Le patrimoine religieux en danger

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L'église de Saint-Justin risque de fermer d'ici les prochains mois.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Justin) Confrontés à des situations financières difficiles, le conseil de fabrique de Saint-Justin devra vraisemblablement procéder à la fermeture de l'église pendant que les marguilliers de Maskinongé viennent de mettre en vente le presbytère de l'endroit.

Ce n'est pas d'hier que la fermeture de l'église de Saint-Justin est évoquée. Le Nouvelliste rapportait en juin 2008 que le conseil de fabrique envisageait ce scénario. Les revenus en baisse ne parvenaient plus à couvrir les dépenses d'entretien de la bâtisse qui a besoin d'une nouvelle toiture.

Presque huit ans plus tard, le portrait n'a pas changé. Mercredi soir, les marguilliers se réuniront afin de déterminer une date de réunion à laquelle les paroissiens seront conviés pour leur présenter la situation financière de la desserte et les options possibles.

«Depuis le 1er janvier 2016, on a accumulé un déficit de 7900 $. On a aussi un déficit pour 2015. On est rendu au bout du rouleau. Le dossier de Saint-Justin presse», raconte le curé Jean-Pierre Guillemette, responsable de la paroisse de Saint-Justin.

Selon le curé Guillemette, le bas de laine de la desserte est presque vide malgré la contribution d'un comité local qui a organisé plusieurs activités de financement au cours des derniers mois. Il faudrait avoir au moins 150 000 $ pour réparer une toiture qui fuit à de nombreux endroits. C'est sans compter l'argent nécessaire à l'entretien courant de la bâtisse et le paiement des assurances.

«Il y a eu des activités, mais l'argent amassé n'a pas réussi à constituer un fonds de roulement. On va demander aux gens ce qu'ils veulent faire. Il n'y a pas beaucoup de solutions.

Si les gens décident de fermer, c'est possible de le faire en 2016. L'autre scénario est que quelqu'un gagne à la loterie ou que des gens fortunés nous donnent un bon montant, soit 200 000 $.»

Selon le curé, ce dossier devra être réglé cette année. Si la décision des paroissiens est la fermeture de l'église, le conseil de fabrique recevra les conseils du diocèse afin de conclure cette opération.

Le presbytère de Maskinongé est à vendre depuis... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 2.0

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Le presbytère de Maskinongé est à vendre depuis quelques jours.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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L'abbé Jean-Pierre Guillemette.

Archives, Stéphane Lessard

Presbytère à vendre

Du côté de Maskinongé, l'avenir du presbytère est réglé. Il est mis en vente malgré les efforts du comité de sauvegarde du patrimoine d'organiser des activités de financement depuis un an et une volonté de transformer les lieux en maison communautaire.

Le comité de sauvegarde avait la volonté de conserver une vocation communautaire à cette bâtisse en y offrant différents services comme une cuisine collective, de l'aide aux devoirs, un café-rencontre, etc.

Le projet a été soumis aux marguilliers en décembre et une rencontre entre les deux parties a eu lieu le 8 février. La rencontre ne s'est pas passée comme espéré, constate Josée Bourassa.

«Le conseil de fabrique a présenté deux propositions. La première est une location de cinq ans à 1500 $ par mois plus tous les frais afférents: les taxes, l'électricité, le déneigement, etc. Ça représente des coûts de 15 000 $ en plus des frais de location.

La deuxième option était l'achat du presbytère au coût de 168 000 $ plus l'achat d'un terrain, minimalement de 100 pieds sur 100 pieds, au coût de 1,75 $ le pied carré. Ça fait un gros montant et c'était une offre finale. C'était à prendre ou à laisser. On a refusé les deux offres.

Le comité n'a pas les moyens d'acheter une bâtisse à 168 000 $, ni d'avoir une location à ce montant. Et les marguilliers savent que le comité ne peut supporter ça», explique Mme Bourassa, membre du comité de sauvegarde.

Ce comité aurait souhaité avoir une année de grâce supplémentaire afin de monter le financement du projet de maison communautaire.

«Le but à la base est de préserver le presbytère. Avec les 16 000 $ (que le comité a amassés en financement et remis à la fabrique), on aurait pu avoir une mise de fonds pour l'achat et attacher du financement. On est très déçu.

Les gens commençaient à se mobiliser autour du projet, il y avait des gens prêts à collaborer comme bénévoles. On ne veut pas laisser tomber ce mouvement citoyen», ajoute Mme Bourassa, en précisant que le comité va poursuivre ses activités et aidera au financement d'organismes locaux.

Le curé Guillemette rappelle que les marguilliers de Maskinongé ont pris la décision de présenter ces deux offres au comité de sauvegarde en tenant compte des états financiers qui ne sont guère reluisants.

«On a fini l'année 2015 avec un déficit de près de 30 000 $. En janvier 2016, on est déjà à 5000 $ de déficit. On a besoin d'argent. Maskinongé est une des paroisses où le déficit est le plus énorme. Les marguilliers ont étudié le projet du comité de sauvegarde. En assemblée de fabrique, ils ont décidé de vendre le presbytère. J'étais à la rencontre du 8 février.

Je pense que le prix de location et le prix de vente étaient justes. Les marguilliers ont attendu après la rencontre pour voir si le comité revenait à la charge avec une autre offre et on n'a entendu parler de rien», raconte le curé de Maskinongé.

Ce dernier rappelle que les activités de financement créent au final peu de différence dans les finances d'une fabrique, car les gens participent à ces activités, mais contribuent moins à la dîme et aux quêtes dominicales.

De plus, ce genre d'activités est souvent marqué par un essoufflement de la part des gens qui sont fatigués d'être constamment sollicités.

«Le comité a travaillé très fort pour ramasser cet argent, mais ça n'a pas empêché le conseil de fabrique d'arriver avec un déficit.»

Selon le curé, une rencontre du conseil de fabrique doit avoir lieu la semaine prochaine afin de choisir une agence immobilière qui aura le mandat de vendre le presbytère de Maskinongé.

Jean-Pierre Guillemette ajoute que le comité de disposition des biens meubles et immeubles du diocèse de Trois-Rivières est d'accord avec le projet de vente du presbytère.

L'idée de vendre le presbytère avait été évoquée en 2014. À ce moment, deux acheteurs avaient manifesté leur intérêt. Ils se sont désistés en raison du délai d'un an accordé par le conseil de fabrique au comité de sauvegarde en 2015.

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