Des attentats font au moins 31 morts et quelque 200 blessés à Bruxelles

Des vitres ont volé en éclat à l'aéroport... (PHOTO FRANÇOIS LENOIR, REUTERS)

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Des vitres ont volé en éclat à l'aéroport de Zaventem, à Bruxelles.

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Associated Press
Bruxelles

La police fédérale belge a émis mardi un avis de recherche pour un suspect qu'elle tente toujours d'identifier en lien avec l'attaque à la bombe perpétrée contre l'aéroport de Bruxelles.

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La police belge croit avoir identifié des suspects en lien avec les attentats.

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La police fédérale belge a émis mardi un avis de recherche pour un suspect qu'elle tente toujours d'identifier en lien avec l'attaque à la bombe perpétrée contre l'aéroport de Bruxelles.

Les autorités ont diffusé la photo d'un homme vêtu d'un manteau de couleur claire et qui porte un chapeau noir et des lunettes.

Une autre photo montre deux hommes qui sont «probablement» les kamikazes qui se sont donnés la mort à l'aéroport.

La police a aussi demandé aux personnes ayant filmé les scènes de l'attentat de lui envoyer les vidéos, indiquant qu'on pourrait y voir les auteurs des attentats.

Un procureur fédéral belge a fait savoir que des perquisitions ont été lancées à travers le pays. Les forces de l'ordre auraient notamment saisi des «produits chimiques», une bombe composée de clous et un drapeau du groupe armé État islamique, qui a revendiqué les attaques.

Le premier ministre Charles Michel a décrété un deuil national de trois jours. Il a aussi annoncé la mise en place de mesures de sécurité additionnelles le long des frontières du pays. Certains des monuments les plus célèbres d'Europe - dont la Tour Eiffel, la porte de Brandebourg et la fontaine de Trévi - ont été illuminés des couleurs du drapeau belge.

Au moins 31 personnes ont été tuées et plus de 230 autres blessées quand de multiples explosions ont secoué l'aéroport international de Bruxelles et une station de métro.

Le bilan dévoilé par le maire de Bruxelles, Yvan Majeur, fait état de 20 morts et 106 blessés à la station Maelbeek, qui est située à proximité du siège de l'Union européenne. Un autre bilan annoncé précédemment déplorait 11 morts et 81 blessés à l'aéroport, pour un total de 31 morts et 187 blessés.

Deux bombes ont explosé dans le hall des départs de l'aéroport, éclaboussant les murs de sang et fracassant des fenêtres. Une partie du plafond s'est effondrée et des voyageurs se sont enfuis de la gare remplie de fumée. Une troisième bombe a été retrouvée et désamorcée à l'aéroport, où on aurait aussi découvert au moins un fusil d'assaut Kalachnikov. L'aéroport demeurera fermé au moins jusqu'à mercredi.

Environ une heure plus tard, une bombe a explosé à bord d'un métro. Des passagers terrifiés ont été évacués dans des tunnels sombres.

Les trains et les avions qui se dirigeaient vers la capitale ont été redirigés ailleurs. Au moins 600 vols qui devaient se poser ou décoller à partir de Bruxelles n'ont pu le faire. Le service Eurostar qui relie Londres, Bruxelles et Paris a été interrompu.

La Belgique a rehaussé son niveau d'alerte au seuil le plus élevé.

«Nous redoutions un attentat et c'est arrivé», a déclaré en conférence de presse le premier ministre de la Belgique, Charles Michel, qui a ensuite dénoncé des attentats «aveugles, violents et lâches».

Les autorités craignent maintenant de nouvelles attaques, a-t-il dit.

«Dans ce moment noir pour notre pays, je veux appeler chacun à faire preuve de calme mais aussi de solidarité. Nous devons faire face à cette épreuve en étant unis, solidaires, rassemblés», a lancé le premier ministre.

Le ministre belge de l'Intérieur a admis que les autorités savaient qu'un attentat se préparait en Europe, mais qu'elles ont été surprises par l'ampleur des attaques de Bruxelles. Jan Jambon a dit mardi que «d'autres attaques sont toujours possibles, mais nous n'aurions jamais pu imaginer que ça aurait pareille envergure».

Il a ensuite déclaré au réseau de télévision RTL que «nous n'avions aucune information à propos de ceci, mais nous savions que ça bougeait en Europe, dans différents pays, en France, en Allemagne, ici». M. Jambon a également dit que les autorités belges ne sont au fait d'aucun autre geste qui se préparerait en ce moment à Bruxelles.

La police néerlandaise a intercepté un train international qui voyageait de Bruxelles vers Amsterdam, une gare avant qu'il n'atteigne l'aéroport international Schiphol. Les policiers ont indiqué sur Twitter que la gare de Hoofddorp demeurera fermée jusqu'à la fin de l'enquête. Le train a été fouillé et les passagers logés dans des hôtels voisins. Aucune arrestation n'a été annoncée et on ne dispose pas de plus de détails.

La police allemande a annoncé qu'elle avait arrêté, dans le sud du pays, trois Kosovars soupçonnés d'avoir des liens avec un réseau extrémiste, mardi matin. Selon un reportage de la radio bavaroise, les trois individus circulaient à bord d'un véhicule immatriculé en Belgique. Toutefois, la police a indiqué qu'il n'y avait, pour l'instant, aucun rapport entre ces trois hommes et les attaques survenues à Bruxelles.

Les attaques surviennent quelques jours seulement après l'arrestation de Saleh Abdeslam, qui était traqué depuis les attentats de Paris en novembre. Abdeslam a confié aux autorités qu'il avait mis sur pied un nouveau réseau et qu'il planifiait d'autres attaques.

L'aéroport de Bruxelles a été le théâtre d'au moins deux explosions. Des témoins ont raconté à l'Associated Press qu'une explosion s'est produite à un comptoir d'enregistrement des bagages et l'autre près d'un café Starbucks.

Des responsables européens de la sécurité se préparaient depuis plusieurs semaines à une attaque d'envergure et prévenaient que le groupe armé État islamique s'apprêtait à frapper. L'arrestation d'Abdeslam, vendredi, a rehaussé ces craintes quand les enquêteurs ont découvert que plusieurs auteurs des attaques du 13 novembre à Paris - dont certains dont ils ignoraient tout simplement l'existence - étaient toujours au large. Rien ne permet toutefois pour le moment de relier Abdeslam aux plus récentes attaques, selon le premier ministre belge.

Un texte mis en ligne par Amaq, l'agence de presse du groupe armé État islamique, affirme que des djihadistes ont ouvert le feu à l'aéroport et que «plusieurs d'entre eux» ont fait sauter leurs ceintures explosives. Un autre kamikaze se serait donné la mort dans la métro. Le groupe explique avoir frappé la Belgique en réplique à l'appui de ce pays envers la coalition internationale formée pour lutter contre lui.

Près de l'entrée de la station de métro Maelbeek, qui se trouve à proximité du siège de l'Union européenne, les secouristes ont installé un centre de traitement improvisé dans un pub. Des passagers en état de choc émergeaient de la station pendant que les policiers essayaient de boucler le secteur.

Un témoin a raconté que l'explosion s'est produite au moment où le train quittait la station de Maelbeek pour celle de Schuman. Une porte-parole du métro de Bruxelles, Françoise Ledune, a dit à la station de télévision BFM qu'une seule explosion s'est produite à bord d'un wagon immobilisé à Maelbeek.

Les gares de train ont recommencé à ouvrir après quelques heures, mais la population a été prévenue que le risque de nouvelles attaques demeure «réel et sérieux».

Les explosions se sont produites alors que l'aéroport était bondé de voyageurs. Des images amateures diffusées par la chaîne française i-Télé montrent des passagers, dont un enfant avec un sac à dos, qui s'enfuient en courant pendant que de la fumée se dégage de l'aérogare. D'autres personnes été emmenées vers les pistes de l'aéroport, le plus important de Belgique. D'autres images font voir un gardien de sécurité qui patrouille une salle qui a été lourdement endommagée.

L'aéroport de Bruxelles relie la ville à 226 destinations à travers le monde. Il a accueilli près de 23,5 millions de passagers en 2015.

Le président français François Hollande s'est réuni d'urgence avc le premier ministre Manuel Valls, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

«Nous sommes en guerre et subissons depuis plusieurs mois, en Europe, des actes de guerre», a déclaré M. Valls.

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