Un couple devient une famille grâce à une mère porteuse

Avec l'arrivée du petit Noam, Chantal Simard et... (Olivier Croteau)

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Avec l'arrivée du petit Noam, Chantal Simard et Louis-Charles Dubuc sont devenus une famille vendredi.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Ils l'auront espéré pendant des années, ce premier enfant, et enfin, Chantal Simard et Louis-Charles Dubuc sont devenus une famille vendredi. Jamais le petit Noam ne serait né sans la générosité d'une dame rencontrée par Internet et qui a accepté de leur prêter son ventre pendant neuf mois.

Le couple avait tenté pendant cinq années de concevoir un enfant, sans jamais obtenir de succès, pas même par les techniques de procréation assistée. Une bouteille lancée à la mer, sur les réseaux sociaux, leur a permis de rencontrer «Mag», une amie d'une amie, qui était déjà mère de cinq enfants. Après plusieurs discussions, Mag, qui habite Québec, a accepté de se sacrifier pour le bonheur de Chantal et Louis-Charles.

Il faut croire que Noam était pressé de rencontrer ses parents, puisqu'il est né avec quelques jours d'avance, le 4 mars, alors qu'on l'attendait le 12. Tout s'est déroulé à merveille, comme l'avait rêvé le couple.

«Ç'a super bien été, il n'y a pas eu de complications. Tout s'est bien déroulé lors du travail, qui a duré 24 heures en tout. À l'hôpital, quand le bébé est arrivé, c'est moi qui l'ai accueilli», raconte Mme Simard, qui a coupé le cordon ombilical de Noam, comme elle avait tant espéré.

«Ce sont mes mains qui ont été les premières à lui toucher. J'ai regardé Mag et je lui ai demandé si c'était vrai. Elle m'a dit que oui avec sa tête et qu'il était à nous. C'est encore difficile d'y croire. Oui on le sait mais... c'est le rêve de notre vie. Quand on va retourner à la maison et qu'il va faire partie de notre quotidien, dans nos choses, ce sera encore plus vrai», dit la femme de 40 ans avec émotion.

Une petite inquiétude supplémentaire s'est ajoutée au tableau dans les mois précédant l'accouchement. Mag, qui n'a jamais voulu révéler son identité, et son conjoint ont dû déménager au Nouveau-Brunswick, où il a été muté, lui qui est à l'emploi des Forces armées canadiennes. Ce n'est donc pas à Québec que l'accouchement allait avoir lieu, mais plutôt à Fredericton.

«C'était un stress de plus pour savoir si nous allions arriver à temps. Dès les premiers signes, quelques jours avant, nous sommes partis. C'était mardi et l'accouchement a eu lieu vendredi. On a bien fait, puisque mercredi, il y a eu une tempête de neige et la route était fermée.»

Chantal Simard a été la première à prendre... - image 2.0

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Chantal Simard a été la première à prendre le bébé lors de l'accouchement. C'est elle qui a coupé le cordon ombilical. 

Une nouvelle vie... et une nouvelle tante

La gestation pour autrui reste un sujet controversé au Canada. La pratique n'est pas illégale, mais n'est pas encadrée par la loi. Ces femmes qui acceptent de porter le bébé d'un autre couple pendant neuf mois ne peuvent être rémunérées, bien que plusieurs le sont non officiellement. Le couple s'était d'ailleurs heurté à plusieurs échecs alors qu'il tentait de trouver une mère porteuse, certaines demandant de l'argent. C'était jusqu'à ce qu'ils rencontrent Mag.

Encore faut-il que la personne qui porte le bébé soit en mesure de le laisser partir lorsque celui-ci est né, ce qui n'est pas toujours le cas. Un contrat entre les deux parties est nul aux yeux du gouvernement du Québec, et le bébé pourrait bien ne jamais être remis au couple. Fort heureusement, tout s'est bien déroulé avec Mag.

«Elle est venue nous visiter souvent à l'hôpital. Elle dit que c'est comme si des amis venaient d'avoir un bébé. Elle ne dit pas que c'est son bébé et elle le savait dès le départ. C'est correct et tout le monde est bien», indique Mme Simard, qui est éducatrice au Centre de la petite enfance Marie-Lune, alors que son conjoint est directeur des ventes à la Financière Sun Life.

D'ailleurs, la nouvelle famille ne compte pas couper les ponts avec Mag qui, au fil des semaines, est devenue une amie.

«On souhaite qu'elle reste dans notre vie et dans celle du bébé, qu'elle devienne une sorte de matante.»

Adoption et légifération

La prochaine étape pour la mère sera de procéder à l'adoption de Noam, puisque Louis-Charles est le père génétique du petit. S'il n'y a pas d'anicroche, le tout devrait être réglé d'ici cet été.

«Mag devait signer un consentement à l'adoption. Quand nous allons recevoir le certificat de naissance, nous allons entamer les démarches et d'ici cinq mois, tout devrait être réglé. Mon nom sera sur le certificat de naissance comme maman officielle», explique celle qui aimerait bien, un jour, permettre à Noam d'avoir un petit frère ou une petite soeur.

«Si c'était à recommencer, je le referais sans hésiter. Quand je l'ai pris dans mes bras... c'est la plus belle chose qui me soit arrivée. Si on peut donner espoir à un couple avec ça. C'est sûr que ce n'est pas le choix le plus facile, mais on n'a pas choisi de faire affaire avec une porteuse, c'était la solution pour avoir une famille.»

Alors que d'autres provinces permettent des ententes entre les couples et la mère porteuse, un flou règne au Québec. Mme Simard aimerait que le gouvernement légifère la pratique, autant pour les familles que pour les porteuses.

«C'est certain qu'on aimerait que ce soit légiféré et qu'il y ait un cadre administratif. Pour trouver une porteuse, on était laissés à nous-mêmes. Nous sommes tant pris émotivement que nous aurions pu ne pas bien voir la situation et peut-être se tromper. On avait envie que ça fonctionne.»

Quant à la possibilité de payer une volontaire pour la maternité par autrui, le couple se montre plus qu'en faveur.

«Les porteuses, ce sont de bonnes personnes. Si elles pensent à le faire pour quelqu'un de leur entourage, elles vont voir à quel point ça rend heureux. Elles mettent quand même neuf mois de leur vie sur pause. Alors oui, ça mérite une compensation. Ça va de soi», conclut-elle.

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