Budget: les victimes de la pyrrhotite retiennent  leur souffle

Le premier budget du nouveau gouvernement fédéral de Justin Trudeau qui sera... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le premier budget du nouveau gouvernement fédéral de Justin Trudeau qui sera déposé à 16 h, mardi, est attendu de pied ferme en Mauricie puisque c'est le seul espoir d'aide financière qui demeure pour les victimes de la pyrrhotite d'ici la conclusion des interminables procédures judiciaires.

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«On a encore une lueur d'espoir avec la fédéral, mais si le fédéral ne nous donne rien, ça voudra dire que les deux gouvernements vont nous laisser tomber», - Alain Gélinas.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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 «J'ai l'impression que ce ne sera pas l'aide à laquelle on s'attend qui vient couvrir les besoins de l'ensemble des victimes de la pyrrhotite» - Robert Aubin.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

La semaine dernière, le gouvernement du Québec a déposé son budget 2016 sans qu'une seule mention y figure au sujet de la pyrrhotite.

Le député de Maskinongé et président de la Table interministérielle sur la pyrrhotite, Marc H. Plante, a répété récemment que Québec n'injecterait plus aucune somme si Ottawa ne faisait pas sa part.

La région retient donc son souffle.

«On a encore une lueur d'espoir avec le fédéral, mais si le fédéral ne nous donne rien, ça voudra dire que les deux gouvernements vont nous laisser tomber», appréhende le président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP), Alain Gélinas.

S'il en est un qui avoue ne pas être très optimiste, c'est le député NPD de Trois-Rivières à Ottawa, Robert Aubin. «Justin Trudeau ne s'est jamais prononcé sur un chiffre et François-Philippe Champagne non plus», rappelle-t-il.

Robert Aubin reconnaît qu'il n'a pas de boule de cristal. «J'ai l'impression qu'ils vont finir par trouver quelque chose», prévoit-il malgré tout. «Ça ne se peut pas qu'on ne trouve rien parce qu'on ne les lâchera pas, c'est sûr. Mais j'ai l'impression que ce ne sera pas l'aide à laquelle on s'attend qui vient couvrir les besoins de l'ensemble des victimes de la pyrrhotite», soupçonne-t-il.

«Ma plus grosse crainte, c'est qu'on nous glisse ça dans les infrastructures», explique M. Aubin. Le programme d'infrastructures «est un programme d'investissement partagé. Le fédéral accepterait de mettre X dollars dans un programme de pyrrhotite à condition que le provincial et le municipal en mettent autant», explique-t-il.

Le problème, c'est que les municipalités n'ont pas d'argent. Un milliard $ dort présentement à Ottawa pour des projets d'infrastructures au Québec. «Il n'a pas été dépensé parce que les municipalités et parfois la province n'ont pas les moyens de suivre le financement partagé proposé», fait-il valoir.

De son côté, le président de la CAVP estime qu'Ottawa ne peut moralement pas abandonner les victimes de la pyrrhotite. «On envoie des millions $ à l'extérieur du pays en aide humanitaire et on ne serait pas capable de venir en aide aux victimes de la pyrrhotite? Je suis bien d'accord avec l'aide humanitaire et il faut le faire, mais pourrions-nous commencer par s'aider chez nous aussi? Charité bien ordonnée commence par soi-même», plaide-t-il.

Pour sa part, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, se dit persuadé que des sommes seront présentes dans le nouveau budget fédéral. «Ça ne peut pas ne pas être là», estime-t-il.

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«Tout ce que M. Trudeau a dit, il l'a fait. Alors je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas là» - Yves Lévesque.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Le maire s'attend «à ce que le gouvernement respecte ses engagements de campagne électorale» et estime qu'il «n'y a aucune raison» qu'Ottawa ne donne pas suite à ses promesses.

«Ils annoncent un programme d'infrastructures assez agressif pour relancer l'économie. Et la construction, c'est l'économie», plaide-t-il.

«Autant le premier ministre (Justin Trudeau) que les candidats fédéraux se sont engagés publiquement à résoudre le problème», rappelle le maire Lévesque. «Après ça, la pression, c'est sûr, va être au niveau provincial», prévoit-il. «Le provincial a toujours dit: On en a mis et quand le fédéral en mettra, on va en remettre. Alors on a bien hâte d'avoir des actions concrètes en fonction des paroles qui ont été dites en campagne électorale. Tout ce que M. Trudeau a dit, il l'a fait. Alors je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas là», analyse le maire Lévesque.

Le député NPD de Trois-Rivières, Rober Aubin, a une nouvelle fois soulevé la question à la Chambre des Communes, il y a quelques jours. M. Aubin a rappelé que Justin Trudeau a reconnu que la pyrrhotite est un drame humain et économique. «Mes concitoyens attendent désespérément cette aide et dans l'attente, plusieurs doivent redonner les clefs de leur maison à leur institution financière», a-t-il déploré.

En plus de rappeler que M. Trudeau a effectivement reconnu le drame lors de son passage en Mauricie, durant la dernière campagne, le député libéral de Saint-Maurice-Champlain et Secrétaire parlementaire du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a répondu: «Depuis le 19 octobre (2015), à chaque jour, je m'affaire à faire avancer ce dossier-là pour les gens de notre communauté. C'est un priorité.»

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