Scènes de crime pour adultes curieux

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Comment faire un lien certain entre le moulage d'une trace de pas et une semelle de soulier?

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les techniques scientifiques employées pour élucider les crimes ont toujours fasciné le public. Qu'il s'agisse des méthodes peu orthodoxes du bon vieux personnage de fiction policière Sherlock Holmes ou des techniques de pointe employées dans les nombreuses séries policières télévisées, comme CSI Miami, on veut savoir comment les traces laissées par les criminels sont décodées.

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Jérôme Dumas et Catherine Amireault, finissants en criminalistique, animent les ateliers.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

L'idée de créer un camp de vacances scientifiques de 5 jours en criminalistique pour les jeunes de 11 à 15 ans s'est imposée au Conseil du loisir scientifique Mauricie et Centre-du-Québec et s'est concrétisé finalement en 2015 grâce à la collaboration de l'UQTR où le profil criminalistique est enseigné.

Animé par des finissants en criminalistique et encadré par leurs professeurs, le camp d'été a connu tellement de succès, l'an dernier, que les adultes qui en ont entendu parler ont demandé à en avoir un pour eux.

L'UQTR a répondu positivement à cet intérêt. Au cours des derniers jours, une douzaine d'adultes ont eu droit à deux rencontres de 2 h 30 chacune au cours desquelles ils ont pu apprendre comment utiliser le moulage d'une trace de pas pour retrouver la chaussure correspondante et analyser différents types d'encres.

Ils ont appris à se servir de l'ESDA (electrostatic detection apparatus) ou détection électrostatique, une technique qui fait ressortir des traces de foulage sur du papier et révèle ce qui a été écrit sur les feuilles précédentes. Ils ont aussi pu étudier l'ADN du kiwi et faire apparaître des traces invisibles laissées par des doigts.

«Les activités que les gens font ici ne sont pas théoriques. Ce n'est pas comme un cours. Ils viennent pour manipuler des choses et essayer les techniques qu'ils ont vues dans les émissions CSI», raconte Catherine Amireault qui, avec son collègue Jérôme Dumas, finissant comme elle en criminalistique, anime ces rencontres palpitantes.

En utilisant la microscopie, les participants ont découvert les différentes caractéristiques de diverses encres comme celles du stylo-bille ou du marqueur. À l'aide de techniques optiques, le groupe a ensuite appris à discerner des chèques falsifiés.

«On a fait des chèques avec différents crayons qui écrivent en bleu. À l'oeil nu, on dirait qu'il s'agit de la même encre, mais on leur montre une technique pour savoir si quelqu'un a rajouté un chiffre en avant du montant, par exemple», raconte l'étudiante animatrice.

Parmi les adultes qui ont pris part au camp de criminalistique de l'UQTR, il y avait Isabelle et Robert Amireault, respectivement la tante et le père de Catherine, qui ont fait le trajet de Montréal pour vivre cette expérience. «Je voulais voir si ma fille suivait vraiment des cours», raconte à la blague M. Amireault.

Nathalie Beaulieu-Ferland de Victoriaville, une amie de la famille, est venue aussi par curiosité puisqu'elle possède une technique en chimie et en biologie.

Ici, au camp scientifique CSI-UQTR pour adultes, Mme Beaulieu-Ferland confie qu'elle se sent «comme une petite fille dans un magasin de bonbons. Quand je suis partie d'ici, la semaine passée, je capotais vraiment. La police scientifique m'a toujours intéressée. Quand on voit les émissions à la télé, c'est très attrayant. J'en ai écouté quelques-unes. J'aime les intrigues», dit-elle.

Ici, au labo de criminalistique, «on met la main sur une feuille de papier blanche et juste avec de la poudre magnétique, tu réussis à révéler ton empreinte. Tout ce que tu fais laisse des traces» s'émerveille-t-elle.

Le fils de Sophie Cormier, aussi de Victoriaville, a fait le camp d'été CSI pour les jeunes, l'été dernier. «J'enseigne les sciences au secondaire», dit-elle pour expliquer son intérêt. Mme Cormier est restée vraiment étonnée de «voir toutes les traces qu'on peut laisser même si l'on fait attention.»

Le professeur Frank Crispino, directeur du laboratoire de recherche en criminalistique et son collègue, le professeur Hugo Germain, supervisent les camps CSI.

On peut comprendre que l'UQTR invite les enfants qui risquent de devenir éventuellement des étudiants en criminalistique, mais en invitant des adultes à faire ce camp, «on a une caisse de résonance supplémentaire. On peut s'ouvrir sur la société civile et désacraliser un petit peu ce qu'on est en train de faire», explique le professeur Crispino. En faisant ce genre d'activités, on peut intéresser des gens d'autres régions à s'inscrire à l'UQTR et faire du réseautage aussi, fait-il valoir, bref, se faire connaître de manière constructive.

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