je me suis déplacée rapidement et la deuxième était tout près, tout près de moi, j'ai d'ailleurs un acouphène qui me lâche pas.»

Salomé Corbo dit avoir tout de suite compris qu'il s'agissait d'un attentat terroriste. «On est en Europe, ça prend une fraction de seconde dans nos têtes. Une première explosion, on bouge, une deuxième explosion, c'est clair que c'est ça donc on file tout droit», a-t-elle témoigné après avoir été évacuée sur le tarmac de l'aéroport.

Pour le délégué général du Québec à Bruxelles, Michel Audet, c'est le symbole même de l'Europe politique unie qui a été visée par les djihadistes.

«Cette grande Europe, avec ses valeurs de démocratie, de lutte contre la violence et la corruption, avec ses grandes institutions, vient d'être touchée en plein coeur», souffle-t-il en entrevue.

«Il y aura des répercussions sous toutes ses formes par rapport à la vie de l'Europe, par rapport à la vie des citoyens européens, par rapport aux institutions européennes, à la sécurité dans tous les espaces publics, poursuit-il. On verra comment ça va se décliner. Aujourd'hui on est beaucoup dans la gestion de la crise...»

Peu après les attaques, alors qu'il faisait encore nuit au Québec, le délégué général s'est entretenu avec les autorités politiques et administratives de la province, puis avec la ministre québécoise des Relations internationales Christine St-Pierre, qui est présentement en Chine, pour mettre en place une cellule de crise.

Pour l'instant, aucun Québécois ne compte parmi les victimes ou les personnes ayant été blessées dans les attentats.

Les employés sont restés confinés une bonne partie de la journée dans les bureaux de la Délégation générale du Québec situés sur la rue des Arts, non loin de la station Maelbeek et du siège des institutions européennes.

«Les autorités belges ont demandé de garder tout le monde dans les bureaux, les enfants dans les écoles et les petits dans les crèches, puisqu'il y avait beaucoup d'opérations policières en cours», rend compte M. Audet.

Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, qui se trouve présentement à Bruxelles en mission économique, est également resté cloué toute la journée à son hôtel.

Après avoir été mis au fait des explosions à Zaventem par les médias, il a vite compris que le centre de la ville avait également été touché.

«On a eu droit au concert plutôt désagréable des sirènes des véhicules de secours pendant plusieurs heures, nous montrant toute la gravité de la situation», témoigne-t-il de sa chambre d'hôtel située à quelques minutes à pied de la station Maelbeek.

Toutes ses rencontres ont été annulées pour la journée et son retour au Québec - prévu pour jeudi soir - est encore incertain.

«La ville est complètement paralysée», explique-t-il.

L'ambiance lourde qui a enveloppé la ville toute la journée pourrait bien perdurer quelques jours encore. «Il va y avoir une guérison psychologique à faire», convient M. Audet. «On va notamment devoir réapprendre à prendre les transports en commun», glisse-t-il.

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