Attentats à Bruxelles: «Les gens sont sous le choc»

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Les enquêteurs ont passé la station de métro bruxelloise de Maalbeek au peigne fin mardi après l'attentat terroriste qui y a fait au moins 20 morts en matinée.

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(Trois-Rivières) Les attentats qui ont ébranlé le coeur de Bruxelles, mardi matin, ont aussi eu des répercussions pour des gens de la région qui se trouvent présentement en Belgique.

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Hugo Houle est en Belgique pour participer à des épreuves cyclistes. 

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François Fecteau habite à Bruxelles depuis 2012.

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À commencer par le cycliste Hugo Houle, de Sainte-Perpétue, qui doit prendre part à la compétition cycliste Les Classiques, dont la tenue est encore incertaine dans les circonstances.

«C'est la sécurité d'abord, et le plaisir ensuite», commente Hugo Houle. Toutefois, l'organisateur de l'événement Les Classiques se dit confiant qu'il pourra tenir la compétition, qui doit débuter mercredi dans cette région. «À tout moment, la police ou le gouvernement peuvent y mettre fin, mais pour le moment nous n'avons pas d'indication que ce sera annulé», fait savoir Hugo Houle, qui se trouve environ à 50 kilomètres de Bruxelles.

Le cycliste explique que les Belges sont évidemment sous le choc de ce qui vient de se produire. «Partout à l'hôtel, dans le lobby, les télévisions jouent en boucle les nouvelles. Les gens sont sous le choc. Moi aussi, je suis marqué et choqué de ce qui s'est produit», confie-t-il.

Outre la prise de conscience que personne n'est à l'abri d'un tel geste, Hugo Houle confie que ces événements doivent nous faire réfléchir. «C'est un moment pour prendre conscience que la vie ne tient qu'à un fil. La vie m'a déjà envoyé ce message-là auparavant, et plus que jamais, il faut en profiter le plus possible», lance-t-il.

Molenbeek

De son côté, l'ancien vice-président de l'AGE-UQTR, François Fecteau, habite le quartier de Molenbeek à Bruxelles depuis 2012. Comble du hasard, il se trouvait aussi à Paris le soir des attentats du 13 novembre dernier, alors que l'appartement qu'il louait n'était qu'à 15 minutes à pied des lieux des attaques.

«La ville va être assiégée pendant les prochaines semaines. Ça a fait ça l'automne dernier alors qu'il n'y avait pas encore eu d'attentat. Maintenant, ça risque d'être un peu le chaos dans les prochains jours», croit le doctorant en sociologie,

Mardi matin, il se trouvait dans le tram, avec ses écouteurs sur la tête, quand quelqu'un lui a tapé sur l'épaule, lui faisant signe que le chauffeur s'apprêtait à évacuer le wagon. Les attentats venaient de survenir. François Fecteau a quand même réussi à se rendre à son bureau, mais est finalement rentré chez lui quelques heures plus tard, après être passé à l'épicerie au cas où celle-ci fermerait pour quelques jours. «J'ai rempli le frigo, je ne voulais pas me retrouver mal pris si jamais les épiceries et magasins ferment. Partout, on suggère aux gens de rester chez eux. Moi je peux continuer à travailler sur ma thèse de chez moi», fait-il remarquer.

Molenbeek est considéré par plusieurs comme la plaque tournante des djihadistes en Europe. C'est d'ailleurs à cet endroit que Salah Abdeslam, présumé auteur des attentats de Paris, a été capturé la semaine dernière. La commune qui se trouve non loin du centre-ville de Bruxelles demeure tout de même un endroit où il fait bon vivre, fait-il remarquer. «Il y a une vie de quartier intéressante. Mais c'est certain qu'à 15 minutes de chez moi, c'est un quartier un peu plus chaud. Sauf que des quartiers chauds, il y en a dans toutes les grandes villes du monde», rappelle-t-il.

Par contre, il peut être dangereux de mettre le blâme sur la religion musulmane, croit M. Fecteau. «L'État islamique n'est ni un état, ni l'Islam. Il se produit des raccourcis très dangereux ces temps-ci dans les médias, alors que plus de 95 % des musulmans ne s'identifient pas du tout à l'État islamique et même condamnent les gestes», mentionne-t-il.

Par ailleurs, le problème de la pauvreté mêlé à celui de la généralisation des commentaires sur l'État islamique pèsent lourd sur les épaules des jeunes musulmans de Molenbeek qui portent ces stigmates et qui, au final, vivent de peu d'espoir d'un avenir prometteur. «Ça cause un vide identitaire chez ces jeunes, ce qui peut créer un terreau fertile au recrutement», croit François Fecteau.

Pour sa part, le propriétaire de la pâtisserie belge Nys située au centre-ville de Trois-Rivières, Frédéric Nys, était soulagé, mardi, d'apprendre que les membres de sa famille ainsi que ses amis étaient tous sains et saufs. Le pâtissier, qui doit partir en vacances en Belgique le 2 avril prochain avec ses enfants, ne changera pas ses plans même si le vol pourrait être détourné vers un autre aéroport que Bruxelles.

«La Belgique ne se sentait pas menacée, mais c'est presque évident que c'est lié à l'arrestation d'Abdeslam, que ce sont des représailles. Et la Belgique est très symbolique, car c'est le siège de l'Union Européenne, en plus d'être très centrale en Europe. Les terroristes veulent nous écraser en nous faisant peur, mais si on arrête de vivre et de faire nos affaires, c'est là qu'ils auront gagné», croit Frédéric Nys.

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