Budget fédéral: 30 millions $ sur trois ans pour la pyrrhotite

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Le ministre des Finances Bill Morneau a prévu 30 millions $ pour les victimes de la pyrrhotite.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'était l'ouverture que les victimes de la pyrrhotite attendaient depuis sept ans de la part du gouvernement fédéral. Ottawa annonce une aide de 30 millions de dollars sur trois ans dans son plan budgétaire 2016 déposé mardi.

«On ne réglera pas la crise avec ça tout de suite», analyse le président de la Coalition des victimes de la pyrrhotite, Alain Gélinas, qui se réjouit grandement, malgré tout, de ce premier pas qui devrait permettre à certaines familles de commencer dès cet été les travaux reportés depuis deux ans à cause du manque de financement.

Cette nouvelle étape étant maintenant franchie par le gouvernement Trudeau, la balle retourne dans le camp du gouvernement du Québec qui attendait qu'Ottawa fasse sa part avant d'évaluer la suite des choses.

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, assure d'ailleurs qu'il ne tardera pas à contacter le répondant du gouvernement du Québec dans ce dossier, le député de Maskinongé, Marc H. Plante, pour voir comment Québec entend continuer à soutenir les victimes.

«On travaille fort là-dessus», a répété mardi M. Plante en assurant que le gouvernement du Québec «continue son travail au niveau du dossier de la pyrrhotite.»

«On se réjouit que le fédéral ait enfin emboîté le pas, donc ait suivi l'exemple du gouvernement du Québec par une somme de 30 millions $. On remercie le député de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, pour ce travail dans ce dossier. On a senti dès le début une écoute active», dit-il.

Le maire Lévesque dit s'être fait confirmer par le député Champagne que l'argent d'Ottawa sera versé dans le programme provincial d'aide aux victimes déjà existant. Selon lui, il ne s'agirait pas d'un programme d'infrastructures tripartite qui obligerait Québec et la Ville a investir chacun un tiers des montants.

Il n'a pas été possible de confirmer ou d'infirmer cette information puisque le député Champagne ne donnait pas d'entrevues, mardi, sur la question, laissant ainsi toute la place au ministre des Finances, comme le veut la tradition.

Trente millions $ «ce n'est pas assez», reconnaît Yves Lévesque qui est malgré tout «très, très content».

«Déjà, qu'ils aient accepté le principe, c'est une très bonne nouvelle. En plus, le montant d'argent nous assure de répondre aux personnes qui sont en attente pour l'instant», souligne le maire.

L'ancien président de la CAVP et ancien candidat libéral fédéral, Yvon Boivin, estime que cette annonce budgétaire «fait la démonstration que le fédéral a une part de responsabilités dans l'aide aux victimes contrairement à ce qui a toujours été dit, que c'était de compétence provinciale. Ça dit que ce n'est qu'un début. La Coalition va se battre pour que les autres instances gouvernementales en donnent autant», prévoit-il.

«Ça fait la démonstration que mon passage en politique aura servi à faire débloquer le dossier», estime M. Boivin. «M. Trudeau a respecté ses engagements et François-Philippe Champagne a fait un travail extraordinaire», souligne-t-il.

Le président de la CAVP, Alain Gélinas, se réjouit que les propriétaires «qui sont en attente, vont pouvoir commencer, dès le printemps probablement, à reprendre les travaux. Je suis bien content là-dessus parce que ça faisait déjà deux ans qu'il n'y avait plus d'argent. J'aurais aimé avoir les 30 millions $ cette année toutefois», dit-il. «Dans un sens, je comprends le fédéral. Il commence à embarquer. C'est une belle ouverture.»

Alain Gélinas réitère toutefois que les différents intervenants devront se revoir afin d'établir «ce que les gouvernements veulent faire avec cette crise. Veulent-ils réellement passer à autre chose?» se questionne-t-il.

Au terme des trois ans de soutien financier annoncés par Ottawa, il n'est pas impossible que l'appel logé à la cour par SNC-Lavalin et qui sera entendu à l'automne 2017, soit réglé définitivement, à moins que la cause soit portée en Cour suprême.

Le député NPD Robert Aubin estime que «30 millions $ sur trois ans, ça veut dire qu'on n'a absolument rien compris au drame humain et financier qui se passe à Trois-Rivières.»

Le député Aubin croit aussi que par cette annonce, «on est en train de dire qu'on veut faire la prochaine campagne électorale sur ce sujet-là car 30 millions $ sur trois ans nous amène en 2019. Le gouvernement est en train de nous dire: Pendant trois ans, ne me parlez plus de la pyrrhotite. Dix millions $, ça ne couvre même pas les travaux qu'il y aura à faire cet été», fait-il valoir.

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