Un Trifluvien décoré de la Légion d'honneur

Yvon Bourassa, 94 ans, a reçu la médaille... (Olivier Croteau)

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Yvon Bourassa, 94 ans, a reçu la médaille de l'Ordre national de la Légion d'honneur de la République française des mains du délégué général de la France au Canada, Jean-Robert Zonda.

Olivier Croteau

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Peu de jours resteront autant gravés dans la mémoire du Trifluvien Yvon Bourassa que le 6 juin 1944, jour du débarquement de Normandie auquel il a pris part. Il pourra maintenant ajouter la journée du 12 mars 2016, celle où il a été nommé au grade de Chevalier dans l'Ordre national de la Légion d'honneur de la République française.

M. Bourassa a reçu cette plus haute distinction décernée par la République française des mains du délégué général de la France au Canada, Jean-Robert Zonda. Cette médaille souligne sa participation à la libération de la France durant la Deuxième Guerre mondiale.

Entouré de sa famille, de nombreux amis ainsi que des membres du 22e Régiment réunis à la Base navale Le Radisson, M. Bourassa était ému de toute cette reconnaissance. Il n'oublie pas pour autant tous ceux qui étaient à ses côtés pour combattre et aider la population française. Cette distinction, il l'acceptait d'ailleurs au nom de ses coéquipiers.

«Je pense que ces honneurs-là sont mérités par moi et par beaucoup d'autres. Tout ceux qui sont passés par là le mérite», insiste-t-il.

De voir sa famille réunie en son honneur l'a beaucoup ému. «C'est sûr que c'est touchant. C'est quelque chose de grandiose pour moi personnellement et pour ma famille aussi. On les aime tant ces enfants-là», souffle M. Bourassa, non sans retenir une larme qui menaçait de s'échapper. Il a également reçu des mains du représentant du maire de Trois-Rivières, le conseiller municipal, Daniel Cournoyer, une épinglette en or de la Ville de Trois-Rivières. Cette pièce est disponible en quantité limitée et est offerte à des citoyens d'exception.

Plus de 70 ans ont passé depuis le débarquement de Normandie, mais le matin du 6 juin 1944 reste gravé dans la mémoire d'Yvon Bourassa.

«C'était difficile. Ça faisait déjà six ou sept jours qu'on était en mer et qu'on attendait dans une barque le moment de débarquer. Quand c'est le moment, ils te jettent à l'eau. Moi, je conduisais le tank». Il entend encore clairement les commandes de son supérieur au moment fatidique de la jetée à l'eau. «Le commandant me criait ''Va tout droit, va tout droit!''», raconte-t-il. C'est des souvenirs, de grands souvenirs». Malgré tout, il assure que «les meilleures années de ma vie se sont passées dans l'armée». M. Bourassa s'est enrôlé comme volontaire en août 1942 à l'âge de 21 ans. Il était membre de la 4e brigade blindée des Canadian Grenadier Guards (CGG) du 22e Régiment.

Malgré ses 94 ans «et trois mois», M. Bourassa est droit comme un chêne et fait preuve d'une lucidité étonnante. Alors, quel est le fameux secret pour se rendre à un âge aussi vénérable?

«Je n'ai pas de recette. Mais j'ai travaillé fort toute ma vie, j'ai élevé une famille de six enfants. Il faut croire que mes parents avaient des bons gènes. Je pense que je suis choyé d'être aussi en forme à mon âge».

Plus tôt cette année, les vétérans Georges Villemure et Albert Pellerin de Shawinigan ont eux aussi reçu cette reconnaissance honorifique des mains du Consul général de France au Québec, Nicolas Chibaef.

En 2014, Guy Gagné, Jacques Raymond et Paul Lebel, trois vétérans de la Deuxième Guerre mondiale, avaient aussi reçu cette décoration pour souligner leur engagement dans la libération de la France amorcée par le débarquement de Normandie.

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