Cri du coeur pour la survie de Mauriciennes d'influence

La directrice de la Table de concertation du... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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La directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie Joanne Blais est entourée de Marie-Josée Tardif et de Valérie Lupien, deux femmes honorées lors de galas Mauriciennes d'influence, respectivement en 2012 et en 2014.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM) lance un cri du coeur pour assurer la survie du projet Mauriciennes d'influence, qu'elle chapeaute depuis plus de 15 ans.

Ce projet vise à favoriser l'implication citoyenne des femmes dans les instances décisionnelles, notamment par des activités de réseautage et de formation et par l'organisation d'un gala dont la tenue est compromise cette année.

La directrice de la TCMFM Joanne Blais explique la précarité de Mauriciennes d'influence par les multiples coupes dans le financement de la Table.

«Notre organisation vit principalement du financement par projets, et pratiquement tout notre financement est disparu depuis avril 2015.

On tient Mauriciennes d'influence à bout de bras. On avait aussi des partenaires régionaux impliqués, comme la Conférence régionale des élus et les Forums jeunesse, qui sont disparus», déplore-t-elle.

«Mauriciennes d'influence vise particulièrement à soutenir les femmes pour qu'elles puissent se présenter en politique et s'impliquer dans les conseils d'administration de toutes sortes, pour qu'elles puissent avoir une participation citoyenne très active dans leur communauté, qu'elles puissent prendre leur place et prendre part aux décisions qui les concerne», énumère Mme Blais, convaincue qu'il s'agit d'une responsabilité collective que de se soucier de l'implication citoyenne des femmes.

En cette Journée internationale des femmes, Mme Blais rappelle que plusieurs inégalités entre les sexes persistent encore en 2016 au Québec.

«Mis à part le fait qu'elles ne sont pas représentées de façon égalitaire et paritaire dans les instances de décision, les femmes ont encore un revenu annuel bien en deçà de celui des hommes. Dans notre région, le revenu des femmes est d'environ 65 % celui des hommes», détaille-t-elle en ajoutant dans la liste des inégalités la problématique récurrente de la violence faite aux femmes.

Pour Mme Blais, l'initiative Mauriciennes d'influence s'inscrit dans les moyens qui permettent de réduire les inégalités.

Si les femmes participent davantage aux prises de décisions, elles pourront contribuer à orienter les politiques socioéconomiques qui les concernent.

«La TC veut faire un appel aux partenaires, aux alliés et aux élus municipaux, provinciaux et fédéraux de la région. C'est un cri du coeur pour la sauvegarde du projet Mauriciennes d'influences», lance-t-elle.

Concrètement, Mauriciennes d'influence a entre autres produit et diffusé des outils (agenda-guide aux élections municipales, Trucs et conseils pour une Mauricie égalitaire, trousse de formation VITAL pour la participation citoyenne des femmes), a présenté des candidatures mauriciennes à différents concours, et géré une banque de candidates pour organismes et entreprises.

Les mesures d'austérité ont réduit le budget de la TCMFM de 310 474 $ en 2014-2015 à 115 555 $ en 2015-2016, puis à 57 855 $ en 2016-2017.

De trois travailleuses à temps plein, le nombre d'employées devrait être réduit à une à temps partiel en 2016-2017 si la situation ne s'améliore pas.

On pense aussi aux femmes qui participent aux activités de Mauriciennes d'influence, qui ne pourraient pas défrayer les coûts impliqués faute de financement public. L'accessibilité aux activités demeure un critère important pour la Table.

«Les femmes ont encore besoin d'être soutenues, ont besoin de services de proximité, d'activités comme Mauriciennes d'influence leur permettaient de vivre», soutient Joanne Blais.

Le gala

À tous les deux ans depuis 2010, cette période-ci de l'année est consacrée à l'appel de dossiers et à l'étude des candidatures pour le gala Mauriciennes d'influences.

«On a pu rendre hommage à près d'une centaine de femmes de toutes sortes de secteurs d'activités, en agriculture, en environnement, en politique, en culture, en santé et en services sociaux, en éducation...», énumère Joanne Blais.

«Cette année le gala n'aura pas lieu au printemps, mais on garde espoir. On espère qu'on pourra reporter ça à l'automne ou au pire dans un an», indique Mme Blais.

Lors de point de presse exposant l'état de la situation, lundi, deux lauréates d'un prix Mauricienne d'influence, Valérie Lupien (prix de la relève en 2012) et Marie-Josée Tardif (2014), ont témoigné de l'effet valorisant, stimulant et motivant d'être désignée Mauricienne d'influence, autant dans leur vie personnelle que dans leur parcours professionnel.

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