Semaine de la francophonie: quand immigration rime avec francisation

L'activité d'intégration des immigrants organisée au Musée québécois... (Olivier Croteau)

Agrandir

L'activité d'intégration des immigrants organisée au Musée québécois de culture populaire était principalement conçue pour les enfants avec des activités de bricolage, mais servait surtout de prétexte aux nouveaux arrivants pour faire connaissance entre eux, se retrouver et côtoyer des immigrants bien intégrés. Karim, 5 ans, et Yasmine, 10 ans, avaient bien hâte de commencer leur bricolage en compagnie de leur père Boumediene Zouaoui.

Olivier Croteau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La clé pour s'intégrer au Québec: la francisation. C'est avec ces mots qu'Ivan Suaza, directeur-général du Service d'accueil des nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières a accueilli des familles immigrantes au Musée québécois de culture populaire samedi après-midi. Le prétexte de la Semaine de la francophonie semblait idéal pour sensibiliser les nouveaux arrivants à l'importance de se plonger dans la langue d'accueil le plus vite possible.

L'activité était principalement conçue pour les enfants avec des activités de bricolage, mais servait surtout de prétexte aux nouveaux arrivants pour faire connaissance entre eux, se retrouver et côtoyer des gens qui ont immigré et dont leur intégration peut être considérée comme une réussite.

Des familles colombiennes, algériennes et rwandaises avaient entre autres été conviées. Boumediene Zouaoui fait partie de ce lot. Immigrant économique d'Algérie, son arrivée à Trois-Rivières il y a dix ans ne s'est pas faite sans heurts, mais il a pu compter sur l'appui du SANA. Il continue de participer aux activités de l'organisme en travaillant étroitement avec les familles syriennes fraîchement arrivées à Trois-Rivières.

D'ailleurs, le fait qu'aucune famille syrienne n'était présente s'explique par la rapidité de l'activité par rapport à leur arrivée. Certains d'entre eux viennent tout juste de mettre les pieds à Trois-Rivières et leur connaissance de la langue française semblait trop restreinte pour participer à l'activité.

Tout de même, leur processus de francisation semble aller bon train. Une nouvelle classe de francisation se mettra en branle le 4 avril prochain et ils y sont tous convoqués. Un délai était nécessaire avant de commencer les classes de francisation puisqu'il devait y avoir un nombre suffisant de participants pour ouvrir une nouvelle session de cours. Les Syriens seraient impatients de commencer leur classe.

Boumediene Zouaoui est bien placé pour le savoir puisqu'il côtoie les familles syriennes presque au quotidien par l'entremise du SANA.

«Ils sont vraiment très impatients», confirme-t-il. «Vendredi, on a annoncé la nouvelle classe de francisation. Ils étaient tous contents». Les cris de joie ont fusé à la suite de cette nouvelle et certains soupirs de soulagement ont été entendus. «Ce sont des gens très reconnaissants. Ils savent que le pire est derrière eux. Et ce sont des gens instruits. C'est pour ça qu'ils ont hâte d'apprendre la langue», souligne M. Zouaoui. «J'espère juste que la motivation est là pour rester», confie-t-il.

Boumediene Zouaoui était présent à l'activité avec ses deux enfants comme éclaireur.

«J'essaie de voir ce qui se passe ici pour préparer les arrivants syriens à l'année prochaine pour les motiver plus. Le but, c'est de les amener à parler français et à participer à toutes les activités pour leur expliquer comment ça bouge chez nous», explique-t-il. «Pour le moment, ils ne sont pas prêts côté français. C'est pour ça qu'on projette qu'ils participent aux activités l'année prochaine.

Seront-ils prêts dès l'an prochain? M. Zouaoui est optimiste, mais rappelle que cela ne se fera pas sans efforts.

«Ça dépend de l'effort de chacun. Si on s'y met vraiment, une année, c'est une bonne période pour apprendre.» Il rappelle que dès leur arrivée, les enfants des nouveaux arrivants sont inscrits à des écoles qui ont des programmes de francisation. «S'ils veulent apprendre [le français], on leur donne tout sur un plateau d'or!», s'exclame-t-il.

Quant à Ivan Suaza du SANA, quand certains immigrants lui disent que l'apprentissage du français est difficile, il est catégorique.

«Vous êtes arrivés ici, vous avez ouvert la porte, mais vous n'êtes pas encore entrés. Si vous ne parlez pas français, vous allez rester devant la porte. La clé pour rentrer, c'est la francisation». Il ajoute: «On est des survivants de guerre! Est-ce qu'apprendre une langue c'est plus dur que de voir ses amis tomber? On est capable. On est des survivants. On s'amuse avec le français», proclame-t-il.

Cette Semaine de la francophonie rappelle à M. Suaza un des plus grands gestes de générosité qu'il a reçu en immigrant au Québec.

«Ma première professeur de français m'a donné en cadeau plus d'une centaine de livres en français! C'était le meilleur cadeau que je pouvais recevoir. J'étais comme un enfant dans un magasin de bonbons», se remémore-t-il. Il est littéralement tombé en amour avec la culture et la langue.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer