Décès de Maxime Fournier: la coroner s'interroge sur l'intervention médicale

Lors de la Course du bonheur, Maxime Fournier... (Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Lors de la Course du bonheur, Maxime Fournier était sur la ligne de départ, deuxième à partir de la droite.

Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) La vie du pompier Maxime Fournier, décédé lors du Demi-marathon des pompiers de Shawinigan le 7 juin dernier, aurait-elle pu être sauvée? C'est la question que soulève la coroner Lyne Chouinard, dans son rapport rendu public mercredi et qui questionne les décisions prises par le médecin qui est intervenu sur le parcours lors de l'incident.

Dans son analyse, la coroner mentionne que les manoeuvres de réanimation sur le jeune homme de 21 ans auraient été interrompues prématurément, après la directive du médecin.

Lorsque les paramédics ont amorcé les manoeuvres de réanimation sur Maxime Fournier, à 11h21, soit trois minutes après l'arrivée des pompiers et cinq minutes après l'appel au 911, ils ont appliqué le protocole en vigueur lorsque la réanimation d'un patient est déjà débutée par d'autres intervenants.

Le protocole recommande cinq cycles de réanimation cardio-respiratoire et cinq analyses du défibrillateur externe automatisé (DEA), avant de transporter une victime dans un véhicule ambulancier, rappelle la coroner.

Or, au moment où le médecin a ordonné le transport de Maxime Fournier, seulement trois analyses du DEA sur cinq avaient été complétées. Ces analyses déconseillaient un choc car l'asystolie était persistante, ce qui est un mauvais pronostic.

Les premiers répondants sur place auraient insisté auprès du médecin pour suivre le protocole, mais auraient finalement obtempéré aux demandes du médecin après quelques minutes d'échanges.

À 11h34, dans l'ambulance, la superviseure des paramédics a proposé l'installation d'un soluté à la victime, mais le médecin a demandé à ce qu'on cesse les manoeuvres. Il a ensuite constaté son décès dans l'ambulance, à 11h35, toujours selon le rapport de la coroner.

«Les médecins n'ont pas d'obligation de résultat, mais ils ont une obligation de moyen. Qu'est-ce qui a motivé la décision du médecin de cesser prématurément les manoeuvres de réanimation qui étaient en cours? A-t-on utilisé tous les moyens disponibles sur place pour la réanimation cardiaque de Maxime Fournier», questionne la coroner.

«Bien que la condition médicale de M. Fournier fut de mauvais pronostic, l'accès à des soins avancés en réanimation cardiaque aurait pu contribuer à augmenter un peu ses chances de survie. (...) Comme le médecin attitré à ce demi-marathon pratiquait dans une urgence, il est permis de penser que des soins de niveaux supérieurs auraient pu être offerts sur place», indique la coroner dans son rapport.

Lyne Chouinard indique par ailleurs que l'organisation du Demi-marathon des pompiers respectait les critères de sécurité au niveau de son plan de mesures d'urgence.

Elle salue aussi la rapidité d'intervention des premiers répondants et la présence d'un DEA qui fut apporté sur les lieux deux minutes après que la centrale 911 en a fait la demande. L'organisation a préféré ne pas réagir mercredi, préférant procéder à la lecture du rapport de la coroner avant de se prononcer.

Lyne Chouinard émet deux recommandations. Elle recommande au Collège des médecins d'examiner la qualité de l'acte professionnel et des soins prodigués à M. Fournier lors de la réanimation cardio-respiratoire.

Elle demande aussi au ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur de développer un guide spécifique pour les urgences médicales lors d'activités de course sur route et en assurer la diffusion auprès des organisateurs de ce type d'activité afin qu'il soit appliqué en conformité avec sa mission d'assurer la sécurité et l'intégrité des personnes lors de la pratique d'activités récréatives et sportives.

Le Collège des médecins a confirmé au Nouvelliste avoir été saisi du dossier dès la publication du rapport. Or, le collège ne peut confirmer ou infirmer si une enquête sera menée, étant donné qu'il s'agit d'un processus confidentiel.

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