Une soixantaine de personnes intoxiquées à la suite d'un souper-bénéfice

Le groupe vocal Brise du Nord a dû... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Le groupe vocal Brise du Nord a dû annuler une pratique en raison du nombre de chanteurs qui étaient malades, tout comme une bonne partie des gens qui ont participé au souper-spaghetti. Cette activité sert à renflouer les coffres de la troupe.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) Pour financer ses activités, le groupe vocal Brise du Nord de La Tuque a l'habitude de faire un souper-spaghetti.

Son édition 2016 a toutefois pris des allures de film d'horreur à la fin du mois de février quand plus de la moitié des invités ont indiqué avoir été malades, très malades même dans certains cas.

«On trouve ça super malheureux. Je capotais. Les gens ont commencé à m'écrire. Les commentaires ont commencé sur Facebook... J'ai été malade, mon chum aussi. Les chiffres n'arrêtaient pas de monter 20, 40, 60 personnes. C'est ce que l'on sait, peut-être qu'il y en a plus. On ne sait pas ce qui s'est passé», souligne la chef de choeur Karine Hémond, visiblement troublée par la tournure des événements.

Certains citoyens ont même dû se rendre aux urgences de l'hôpital de La Tuque, selon ce qu'a appris Le Nouvelliste. Les organisateurs de la soirée s'expliquent bien mal ce qui a pu se passer. Évidemment, on s'est empressé de contacter le restaurant qui s'est chargé du souper.

«On a appelé notre traiteur, mais on relance la faute sur notre équipe qui a fait le service. Est-ce que c'était dans la nourriture, est-ce que c'est un virus? Comment voulez-vous qu'on le sache?», se questionne Mme Hémond.

Le Nouvelliste a contacté un enseignant de l'École d'alimentation et d'hôtellerie de Trois-Rivières. Évidemment, il est difficile d'identifier le problème, toutefois tout laisse croire que la sauce pourrait avoir causé tout ce dégât.

«La sauce à spaghetti, c'est une bombe à retardement», s'exclame l'enseignant Jacques Lefrançois.

En plus de toute la qualité et de la cuisson de la viande qui sont primordiales, il y a tout l'aspect de conservation également.

«Ce sont des grosses quantités. Si on envoie ça dans le réfrigérateur et qu'il n'est pas assez bon et qu'il ne conserve pas la sauce à une bonne température, on vient d'augmenter le risque encore une fois de contaminer la sauce», explique-t-il.

Cependant, il faut rester vigilant car les risques sont aussi présents lorsqu'on la fait réchauffer.

Les symptômes, qui ont pris de 24 à 48 heures avant de se manifester, font croire à l'enseignant que c'est l'aliment, bien plus que le service qui est à la base de cette épidémie.

«Si les gens ont été malades un ou deux jours après, c'est l'aliment. J'imagine que c'est la sauce, mais ce n'est pas nécessairement la personne qui l'a faite qui est responsable», réitère l'enseignant.

Ce dernier conseille d'ailleurs à ceux qui organisent ce genre de souper d'être très prudents. Il faut être informé sur l'entreposage et savoir comment réchauffer le produit.

«Quand on le fait pour nous à la maison, c'est une chose, quand c'est une grosse quantité comme ça, il faut faire doublement attention», note Jacques Lefrançois.

Les dirigeants de la Chorale ont aussi subi les effets indésirables de l'assiette maudite. La pratique de la troupe a dû être annulée dans la semaine qui a suivi le souper.

«On a commencé à être malade le lundi alors on n'a pas eu le choix», commente Karine Hémond.

Maintenant, le groupe vocal Brise du Nord devra peut-être revoir sa soirée de financement. Certains participants redoutent désormais les soupers-spaghetti.

«C'est un bon moyen de financement pour nous. On ne veut pas avoir une mauvaise publicité si on en refait un. On a d'autres moyens de financement, mais ça allait bien le souper-spaghetti [...] On va peut-être devoir faire un souper hot-dog ou sauter une année pour laisser tomber la poussière. Il y a une réunion du conseil d'administration lundi prochain, on va faire le point», lance Karine Hémond.

Au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), aucune plainte n'a été enregistrée dans cette histoire plutôt nébuleuse.

Toutefois, on incite les citoyens à signaler toute situation inhabituelle, que ce soit une intoxication alimentaire, des corps étrangers, des problèmes d'emballage ou d'étiquetage au 1 800 463-5023.

À l'hôpital de La Tuque, il n'y a pas eu de hausse marquée des admissions aux alentours de cette période.

«Il n'y a pas eu d'augmentation significative autant pour les visites totales que pour les cas d'intoxication ou de gastro», a affirmé Anne-Sophie Brunelle, conseillère en communication au CIUSS Mauricie-Centre-du-Québec.

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