En attendant le retour de Jean-Martin Aussant

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Jean-Martin Aussant

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À peine inauguré, le Cabaret aménagé à même la scène de l'Amphithéâtre Cogeco était rempli. Pourtant, on n'était ni le soir, ni dans un contexte de spectacle. Au micro, on retrouvait plutôt un «ancien» politicien qui a su attirer vendredi matin plus de 200 personnes à cette activité mensuelle des Creative Mornings signée Denis Roy.

Et le thème du changement ne pouvait pas mieux coller à la peau de l'organisateur et de son conférencier, Jean-Martin Aussant.

Mais c'est dans les coulisses du Cabaret que le nouveau directeur général du Chantier de l'économie sociale a évoqué un éventuel retour en politique.

«Ça m'intéresse encore beaucoup. Ce sera un de ces quatre, mais ce ne sera pas avant d'être sûr que les enfants comprennent que je ne suis jamais là», a confié au Nouvelliste le père de jumeaux de 5 ans.

Dans ce contexte, de son propre aveu, ses partisans ne doivent pas s'attendre à le revoir lors du prochain scrutin général. Et quand le moment viendra, les électeurs de Nicolet-Bécancour devront faire leur deuil de sa candidature dans le comté. «Il faut vivre là où on est député», confie celui qui demeure à Montréal.

L'ancien chef d'Option nationale souhaite voir un changement d'attitude et de perception en politique dont les termes sont plutôt de nature militaire, comme l'usage de l'expression «machine de guerre».

«Et les médias doivent changer la couverture de la politique alors qu'un petit désaccord fait la nouvelle. Pourtant, il y a des bonnes nouvelles qui proviennent de l'Assemblée nationale quand on étudie un projet de loi», a laissé entendre celui qui déplore ces «insultes les plus désagréables à entendre» entre le ministre libéral Gaétan Barrette et la députée péquiste Diane Lamarre.

Décriant la présence de la monarchie qui coûte des millions de dollars, le conférencier du jour a plaidé pour un changement du mode de représentation dans la politique québécoise. «Il n'y a aucun endroit dans le monde qui n'ait pas une composante de proportionnalité. On n'est pas plus tata que les autres. C'est un non sens total que Mario Dumont était le seul élu de l'ADQ avec 20 % des voix. Et nous aussi, on en a souffert», a-t-il fait remarquer par rapport aux résultats de son parti en 2012.

Selon lui, le Québec doit aussi changer sa façon de percevoir l'éducation. Et il a réitéré ses convictions pour la gratuité, «à partir des CPE jusqu'au doctorat». «C'est extrêmement payant», affirme l'économiste.

En matière d'environnement, ce partisan de la fermeture de Gentilly-2 a rappelé qu'il y avait autre chose que les énergies fossiles, recommandant des crédits d'impôt dans les énergies vertes. Et au plan économique, l'échec du néolibéralisme l'amène à dire «qu'on est près d'un point tournant». «Il faut une révolution», affirme-t-il.

À son avis, la mesure de la richesse et du bonheur, fondée actuellement sur le PIB, devrait être modifiée car, dit-il, dans les faits, plus de 90 % des Québécois vivent mieux que 90 % des Américains. Et à la lumière de l'Indice du mieux vivre de l'OCDE, le Québec est positionné avantageusement dans le monde, parmi certains pays scandinaves.

«Il faut arrêter certains messages téléguidés, comme ce compteur live de la dette du Québec. Il devrait y avoir un compteur de l'évasion fiscale», suggère-t-il.

Le conférencier du jour trouve «assez triste» le fait que sur la planète en 2015, «1 % ait officiellement possédé plus que les 99 %». «La croissance pour la croissance, c'est la surproduction, la surconsommation et le surendettement, et ça mène à une certaine désolidarisation», a-t-il constaté.

Si ce dernier reconnaît le rôle de l'État et du privé dans l'économie du Québec, M. Aussant identifie un troisième pilier: l'entrepreneuriat collectif. «On est un leader mondial dans le domaine», s'est-il plu à souligner.

Pourquoi ce retour au bercail après son exil en Angleterre? «Je n'ai pas fait ça pour l'argent, ni par nécessité. J'ai voulu me rapprocher de ceux que j'aime et pour une contribution personnelle plus grande», a-t-il expliqué, tout en partageant à son auditoire qu'il avait expérimenté la chose suivante «assez directement» lors de son passage en politique: «c'est dur de vendre le changement quand ça va bien».

Si son passage aux Creative Mornings représentait sa première sortie officielle en région depuis sa défaite électorale, Jean-Martin Aussant reviendra sous peu pour y lancer sa tournée provinciale sur le Chantier d'économie sociale, le 30 mars, devant la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.

Un record pour les Creative Mornings

Vendredi, il s'agissait de la dixième activité des Creative Mornings à Trois-Rivières et la visite de Jean-Martin Aussant aura attiré une assistance record depuis le lancement trifluvien du concept l'été dernier par Denis Roy.

Une fois par mois, une courte conférence est donnée sur un même thème partout dans le monde. Au total, on dénombre 137 villes créatives qui rejoignent 140 000 personnes. Après le changement, le prochain thème abordé sera celui du risque, le 8 avril prochain.

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