Eaux usées autour du lac à la Tortue: un registre consultatif... déterminant

Le registre organisé par Shawinigan et Hérouxville, les... (Sylvain Mayer)

Agrandir

Le registre organisé par Shawinigan et Hérouxville, les 3 et 4 avril, s'annonce plutôt déterminant pour l'avenir du projet d'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue.

Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Même s'il est défini comme «consultatif», le registre organisé par Shawinigan et Hérouxville, les 3 et 4 avril, s'annonce plutôt déterminant pour l'avenir du projet d'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue. En tout cas, le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne voit pas comment Québec et Ottawa pourraient maintenir leur aide financière sans être convaincus qu'une majorité de citoyens appuie cet investissement de 40,2 millions $.

«C'est très clair», avance-t-il. «S'il y a plus de 50 % qui est défavorable, on va donner le résultat au ministre et ça va être terminé. La population locale n'a jamais été favorable à ce qu'on fasse le projet depuis 40 ans. Nous avons mis de la pression au gouvernement pour avoir l'aide financière et nous l'avons obtenue. Mais avant d'entreprendre la démarche, il nous a demandé d'aller voir le monde pour savoir si les gens sont d'accord ou pas.»

Officiellement, la règle de la majorité simple s'applique, de sorte que sur 1008 unités, il faudrait 505 signatures à Shawinigan pour faire déraper le projet. Le maire ne cache pas qu'il souhaite que les riverains enverront un message très fort en faveur de cet investissement.

Si ce registre est qualifié de consultatif, c'est qu'il n'entraînera aucune conséquence légale. Mais on ne peut évidemment en dire autant sur le plan politique. D'ailleurs, le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire a été invité à dire si la subvention prévue disparaîtrait si les citoyens visés rejetaient le projet les 3 et 4 avril.

Il a d'abord simplement répondu qu'il s'agissait d'une hypothèse et malgré plusieurs relances, il n'a jamais voulu donner une réponse claire.

Si les résidents habiles à voter donnent leur aval, le processus d'adoption du règlement d'emprunt s'enclenchera au début 2017, selon le scénario présenté par la Ville le 7 mars à Espace Shawinigan. Comme d'habitude, les citoyens qui s'opposeront à cette résolution pourront formuler une demande d'approbation référendaire.

À ce moment, il faudrait beaucoup moins de signatures pour forcer le conseil municipal à abandonner le projet présenté... ou à organiser un référendum.

La liste n'est pas encore constituée, mais tout indique qu'il faudrait alors atteindre entre 100 et 150 opposants pour forcer la main des élus.

Si une majorité de citoyens se prononcent contre la réalisation des égouts dans leur secteur les 3 et 4 avril, il fort probable qu'ils garderaient la même opinion lorsque viendrait le temps de se prononcer sur le règlement d'emprunt. Voilà pourquoi un refus, dans deux semaines, mettrait fin au processus.

Par contre, une minorité d'opposants pourrait suffire à enrayer le processus d'adoption du règlement d'emprunt et forcer l'organisation d'un référendum, étant donné que le conseil municipal adopterait sans doute cette voie.

«Concrètement, si 125 personnes s'opposent lors du registre consultatif, le ministre entendra un message très clair que la population veut le projet», explique le maire. «Nous adopterons ensuite le règlement d'emprunt, mais si une centaine de personnes signent le registre à ce moment, on sera obligé à aller en référendum et ça nous coûterait 50 000 $ ou 60 000 $.»

En ce sens, M. Angers souhaite vivement que les personnes qui s'opposeront au projet, les 3 et 4 avril, se rallieront par la suite s'ils n'atteignent pas la majorité. En forçant l'organisation d'un référendum, ils se retrouveraient, de toute façon, avec sensiblement le même résultat que lors du registre consultatif, fait-il remarquer. Avec ce raisonnement, à quoi bon dépenser des dizaines de milliers de dollars, questionne le maire?

«À partir du moment où on aura l'aval de la population lors du registre consultatif, à mon avis, ça devrait régler le cas du règlement d'emprunt», espère M. Angers. «Il faut être conséquent. Les gens devraient se rallier à la décision de la majorité. Compte tenu de l'enjeu et que ça fait 40 ans qu'on en discute, le vote du registre consultatif sera aussi indicatif que n'importe quel référendum, à un ou deux pour cent près.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer