Un destin hors du commun au Vatican

Le père Pierre Paul a été 10 ans... (Sylvain Mayer)

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Le père Pierre Paul a été 10 ans Magister de la prestigieuse Cappelle Giulia du Vatican.

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Maître pendant 10 ans de la prestigieuse Cappella Giulia, la chapelle musicale de la Basilique de Saint-Pierre du Vatican, le père Pierre Paul, né d'une famille trifluvienne bien connue de musiciens, est revenu récemment en Mauricie pour prendre des vacances, le temps de revoir les siens pendant quelques jours et d'aller à la pêche blanche, son loisir hivernal préféré, avec son neveu au lac Blanc, à Saint-Alexis-des-Monts.

Même en été, où il revient aussi chaque année passer quelques jours, c'est ce lieu qui l'attire le plus, là où seuls les huards et le clapotis de l'eau du lac viennent perturber le silence, dit-il.

Au Vatican, en Italie, où il travaille depuis 37 ans, son quotidien est loin d'être aussi calme et silencieux. À la Capella Giulia, le père Paul dirigeait encore tout récemment la musique sacrée de cinq célébrations chaque dimanche.

Tous les jours, il part en scooter de la Maison générale des Pères Oblats, où il vit en communauté depuis 1989, pour se rendre au Vatican, là où l'Église l'a recruté pour ses talents de musicien. C'est à cinq minutes. «La circulation est dense. Avec un scooter, on peut se faufiler plus facilement», dit-il en riant.

Secrétaire général des Oblats de la Vierge Marie pendant 20 ans jusqu'en 2009, postulateur général pour les candidats à la béatification, conseiller ecclésiastique de l'Ambassade du Canada près le Saint-Siège jusqu'au 31 juillet dernier et détenteur d'une licence en droit canonique, le père Pierre Paul a eu une carrière fort bien remplie, au Vatican, jusqu'à présent, une carrière qui l'a amené à rencontrer occasionnellement les papes Jean-Paul II, Benoît XVI et François 1er.

C'est d'ailleurs Jean-Paul II qui l'a ordonné prêtre. Rien de moins.

Pour un observateur de l'extérieur, tout cela est fort prestigieux, mais le Padre assure qu'on finit «par ne plus s'en rendre compte, à un moment donné. Pour moi, c'est normal», dit-il en tout humilité.

Il y a quelques mois, après une décennie à la tête de la Cappella Giulia, il a été nommé Official à la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. C'est un travail de bureau qu'il devrait occuper jusqu'à 72 ans (il en a 57), l'âge de la retraite prévue pour les prêtres au Vatican.

«Ça m'a fait quelque chose» de quitter la Cappella Giulia, confie-t-il. «C'est un gros changement. Je n'ai jamais travaillé à horaires», explique-t-il.

C'est avec fierté qu'il dresse le bilan de son long passage à cette chapelle prestigieuse qui avait été dirigée, en 500 ans, presque exclusivement par des musiciens italiens. «J'ai été le premier à y mettre des voix de femmes d'une manière officielle», raconte l'ancien Magister.

«Je suis content de ce que j'ai fait», dit-il en sortant son téléphone intelligent où il conserve des liens vers YouTube où l'on peut notamment entendre le choeur de 60 chanteurs qu'il a dirigé pour la Messe du Couronnement de Mozart. De la divinité en fréquences sonores... «Je pense faire de la beauté. J'ai été vraiment chanceux», dit-il.

Padre Paul ne quitte pas la musique pour autant. En décembre dernier, il a fondé, à l'Oratoire de Rome où il était aussi en service musical depuis une dizaine d'années, un petit groupe qui commence à faire des enregistrements de musique sacrée. «On chante à l'Oratoire de Rome pour toutes les fêtes et les solennités et au moins une messe par mois», raconte-t-il, de quoi continuer à exercer ses talents dans l'interprétation.

Le père Paul assure qu'il n'aurait jamais cru que sa formation musicale acquise à Trois-Rivières le mènerait aussi loin. Son destin est venu à lui lorsqu'il est allé terminer ses études en théologie à Rome, en 1978. De fil en aiguille, ses grandes compétences en musique ne tardent pas à le faire connaître. «J'ai dirigé un choeur de la Basilique (Saint-Pierre de Rome) en 1981», dit-il.

Padre Paul est Italien d'adoption, mais il est resté attaché à sa ville natale, Trois-Rivières, non seulement parce que ses parents et une de ses soeurs y vivent toujours, mais aussi à cause de ses racines musicales profondes. Étudiant au Conservatoire de musique de Trois-Rivières, il fut du groupe fondateur des Petits Chanteurs de Trois-Rivières en 1966. «La partie la plus importante de ma vie, comme formation, pour ce que je fais maintenant, je dois tout ça à l'abbé Claude Thompson», insiste-t-il. «Mgr Thompson est allé à Rome pour se former à l'Institut pontifical de musique sacrée. Il est venu donner ici (à Trois-Rivières), ce qu'il avait appris là-bas. J'ai reçu de lui et je suis retourné là-bas», résume-t-il. Tout un destin.

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